Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de notre combat contre la leucémie.

mardi 24 mars 2015

La loi des plaines, chapitre 1

Je vous avais parlé de ce que j'écris à coté. Comme c'est en anglais, je vais le traduire en français petit à petit. Je vous laisse découvrir, et vous trouverez plus d'information sur le blog des Citées Assiégées. Quelques notes: l'histoire se passe sur une planète colonisée par la Terre dans un lointain passée, l'humanité à été pratiquement détruite par une infection transformant les gens en "zombies" (il y a une raison et plus de détails, je sais, dit comme ça, c'est cliché), et vivent des de grandes forteresses, les citées assiégées. Seul le peuple dont il est question ici vit en dehors des villes car ils sont nomades. Une note de pronontiations, les u barrés se prononcent quelque chose comme "euh".

Les morts sont égaux. Chef Nʉmʉ anonyme

Prologue


Cette histoire est l'histoire d'une crise.

Chaque crise commence de la même façon. C'est un jour normal, de routine. Les gens normaux sont occupés à faire ce qu'ils font habituellement dans leurs vies tout à fait normales ... Et soudain, quelque chose qui sort de l'ordinaire se produit. Quelque chose qui, en un clin d'œil, change leur destin à jamais.

La triste réalité c'est que la plupart du temps, ce petit quelque chose aurait très peu d'importance si seulement il recevait l'attention qu'il méritait. Pis encore, la plupart du temps ses conséquences sont aggravées par une chaîne d'erreurs que les gens font par ignorance, ou pire, par négligence. Et sur Yaghan, une planète où les humains se terrent dans des villes fortifiées et où les monstres règnent en maître, l'Ignorance et la Négligence sont souvent les mères de la Tragédie.

Chapitre I


C'était une belle et chaude nuit du début de l'automne, quelque part dans les vastes plaines qui composent la majeure partie du plus grand continent de Yaghan. Yahneequena [Aigle Heureux] dormait profondément, enveloppé dans les lourdes fourrures d'un jeune Kʉtsʉtoya, non loin de l'un des petits foyers creusé dans le sol sec des steppes par sa tribu, les Quenashano [War Eagles]. Il ronflait béatement et rêvait des histoires étranges que leur chaman Tabbaquena [Sun Aigle] leur racontait afin d'essayer de les éduquer sur leur passé.

Il y a longtemps, plusieurs centaines de révolutions leur avait dit Tabbaquena, les derniers membres des Nʉmʉ avaient décidé d'émigrer sur Yaghan. Ils avaient espéré que cette planète vierge, la première planète habitable découverte par les habitants de la Terre, leur permette de vivre une vie plus proche de leurs coutumes ancestrales. Avec cet objectif à l'esprit, ils s'étaient installés dans les grandes plaines, un grand continent semblable à l'endroit où ils avaient historiquement vécu sur Terre. À la surprise de tout le monde, ils y avaient prospéré, grâce à la découverte providentielle des Kʉtsʉtoya, un énorme animal au moins deux fois plus grand et imposant qu'un cheval. Tabbaquena disait qu'ils ressemblaient à d'énormes bisons carnivores, mais Yahnee n'avait jamais été à Gond et il n'avait donc aucune idée de ce à quoi pouvaient ressembler ces animaux antiques. Les imposantes bêtes étaient herbivores, mais comme la plupart des créatures sur Yaghan, ils pouvaient aussi se mettre à manger de la viande lorsque la nourriture se faisait rare. Avec une peau épaisse et une fourrure qui l'était encore plus, c'était un animal dangereux à chasser, mais il fournissait aux tribus tout le nécessaire, de la nourriture aux vêtements en passant par les armes.

Lorsque la Première Guerre contre les Morlocks avait amené l'humanité au bord de l'extinction, les Nʉmʉ avaient été les seuls ayant un minimum de connaissances sur la façon de survivre en pleine nature sans l'aide constante de machines (Tabbaquena avait dit que les machines étaient des choses comme les Trains Eoliens de Gond). La guerre les avait forcé à adopter pleinement l'ancien mode de vie des tribus. En conséquence, durant les jours sombres suivant la guerre, les Nʉmʉ avaient joué un rôle crucial dans la défense des communautés naissantes de survivants. Ils avaient également été les seuls assez courageux pour continuer à vivre en plein air au lieu de se terrer dans des villes fortifiées aussi inexpugnables qu'asservissantes.

Toutes ces légendes semblaient étranges et merveilleuse pour le jeune guerrier, en particulier celles parlant de cette autre planète quelque part dans le ciel, d'où ses ancêtres étaient prétendument originaires. Il rêvait parfois qu'il chevauchait parmi les étoiles avec son cheval Wakaree [Tortue], à la découverte de terrains de chasse vierges de la présence de monstres sanguinaires.

Il était plongé dans un tel rêve lorsque sa mère mis ses mains froides sur ses joues, le réveillant soudainement. C'était une femme forte et encore jeune, mais sa peau était prématurément vieillie par les rayons brûlants des soleils jumeaux qui réchauffaient la planète. Il déposa un baiser sur les mains desséchées.

"Bonjour mère, merci de me réveiller... Comment vas-tu", murmura-t-il.

"Tsaata, tsaata [bien, bien], fils», dit-elle d'une voix douce, afin de ne pas réveiller les autres membres de la tribu. «Il est temps pour toi de prendre ton quart."

"Haa Haa [Oui]. Merci mère» murmura-t-il. "C'est une belle nuit pour chevaucher!" ajouta-t-il joyeusement.

"En effet", dit-elle. Puis: "Yahnee, Pahiitʉ-Saari [Trois Chiens] est malade. Demande à quelqu'un d'autre de venir avec toi."

Il eu l'air surpris. La jeune femme était en parfaite santé à midi, lorsqu'ils avaient pris leur repas.

"Elle a mal au ventre. Tabbaquena lui a donné des herbes, elle a vomi, avec un peu de repos, elle ira bien. Ne t’inquiètes pas, il faut juste que tu trouves quelqu'un d'autre pour t'accompagner."

"Haa, Haa. Je comprends. J'y vais. Pas de soucis, mère. Je serait prudent."

Alors qu'il s'extrayait de son sac de couchage de fortune, elle ouvrit un panier en osier tressé et pris un paquet enveloppé dans les longues feuilles rouges de la plante d'ekapita. Il savait que c'était de la nourriture pour son voyage, probablement un petit morceau de pain, des fruits et des tranches de viande de kʉtsʉtoya séché. Elle lui tendit le paquet ainsi qu'une poche à eau en cuir puis le regarda se préparer. Les Nʉmʉ estimaient qu'il était important d'être bien apprêté quand on allait à la guerre parce que si on mourrait au combat, on devait se présenter devant le Grand Esprit. La tâche des scouts était très dangereuse, par conséquent Yahneequena s'habillait toujours avec beaucoup de soin. Il enfila un pantalon en peau de daim frangé et une magnifique chemise de cuir ornée de perles d'os couleur ivoire. Ensuite, selon la coutume, il enveloppa ses deux tresses dans de douces fourrures.

"Les esprits soient avec toi, mon fils." dit-elle tout simplement quand il eut terminé. «Va trouver quelqu'un pour t'accompagner".

"Merci Mère. J'y vais." dit-il. "Peux-tu marquer une pierre pour moi?".

Elle acquiesça, puis le regarda marcher vers l'autre côté du camp, vers l'endroit où son ami Kʉtsʉteka [Mangeur de Bison] se reposait. Puis elle prit son couteau et grava un signe dans une pierre blanche qu'elle posa à côté du foyer principal. De cette façon, tout le monde pouvait savoir que les scouts avaient quitté le camp pour ce quart. Elle retourna ensuite se calfeutrer dans les fourrures de la couche de Yahneequenah, profitant ainsi de la douce chaleur laissée par son fils.

Elle ne se doutait malheureusement pas qu'il n'avait aucune intention de respecter la "Loi des Plaines".

jeudi 5 mars 2015

Making of de "La loi des plaines".

Je vous ai déjà parlé du fait que pour prendre de la distance avec le livre sur la leucémie (200 pages de texte inédit !), je me suis mis à écrire un livre de fantasy en anglais, situé dans un monde que je développe de toutes pièces, « Les citées assiégées de Yaghan ».

L’idée de base, c’est : « Qu’est-ce qui se passerait si dans le Seigneur des Anneaux, Sauron avait gagné. » Dans mon monde, les humains ont colonisé une planète, puis un jour certains ont muté en sorte de zombies, précipitant la chute de la civilisation. Oui, c’est cliché, mais il y a une bonne raison derrière cette « mutation ». Mon but étant juste de trouver une raison pour que l’humanité soit confinée dans des villes fortifiées, afin de voir ce qui en sort.

Le problème de l’histoire, c’est qu’il faut que les « zombies », que j’appelle Morlocks (la référence est intentionnelle), soient crédibles. Il faut que la menace soit vraiment sérieuse pour justifier cet enfermement. Or, l’une de mes lectrices de test (j’ai quelques lecteurs qui ont lu le roman en connaissant les secrets, et d’autres sans les connaitre, pour vérifier que tout fonctionne) m’a dit un jour : « Je ne comprends pas, tes héros, ils cassent du morlock trop facilement, je ne comprends pas pourquoi les gens en ont peur ».

Ben oui, les héros de mon roman sont des soldats d’élite et c’est pour cela qu’ils sont les seuls à sortir des villes : parce qu’ils sont surentraînés et qu'ils sont tous des Sculpteurs, ils sont capables de modifier la réalité, de faire de la magie quoi. J’aime bien les histoires avec des héros qui décoiffent, c’est plus rigolo de suivre Luke Skywalker que Jar Jar Binks. Donc mes héros, ils sont capables de tenir tête à une horde à juste cinq, parce que ce sont des Héros. Le narrateur est un escrimeur qui se bat en modifiant la réalité autour de lui pour que ses lames incroyablement acérées. Mais le péquin moyen, il se fait bouffer. Aparté: pourquoi est-ce que mon héros, s'il peut modifier la réalité, n'efface pas juste ses ennemis? Simplement parce que plus l'effet est proche de la réalité, plus il est facile à exécuter, et que donc "affûter" magiquement une épée qui coupe déjà très bien c'est plus facile que de faire disparaitre un être vivant non consentant (la magie de mon monde est limitée par la fatigue, potentiellement mortelle, qu'elle induit, d'où l'obligation d'être créatif pour économiser son énergie).

Je me suis donc dit qu’il fallait que je montre un peu la situation du point de vue d’un humain moyen, pour que l'on ai vraiment peur de ces satanées bestioles. Or, parallèlement, un ami m’a recommandé de publier des textes sur un blog, pour faire découvrir mon monde et avoir des retours. Je me suis alors dit que j’allais écrire une nouvelle, et que cela me permettrait en plus de finir une histoire complète (un bouquin, c'est long et frustrant, on en voit pas la fin). Le sujet était tout trouvé, une nuit dans la vie des Nʉmʉ! Ce peuple est le seul de la planète à vivre en dehors des villes. Ce sont des tribus de nomades, ce qui leur permet d’en permanence fuir devant les hordes de morlocks. Des sacrés durs à cuir donc, largement plus compétents et aguerri qu’un habitant des Citées, mais tout de même pas aussi balèzes que des moines guerriers qui s'amusent à trifouiller la structure même de la réalité.

Ceux qui ont lu la nouvelle se doutent que les Tribus sont inspirées des Indiens d’Amérique, avec justesse : les Nʉmʉ sont en fait les Comanches de la Terre, que je n’ai jamais nommés explicitement parce que l’on m’a fait le retour que cela cassait un peu l’immersion. On m'a entre autre dit que l’on ne comprenait pas comment des indiens avaient pu se retrouver sur une autre planète, ce qui est une question légitime. Il se trouve qu’il y a une excellente raison, que je ne peux pas expliquer pour le moment, mais elle existe. Il n'empêche que j’ai pris en compte la remarque, et juste utilisant leur vrai nom, qui est largement inconnu, j’ai évité d’avoir à expliquer cette raison en les rendant largement étrangers.

Ce sont pourtant bien des Comanches dont il s’agit dans cette nouvelle, et je peux vous dire que j’ai fait beaucoup de recherches pour coller autant que je pouvais aux Comanches historiques. Vous aurez par exemple remarqué une certaine cohérence dans les noms : c’est normal, ce sont tous des vrais noms. J’ai passé pas mal de temps à potasser des dicos, j’ai même trouvé des sites avec des exemples de Comanche parlé (la plupart des noms avec des u barrés sont imprononçables d’ailleurs : p). Je connais un certain nombre de mots Comanche maintenant, d'ailleurs parfois, les noms des personnages, que j'ai assemblé à partir soit de noms existants, soit de mots du dico, ont influencé l'histoire. Mon personnage principale s'appele Yahneequena, de "yahnee", "heureux" et "quena", "aigle". De fil en aiguille, j'ai rajouté d'autres noms contenant "quena", jusqu'à nommer la tribu les "quenashano", "le peuple de l'aigle", ce qui m'a donné ensuite l'idée de leur pouvoir magique inné d'une vision aussi perçante que celle d'un aigle, leur permettant ainsi de voir les morlocks de loin dans les plaines. Oui, l'inspiration, parfois, cela ne tient pas à grand chose.  Cela va plus loin : la manière de s’habiller, l’armement, l’organisation sociale que je décris, tout est historiquement exact. Il n’y a qu’une différence, l’égalité homme femme (historiquement, les femmes étaient au foyer, et c’est tout), différence que je peux aussi expliquer.

Et la conclusion de la nouvelle, la chute si vous voulez, est un clin d’œil au dernier chef historique de la Nation Comanche. Ah, je vous assure, j'ai potassé!

Si vous lisez la nouvelle donc, vous verrez un peu comment les Comanches, les meilleurs cavaliers des Grandes Plaines (qu’elles soient de la Terre ou de Yaghan), survivent face à une horde gigantesque de prédateurs assoiffés de sang. Je ne vous cache pas que tout ne se passe pas super bien... Cependant, il y a de l’espoir, toujours!

Je serais ravi que vous lisiez cette nouvelle maintenant que tout est publié, et que vous me fassiez un retour: ce qui vous a plu, ce qui vous a accroché, ce qui vous a rebuté, comment j'aurais pu faire pour vous captiver plus si vous avez laché l'affaire, etc. Je suis preneur du bon (c'est toujours important de savoir ce qui marche) comme du mauvais (c'est encore plus important de savoir ce qui ne marche pas).

Dernière remarque, je suis en train de traduire la nouvelle en français. Je traduis entre 2 et 4 chapitre par semaine, j'aurais surement fini fin Mars. Et oui, comme on m'a déjà fait remarquer, c'est à marcher sur la tête: un français, qui écrit en anglais qui se traduit lui même en français....

La nouvelle se trouve ici : "La loi des plaines".

vendredi 13 février 2015

Des distances trop grandes

Je vous disais dans un post-précédent que je m'étais plutôt bien acclimaté à mon retour en France, et c'est vrai.

Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que les US, et en particulier Seattle, ne me manquent pas, bien au contraire. Vous savez que j'adore cette ville et que je connais certains quartiers comme le doigt de ma main pour les avoir arpentés à pied en long, en large et en travers pendant plus de cinq ans.

Dans l'absolu, en ne prenant en compte que l'aspect "géographique", je préfère bien évidemment 10* vivre à Seattle qu'à Paris, malgré les attraits manifestes de Paris. Bon ce n'est pas encore la saison, mais aller me balader le long du canal, les fairs, les parcs... Cela me manque. Sans compter tous mes petits magasins de quartier, on prend souvent les US pour un pays où le supermarché est roi, et dans une large mesure c'est vrai, sauf dans une ville très urbaine comme Seattle. C'est amusant d'ailleurs, en France je connais tous mes voisins en quelques mois, mais j'ai beaucoup plus de mal avec les commerces (quoi que, d'ailleurs), alors qu'à Seattle je n'ai jamais connu un seul voisin, mais je connaissais bien les gens des commerces environnants.

Mais le plus dur, c'est vraiment de se dire qu'on ne peut techniquement pas aller à un endroit que l'on connait comme sa poche. Il y a u truc dans l'esprit humain qui ne permet pas de comprendre des distances aussi grandes que celles impliquées ici. Par exemple pendant tout l'été 2012, j'ai été m’entraîner,  tous les après-midis, au même endroit dans le même parc... Je connais jusqu'aux écureuils qui habitent là... Et je ne peux plus y aller. Il y a un truc qui ne connecte pas bien dans le cerveau à ce niveau. À la limite, on comprend le fait de ne plus voir les gens, on est habitué dans le monde d'aujourd'hui, à se parler via téléphone ou Skype... Mais le rapport aux lieux, c'est différent, en tout cas pour moi. Je crois qu'en fait, en temps qu'être humains nous ne sommes pas complètement faits pour comprendre des distances si grandes... Historiquement nous ne vivons en dehors de notre village/région de naissance régulièrement que depuis quoi, 50 ans?

Du coup cela donne une sensation assez bizarre... C'est indéfinissable en fait, ce moment où l'on pense à un endroit très connu et où cet endroit pourrait aussi bien être sur Mars. C'est vrai qu'il y a des soirs où j'ai un coup de mou, où je me demande un peu ce que je fais ici, dans un endroit que je ne comprends pas complètement, loin d'un autre endroit que je ne comprends pas complètement, mais où je me suis senti plus chez moi que nulle part ailleurs. Ce n'est probablement pas arrangé par le fait que je continue à suivre les news de Seattle, ce qui ne m'aide pas à couper le cordon... Mais en même temps, mes amis vivent là-bas, je ne vais pas tout à coup tout jeter à la poubelle.

Finalement je crois que le plus pénible c'est ce manque de liberté. Légalement, je n'ai plus (enfin je n'aurais bientôt plus) le droit de résider plus de 3 mois sur le sol US. Je suis foutu dehors d'une ville que je considère comme chez moi. Cela fait très bizarre. Cela fait envisager les notions de nationalité et de pays sous un angle nouveau.

Encore une fois, ce ne sont que des impressions passagères hein... J'ai plein de très bonnes raisons d'être heureux d'être ici. Mais je m'y attendais: un expat reste pour toujours un peu déraciné.

Petite note de fin de post, j'ai bientôt fini de publier ma nouvelle sur http://www.besiegedcities.com/. Plus que deux chapitres! Si vous parlez anglais et que vous êtes intéressé par la science fiction ou la fantasy, votre avis m'intéresse

mardi 10 février 2015

La fin d'un cycle

Aujourd'hui, je vais écrire un post un peu particulier.

Par la force des choses, je parle beaucoup de ma vie sur ce blog. Malgré cela, je n'aime pas trop rentrer dans les détails de ma vie privée.. Néanmoins, je me sens obligé de le faire aujourd'hui car sans cela le blog va devenir un peu incompréhensible.

Vous avez peut-être trouvé bizarre que je rentre seul en France. C'est normal: il se trouve que Celia et moi avons pris la décision de divorcer. D'où mon retour anticipé.

Je ne souhaite pas spécialement m'étendre, et d'ailleurs je vais fermer les commentaires et vous demander exceptionnellement de ne pas m'en parler. Je l'écris ici uniquement pour que l'on comprenne où est passé le deuxième personnage de l'histoire qu'est ce blog.

Je vais juste rajouter deux petites choses car je souhaite en profiter pour un peu transmettre ce que sont mes valeurs de vie.

Ce divorce n'est pas à mon initiative. Pourtant je comprend tout à fait ce que ressens Celia et j'ai totalement accepté sa décision. D'ailleurs je ne la remercierai jamais assez de la douceur et du tact qu'elle a eu pour m'y amener.  Pour moi, aimer quelqu'un c'est avant tout vouloir que l'être aimé soit heureux. Si cela signifie s'éloigner et lui rendre sa "liberté" (qu'elle n'a jamais perdue, d'ailleurs, c'est stupide cette image de possession dans l'amour, Barjavel dans un de ses romans mettait dans la bouche de ses personnages "Je suis à toi", c'est bien plus beau et correct), et bien soit. Nous avons eu une vie difficile, vécu des années épouvantables et nous avons beaucoup changé, trop de bagage, de souffrance: c'est la vie.

Paradoxalement cette histoire se termine dans l'amour et le respect mutuel et nous communiquons avec il me semble beaucoup d'affection. Nous avons vécu une histoire extraordinaire dont ce blog est le témoin, et je me dis que j'ai eu la chance d'avoir connu cela dans ma vie. Je sais maintenant que c'est possible, l'amour avec un grand A... Et j'ai hâte d'écrire une nouvelle histoire qui, soutenue par cette belle leçon de vie qu'a été ce voyage, s'élève encore plus haut.

Voilà. Je vais bien, je suis heureux, j'évolue, je continue de m'émerveiller. Celia de même.

Un nouveau cycle commence.



mardi 20 janvier 2015

La responsabilité de tous

Il y a un post qui mûrit dans ma tête depuis un bon moment qui prend un nouveau sens avec les évènements récents. Je vais l'écrire comme je l'aurais écrit il y a quelques semaines... Puis j'ajouterai quelques choses à la fin.

Depuis plusieurs semaines donc, je me dis qu'en fait, nous sommes tous coupables, mais que nous rejetons toujours la responsabilité sur un "autre" sans visage. Vous allez comprendre.

Vous savez, lorsque l'on critique les américains moyens qui se jettent sur les vitrines des magasins lors de Black Friday... "Les gens" sont cons, n'est-ce pas? Par contre la cohue à la Fnac Saint Lazare avant noël, la marée humaine des soldes à laquelle nous participons allègrement... Plus lourd, quand la France va en guerre au Chad pour sécuriser les approvisionnements d'Uranium, c'est horrible, non? Pourtant on laisse toutes nos lumières allumées, pire on met des lumières de Noël un peu partout... Moins chargé politiquement? On se plaint de la malbouffe et des conditions horribles d'élevage des animaux et du "poulet aux hormones"... Pourtant on préfère se payer une nouvelle TV tout les 3 ans plutôt que d'accorder un budget conséquent à ce que l'on ingère, cautionnant de fait les raccourcis infâmes des industriels...

Plus généralement, j'entends parfois depuis que je suis rentré des trucs du genre "Les Français sont cons", "On vit dans un pays d'immobilisme" etc, etc. Mais nous, bien sûr, nous ne sommes pas comme les autres nous ne sommes pas gagne-petit, nous ne sommes pas réfractaire au changement, nous ne sommes pas pessimiste... Mais alors qui sont ces autres? En fait ce sont tous ces gens sans visage que nous ne connaissons pas, qui sont à la périphérie de notre cercle social. Nous excluons inconsciemment nos amis, notre famille...

Pourtant, nous sommes tous responsable. Nous nous croyons tous exceptionnels, mais nous sommes tous pareils (sauf moi), d'ailleurs il suffit de s'intéresser un peu aux sciences du comportement pour constater à quel point une majeure partie de nos réactions sont automatiques et quasiment les mêmes pour 80% de la population. Nous sommes tous une composante de ce qui ne tourne pas rond, même si la pub nous vend que nous sommes exceptionnels.

C'est un truc qui était encore plus flagrant aux US. A la TV on voit un reportage sur quelqu'un, qui nous est présenté comme un homme modèle, père de famille, travailleur, avec la bonne petite famille américaine, honnête, heureuse avec des enfants magnifiques... L'archétype du bon et du bien, de la Liberté avec un grand "L".

Et puis lorsque l'on regarde de plus prêt, on trouve dans le garage deux voitures énormes qui sucent en une heure l'énergie qu'utilise un somalien en un an, des télés dans chaque chambre, des bouteilles de Coca plein le frigo... Un mode de vie où cette famille consomme 9 fois plus d'énergie que la moyenne mondiale (en France, c'est 6 je crois) et consomme a des prix cassés que leur propres producteurs ne peuvent pas se payer (chocolat?). Conséquence, dépendance au pétrole, contrôle des US sur le moyen-orient, guerre diverses pour l'approvisionnement énergétique, spéculation sur les matières premières...

Je vais encore attaquer le problème sous un autre angle. En Mongolie, le chamanisme a été interdit sous la domination communiste et a survécu en secret malgré l'oppression. En 94 lorsque la Mongolie s'est ouverte à l'extérieur et au capitalisme, il restait 30 chamanes. En 20 ans, l'occident s'est intéressé à ces traditions anciennes, et les mongols à l'occident. Aujourd'hui, il y a 3000 chamanes en Mongolie, l'immense majorité étant des chamans bidons qui singent la tradition et la dilue et la pervertisse. Pendant ce temps, les vrais chamanes, des éleveurs de rennes qui vivaient une vie heureuse dans les steppes où ils ne manquaient de rien, découvrent les téléphones portables, les télés, et veulent tenter leur chance à la ville pour pouvoir se payer des biens qui ne leur manquent que depuis qu'ils en connaissent l'existence. La plupart galèrent et sombrent dans la pauvreté et les vices de la société moderne alors qu'ils avaient une vie riche, heureuse, et saine. Le capitalisme arrive à faire en quelques années ce que le communisme n'a jamais réussi à faire. Une destruction insidieuse d'une culture, où tout le monde est persuadé de faire le "bien".

Je suis écœuré par les événements récents et plus encore par la réponse des médias et des politiques. Les causes de la monté des intégrismes est connue, c'est la misère sociale et plus encore l'inégalité entre les classes sociales. Sans compter l'influence néfaste des politiques occidentales un peu partout dans le monde (lisez Persépolis, ou l'histoire de la déstabilisation d'une démocratie naissante par les USA... Pas besoin de lire des livres d'histoire!). Pourtant, la réponse législative consiste en des mesures sécuritaires, avant de s'attaquer aux causes. Et l'occident s'offusque de 12 morts quand des populations de pays du tiers-monde sont génocidées dans l'indifférence générale. Et ebola, vous vous rappelez d'ebola? Non, hein?

C'est déprimant car notre société, pour la première fois de son histoire, dispose des solutions pour évoluer vraiment. Les technologies sont de plus en plus à même de nous apporter une indépendance énergétique qui soit propre, les traditions spirituelles s'ouvrent au monde, la médecine peut quasiment tout soigner (sauf la bêtise), l'outil informatique permet des avancées considérables et des choses impensables auparavant (monnaies décentralisées, vote participatif, par exemple) qui permettraient l'émergence d'une vraie société démocratique.

Mais non, on nous a vendu un modèle sociétal comme étant "le Bien et la Liberté", contre les méchants d'en face... Et on y croit, sans voir que nos "démocraties" commettent des crimes abominables tous les jours.

Honnêtement, je n'ai pas la solution. A Seattle, nous avions la possibilité de payer notre électricité plus cher pour qu'elle soit garanti provenant de sources renouvelables. C'est un premier pas. Au quotidien, j'essaie de travailler sur moi-même, mais je suis comme tout le monde: j'aime bien avoir une TV écran plat, et prendre la voiture quand je suis crevé. J'essaie de réparer les choses cassées, mais mon civisme s'arrête là. En fait il y a une forme d'abandon lorsque l'on constate que l'on se bat contre un moulin à vent, mais si la prise de conscience est globale, peut-être que des modèles différents naîtrons, qui sait?

Dans l'intervalle, je crois qu'il est important de prendre conscience que nous faisons partie du problème, que les cons ne sont pas les autres, que nous avons du sang sur les mains et de réfléchir à des solutions. Nous arriverons tous à des réponses différentes, certains deviendront écolo, d'autre s'investirons dans des assos caritatives, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que tant que nous croirons que nous sommes les "meilleurs", les plus "libre", les plus "gentils"... Nous irons droit dans le mur.



mardi 6 janvier 2015

Bonne Année 2015

Bon j'avoue je ne savais pas bien quoi vous écrire pour vous souhaiter la bonne année 2015. J'ai un peu tout fait déjà, y compris me la péter comme je viens de le faire en quelques mots, et c'est dur de trouver une approche originale.

Ce matin je me suis levé vraiment déprimé, au fond du trou. Ça arrive. Et je ne sais pas pourquoi j'ai cherché cette vidéo, dont je vous avais peut être déjà parlé... Je ne me rappelais pas de la fin. Je vous laisse la regarder à nouveau.


Comme vous le savez, je ne crois pas aux coïncidences. Je suis persuadé que si l'on regarde assez attentivement, le monde nous fait signe en permanence. Et cette vidéo, qui fini par une révérence du personnage principal dans sa maison de Seattle, me parle, là tout de suite étant donné ce que je suis en train de vivre. Seattle, je tire ma révérence et te quitte avec beaucoup de nostalgie et d'amour dans le cœur pour écrire une nouvelle page.

2014 aura été une des pires années de ma vie. La pire, je crois bien. Pire que l'année du diagnostic, je pense car l'année du diagnostic était aussi une année d'espoir, de rassemblement, de courage... Cette année 2014 par contraste a été une année de solitude, de deuil, de douleur. La mort d'un frère d'école, Henry. La mort du Warrior (sa femme l'a tellement appelé par ce nom qui lui va si bien que j'ai toujours du mal à me souvenir de son prénom). La mort de Katy, diagnostiquée après moi et partie avant, que j'avais interviewé ici, qui avait bien compris comme tous les membres de notre petite communauté, que le bonheur se conjugue au présent. La rechute de Kristina, après 7 ans sans maladie, un truc de dingue qui n'arrive jamais. La rechute du fils d'un de mes amis, diagnostiqué un an après moi de la même maladie, qui va subir le seul traitement qui a un espoir de le sauver, la thérapie par lymphocytes reprogrammés.

Et puis pour terminer, la mort de ma grand-mère, ce 22 décembre. Il faut que je vous raconte, brièvement. Elle était à hôpital, suite à une chute, relativement stable. Nous avions décidé de tous nous retrouver le 22 dans notre maison de famille, pour la première fois tous ensemble depuis une dizaine d'année. Et puis le 21, coups de fils en catastrophe, nous sommes venus un jour plus tôt, sa condition empirant rapidement. Cela peut vous sembler dramatique, une mort avant noël, mais la plus grande hantise de ma mère était que la sienne parte seule dans une chambre hôpital, et cela a été un grand soulagement pour elle que de pouvoir l'accompagner jusqu'à son dernier souffle.

C'était la meilleure configuration possible pour cette mort: toute la famille réunie dans cette maison qui vivait une dernière fois un de ces rassemblements que notre grand-mère aimait tant. Les plus vieux des petits enfants pour gérer l'intendance pendant que les parents s'occupent des obsèques, et qui s'occupent aussi de leurs plus jeunes cousins. La famille soudée comme elle ne l'a jamais été.

J'ai parlé à l'enterrement, très brièvement, j'ai raconté l'anecdote suivante. Nous marchions en famille il y a une vingtaine d'année, je traînais à l'arrière avec ma grand-mère et un de mes petits cousins, bien plus jeune que moi, qui tout à coup demande "Mamie, qu'est ce qu'on devient quand on meurt". J'ai haussé l'oreille, et sa réponse m'a marqué à vie. Elle a dit, "Quand on est quelqu'un de méchant, personne ne se souvient de vous, mais quand on est quelqu'un de bon et de gentil, on devient des jolis souvenirs dans la mémoire des gens qui nous ont aimé". Et c'est vrai que lorsque je pense à elle, la première image qui me vient c'est son visage souriant alors qu'elle se penchait vers nous pour nous écouter, toujours très attentivement.

Il y a aussi eu des bons moments, comme la guérison de Sean, une personne très chère pour moi, que j'ai accompagné à l'hosto pendant sa deuxième transplant. J'ai bien cru qu'il allait claquer, ce con, mais non. Il est même de retour au taff avant moi. 2014, cela a aussi été l'année de l'indépendance, l'année où je peux à nouveau faire des trucs tout seul, comme un voyage à NYC en solitaire, où, coïncidence délirante, deux membres de ma famille se trouvaient en même temps.

2014, c'est aussi l'année où tout les aspects pratiques s’emboîtent correctement. Cela aurait pu être une année géniale s'il n'y avait pas eu les deuils et la douleur, car tout ce qui devait aller bien a fonctionné. Enfin presque tout.

Je disais dans un autre post que j'étais heureux d'être rentré et c'est vrai. Mais Seattle me manque aussi, je vous avait dit que ce n'était pas blanc ou noir. J'ai adoré cette ville, j'y ai vécu des choses incroyables et inoubliables qui ont changé ma vie d'une façon que je n'appréhende pas encore totalement. Mais la vie est un mouvement perpétuel et les vagues me poussent ailleurs.

C'est marrant, parfois des gens ou les médecins, me disent, "vous devez apprendre à lâcher prise" ou des variantes de la même chose. Sans se rendre compte que c'est à eux qu'ils se parlent, en s'imaginant à ma place avec les mêmes poids. Car s'il y a bien une qualité dont je ne manque pas, c'est justement le lâcher prise. J'ai vécu des joies et des peines qui dépassent tout ce que j'aurais pu imaginer. Pourtant je me rends compte de la chance que j'ai, tous les jours, et au quotidien, je souris plus souvent que je ne pleure, et j'ai vraiment compris je crois que le plus important c'est toujours de lâcher les peurs, les colères, les rancœurs, les douleurs et les peines. Refuser la peur et lâcher la colère, et accepter d'aimer et d'être aimé. D'avancer dans le monde en gardant un regard émerveillé, toujours disponible pour le bonheur. De laisser de jolis souvenirs dans la mémoire des gens.

Je vous souhaite une très bonne année 2015, et je vous laisse en musique.





mercredi 17 décembre 2014

Retour en France II

Je commence à avoir assez de recul pour vous parler de mes sensations suite à ce retour en France.

Cela va peut-être vous étonner mais le sentiment qui prédomine, c'est le soulagement. Quoi? Moi qui parle toujours de Seattle avec un amour profond, je suis soulagé d'être rentré en France?

Et bien oui, je respire enfin. Je crois que l'expatriation était quelque chose de très très dur et pour pas mal de raisons je me mentais sur mon propre état de bonheur au cours de cette expérience. C'était une expérience géniale, attention, et il n'est pas exclu que je reparte un jour autre part (moins loin, probablement). Et j'adore Seattle! Mais l'expatriation, surtout aussi loin et aux US, n'est pas, n'est plus une vie qui me convient. C'est paradoxal et il faut bien que vous compreniez que deux sentiments coexistent en moi et que toute la subtilité consiste à arriver à comprendre lequel est le plus fort.

Vous savez, quand Celia et moi sommes arrivés à Seattle, nous avons eu des réactions très différente. Elle a détesté d'emblée: le rapport entre les gens trop superficiel, la nourriture immonde, l'hypocrisie latente sur des sujets comme l'alcool, l'absence de convivialité... En revanche, elle supportait bien le fait d'être loin, aimant l'aventure.

Moi c'était l'inverse: ayant déjà vécu aux US, je retrouvais un vieil ami en quelque sorte, et je me suis tout de suite plu. Toutes les expériences me fascinaient et la vie française ne me manquait absolument pas. J'avais par contre beaucoup de mal à me faire à l'idée que je ne verrais pas grandir les enfants de mes amis, qu'il y avait un risque que mes grand-parents meurent en notre absence etc. Ce qui est arrivé, pour chacun d'entre nous, malheureusement.

Précisons que nos impressions ont changé considérablement au cours de ces 5 ans et que Celia ne déteste plus Seattle, bien évidement, sinon nous ne serions pas resté si longtemps, cela illustre juste le choc culturel dont je vais parler plus loin.

Il y a quelques mois, j'étais terrorisé de retourner en France. Peur de retrouver les défauts supposés de la France, peur de retourner dans le béton de Paris... Mais aussi une peur bien plus  insidieuse : la peur de la fin de l'expatriation, de la fin de l'aventure, de la fin du rêve. Car c'est un peu un rêve, une aventure, une vie moins ordinaire que d'être expat, et on s'accroche et on devient fier de ce sentiment de vivre quelque chose d'exceptionnel au quotidien, de vivre à l'étranger, de voyager. Sans se rendre compte qu'en fait, on bosse toute la journée, on rentre épuisé, on n'a presque pas de vacances alors on les passe en France voir la famille, du coup on ne voyage en fait pas du tout...

Si j'étais resté en France pendant ces 5 ans, je serais allé au minimum une fois par an dans un pays étranger, avec en tête de liste Norvège, Turquie, Australie, Nouvelle Zélande (je sais, j'ai la chance de pouvoir faire cela). Au final, en 5 ans, nous sommes allé 3 fois à Portland, une fois à San Francisco et 3 fois à Vancouver, à chaque fois juste quelque jours. Tous les autres voyages, nous sommes rentré en France. Conclusion, en fait de vie de voyage et de vie moins ordinaire, c'était surtout une vie stressante, épuisante et avec des contraintes incroyables.

C'est difficile de s'en rendre compte, de se rendre compte que la vie dans un pays ou une ville ne nous convient pas. Comme on est constamment déstabilisé par la nouveauté, par l'exotisme, on ignore souvent des signaux importants. Par exemple, j'ai toujours dit que Seattle était une ville magnifique et que la nature était absolument incroyable et que je ne pourrais plus vivre ailleurs... Sauf que lorsque nous sommes allé en 2010 à San Francisco, une ville avec un vrai centre urbain un peu similaire à Paris en terme de densité de choses à faire, j'ai eu l'impression de revivre. Mais vraiment quoi, j'ai eu l'impression de revivre, de me retrouver, de me ressourcer. Oui, la nature me coupe le souffle, mais en fait au jour le jour, j'aime la ville, j'aime descendre au bar en bas de chez moi prendre un (vrai) café et discuter avec mes voisins, j'aime me balader sans fin dans une grande ville... Et cela m'avait manqué, la vie dans une ville très décentralisée comme Seattle étant très différente (et encore, ce n'est pas L.A).

Car il y a un autre facteur important: l'adaptation culturelle. Et là encore, j'ai eu beaucoup de mal. Je me rappelle très clairement, il y a quelques années, nous avions reçu une jeune française qui bossait à Vancouver mais qui passait à Seattle. Lors du dîner, je me suis senti plus proche d'elle que de mes meilleurs amis américains, et j'en ai fait la remarque à Celia alors que nous rentrions chez nous: j'avais l'impression de la connaître depuis des années alors que je galérais vraiment pour arriver à tisser des liens avec mes collègues. Il faut remarquer aussi que c'est un problème spécifique à Seattle qui est bien connu (le "Seattle Freeze"). Des américains venant à Seattle ont le même problème et galèrent à se faire des amis, il y a vraiment un truc spécifique à cette ville. Les gens sont sympas, vous discutez en soirée, et on ne vous rappelle jamais. J'en reparlerais.

J'en parlais hier soir avec une amie anglaise expatriée à Paris, qui comprend assez bien de quoi je parle: il y a vraiment une culture européenne, un mode de pensée qui se ressemble, même pour les anglais qui sont anglo-saxons. Mon amie est allée aux US et décrivait un peu ce que j'essaye de vous expliquer: elle avait beau parler la langue, fondamentalement elle n'arrivait pas à "connecter" avec les américains, il y avait trop de différence dans la manière de penser (rien que dans le "Have a good day!" qui conclu une conversation et qui aux US devient "Have a fantastic/awesome/incredible/best day of your life!" on sent une différence profonde sur la manière de voir la vie, modération contre excès pour simplifier).

Au bout d'un moment, il devient très difficile de vivre dans un pays dont on ne partage pas les valeurs de base. Il m'est arrivé, en parlant avec un de mes meilleurs amis, pourtant démocrate et vraiment éduqué, de tomber des nues lorsque de nulle part, on s'embrouillait sur un truc donné (du type pour ou contre la peine de mort, si vous voulez), et que je me rendais compte que nous avions des valeurs complètement différentes et que nous n'arriverions jamais à nous comprendre. Parfois, ce n'est pas grave, la différence est enrichissante... Et parfois, c'est très dur, quand cela touche à des concepts comme la solidarité entre les gens par exemple. Parfois, c'est inacceptable, cela entre trop en conflit avec nos valeurs. Ce n'est pas grave, hein, chacun ses opinions et sa vie... Mais dans ce cas, il faut accepter que l'on n'est juste pas fait pour vivre ensemble et que cela n'est pas grave.

 J'ai d'ailleurs assez peu d'ami proches à Seattle, et comme par hasard, mes meilleurs amis étaient soient des expats (turcs, français), soit un ami très cher qui a passé plusieurs années en France, soit une autre qui a voyagé pendant des mois au Tibet... Je crois que je n'ai que deux couples d'américains relativement standards que je considère vraiment comme des amis proches, et en y réfléchissant bien, l'une d'entre elle a passé son enfance à Chypre... Comme quoi, il n'y a pas de hasard.

Il y a donc une combinaison de trois choses qui font que je ne pense pas être fait pour vivre là-bas: ce conflit de valeurs de bases entre ma culture et la culture américaine (un autre exemple dont il faudrait reparler, l'éducation des enfants), les contraintes épuisantes que cela crée sur les voyages et sur la vie de famille au sens large, et la vie de tous les jour, le lien entre les gens, notre identité profonde, ce qui fait que l'on est français. Tiens, anecdote, j'ai complètement halluciné au petit supermarché de quartier, au rayon pâtisserie... Même les produits surgelés, c'est "petite tarte aux pommes avec son glaçage de mousse de citron". Si vous saviez à quel point ce qui passe pour de la pâtisserie de qualité aux US est immonde à coté... C'est aussi cela, la culture, la vie de tous les jours... Et je me rends compte qu'en temps que français, oui, cela m'importe, oui, j'aime manger à un point qui ne se trouve dans aucun autre pays. C'est notre truc, et ça m'a manqué.

En fait, pour être heureux à Seattle, il faudrait que je puisse prendre l'avion à volonté pour les occasions spéciales (naissances/mariage/décès), que je puisse prendre des vacances "ailleurs", et que je puisse passer 6 mois par an à Paris pour satisfaire mon "besoin de ville et de France". Bien sûr c'est impossible.

Au final, je vous écris de mon canapé, avec mon chat sur les genoux, comme d'habitude. J'aime mon appartement, ses beaux parquets en chêne, il est agréable, cosy, il a bien plus de charme et de caractère que les constructions en contreplaqué modernes de Seattle Je connais tous mes voisins qui me filent des coups de mains régulièrement (je n'ai jamais parlé à un voisin à Seattle), et inversement. J'ai un rade en bas de chez moi où je peux aller traîner quand j'ai un coup de flemme. En 15 minutes, je suis à Notre-Dame et je peux me gorger des vieilles pierres que j'aime tant. J'ai eu quasiment deux ou trois fois par semaine du monde à dîner chez moi (aux US, c'est super dur de bouger les gens). J'ai pu aller voir ma grand-mère qui a Alzheimer et apporter un peu de soutient à mon grand-père en personne plutôt que juste l'appeler au tel. Bref, mon âme n'est plus déchirée par cette plaie béante qu'est la contrainte de la distance, l'impression de vivre une autre vie dans un autre monde, les chaines très réelles imposées par les statuts d'immigration aussi (je me suis parfois retrouvé coincé aux US, n'ayant pas le droit de sortir sous peine de ne pouvoir re-rentrer, je vous assure, c'est pénible).

C'était une expérience à faire, c'est sûr, et si je n'avais pas été malade, cela aurait probablement été plus facile, j'aurais eu assez d'argent pour prendre des congés sans solde et nous permettre de souffler un peu. Si c'était à refaire, je le referais, mais probablement moins longtemps. Paradoxalement, je crois que je projetais tellement de choses sur le retour en France (et franchement avec un vécu merdique comme le mien, je vous met au défi de faire le contraire) que je ne me rendais pas compte qu'en fait, c'était ce dont j'avais besoin, de rentrer. Je crois que de toute façon on ne peut vraiment s'en rendre compte que lorsque l'on est vraiment rentré.

Attention, durant tout ce post, j'ai passé mon temps à parler de tout ce qui m'a rendu cette expérience difficile, mais rappelez vous bien aussi qu'en moi coexistent deux sentiments et que j'ai vraiment adoré cette ville. On peut aimer passionnément, et j'emploie ce mot à dessein, quelque chose qui nous cause aussi beaucoup de souffrance, nous ne sommes pas des créatures binaires. Paradoxalement, je vais aussi maintenant souffrir d'être loin de Seattle, mais toute la subtilité est là: qu'est ce qui me fait le moins souffrir, qu'est ce qui me rend le plus heureux?

J'ai passé la dernière semaine à un séminaire de méditation de mon école, qui se déroule dans une vieille ferme transformée en maison d'hôtes. J'ai passé des heures à regarder les vieilles poutres de ma chambre avec les larmes aux yeux. Des poutres plus vieilles que Seattle, j'en suis à peu près persuadé. Je me suis goinfré le matin de baguette chaude à la table communale. J'ai mangé goulûment du pain d'épice fait maison par notre cuisinière Marie-Pierre que je connais depuis presque 10 ans et j'ai eu presque une expérience mystique en goûtant ses poires au vin et à la cannelle (c'est tellement simple! pourquoi cela n'existe pas ailleurs?). J'ai discuté pendant des heures adossé à un vieux mur de pierre plusieurs fois centenaire avec des amis qui, s'ils ne sont pas toujours de mon avis, partagent mes valeurs fondamentales et me comprennent sans que j'ai besoin de parler. J'ai médité à la chaleur du poêle et j'ai rentré du bois avec un de mes meilleurs amis. J'ai râlé de ne pas m'être fait contrôlé dans le train et donc d'avoir "payé pour rien". J'ai acheté un chausson au pomme à mon ami en me goinfrant d'une torsade au chocolat.

Je suis chez moi, enfin.

dimanche 30 novembre 2014

De rouille et d'os

Et merde.

Je voulais vous parler du film "De rouille et d'os" pour vous conseiller très vivement de le voir, et j'ai oublié. Je viens de m'en souvenir en zappant sur les dernières minutes du film.

En quelque mots, ce film raconte l'histoire d'une jeune femme dresseuse d'orques dans un delphinarium qui perds une jambe suite à un accident (elle se fait bouffer, en gros et en simplifiant). Ce film m'a littéralement transpercé. Tout le film est bon, mais il y a une scène particulièrement dure où Marion Cotillard se réveille amputée. Elle découvre son amputation au réveil, n'ayant pas repris conscience depuis l'attaque.

Bon vous vous doutez que l'annonce de diagnostique pas jobard, je connais. Mais là, se réveiller avec un bout de soi en moins sans avoir eu le temps de digérer, de réfléchir, de se préparer... C'est insoutenable. C'est d'autant plus insoutenable que je sais ce que ça fait et que c'est PIRE. A la limite, quelqu'un qui n'a jamais eu de diagnostic épouvantable dans sa vie, bon ben il imagine, mais ce n'est que cela, de l'imagination matérialisée par la performance d'acteur (excellente). Mais quand on a vécu un truc du genre, je vous assure que:

  • c'est bien joué et pas fake (contrairement à une expérience littéraire ratée que je ne mentionnerais même pas)
  • Les conséquences sur le psychisme sont bien explorées, 
  • c'est insoutenable pour moi parce que ce n'est pas de l'imagination. Je sais exactement ce qu'elle ressent à ce moment, ayant vécu un truc similaire avec l'insertion du Hickman dans la poitrine (je vous assure que d'avoir un tube de plastoc qui dépasse du pectoral et qui est inséré de manière permanente en vous, c'est pas trivial comme expérience). Je laisse au lecteur l'exercice de retrouver la photo de mon Hickman sur ce blog. 
  • Les conséquences de la douleur physique sont assez bien explorées (quelque part, je me demande si des gens autant amochés que nous peuvent vivre avec des personnes qui ne sont pas autant amochées justement, parce que qui d'autre peut partager le quotidien de quelqu'un comme nous que quelqu'un qui souffre aussi constamment et qui comprend ce que c'est? Parce qu'attention, c'est incompréhensible quand on ne le vit pas directement, faut bien en être conscient... enfin bref). 
Bref, regardez ce film quoi. Trouvez le en VOD, démerdez-vous (justement il se trouve que j'ai mal un peu partout ce soir alors j'abrège, désolé)


Cela me fait penser, il faut que j'ajoute deux trois choses.

Je ne sais pas bien ce qui m'a amené à cela, mais je me suis fait la réflexion hier matin que si l'on m'accordait un vœu, en dehors des évidences que sont "la santé" et des trucs plus personnels, je demanderais que l'on m'accorde un jour, un jour comme il y a six ans maintenant. Un jour de liberté avec mon corps d'avant, à dévaler les pentes de Montmartre vers Place Clichy et Saint Lazare à roller, à traverser Paris à roller à toute vitesse, infatigable, la musique à fond dans les oreilles, sans soucis, sans pensée, sans fatigue, sans douleur autre que celle des muscles qui réagissent d'eux-même aux changements de la route.

Putain ce que je donnerais pas!

Bon bref j'avais un autre truc en tête, mais je ne me rapelle plus alors tant pis.

Ah si... Ce film qui m'a tant marqué, forcément, c'est une histoire d'orque...

dimanche 23 novembre 2014

Retour à Paris: impressions

Voilà deux mois que je suis rentré à Paris et je commence à avoir le recul pour vous en parler.

On ne vas pas se mentir, ces deux derniers mois ont été assez violents. Changement d'appartement, de pays, de système de santé, de système social, de médecins... Chacun des ces événements pris individuellement peut-être assez traumatisant alors tous ensembles, c'est un peu le cocktail explosif. Pourtant, cela va relativement bien, je m'adapte sans trop de problèmes. Il n'y a qu'un seul truc qui soit vraiment dur, c'est d'être seul le soir, pour le reste, je vis ça plutôt bien. Il faut dire que je crois que la leucémie m'a surentraîné à accepter le changement et à complètement m'abandonner et lâcher prise face aux événements quels qu'ils soient.

Je pensais que le retour en France provoquerais un gros choc culturel, mais en fait non. Comme je suis rentré un mois en Juillet avant de rentrer définitivement, j'ai eu le temps de reprendre mes marques. J'habite dans l'appartement dont je suis propriétaire à Vanves, que je louais pendant ces cinq ans (par chance, les locataires sont partis en Juin). Cela m'a fait très bizarre, de revenir dans cet appartement. Je l'ai quitté à un des moments les plus heureux de ma vie, juste après notre mariage, et je le réintègre cinq ans plus tard, fatigué, en souffrance, sans femme, sans boulot. De ces cinq ans, j'ai gagné deux chats, beaucoup, beaucoup de cicatrices et pas mal de plomb dans la tête. Il y a cinq ans, je regardais par la fenêtre en rêvant d'ailleurs, aujourd'hui, je regarde par la même fenêtre en pensant aux amis que j'ai laissé là-bas, aux paysages magnifiques de l'état de Washington avec, je dois l'avouer, un peu d'amertume. J'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose, mais est-ce vrai? Comment aurais-je pu vivre ces années de façon plus intense qu'en ayant cette foutue leucémie? C'est un peu extrême comme point de vue, et j'en ai conscience, douloureusement conscience.

Je regrette un peu de ne pas avoir eu plus l'opportunité de travailler, j'ai bossé pendant un an et demi où j'ai eu le sentiment d'apprendre plus qu'en cinq ans à Paris et j'aurais aimé aller plus loin... Mais d'un autre côté, ce regret, c'est un regret du Loïc d'avant. Le Loïc d'aujourd'hui s'en moque comme d'une guigne. C'est bizarre d'ailleurs cette schizophrénie: j'ai changé beaucoup plus vite que l'on ne change normalement (d'ailleurs certains vous dirons qu'on ne change pas, hors circonstances extrêmes). J'ai encore des souvenirs, des à priori sur mon caractère et sur ce que je désire (ou pas) qui sont ceux du Loïc d'avant et je m'aperçois petit à petit qu'il faut que je réactualise ma "cartographie" intérieure.

L'une des choses qui a été les plus dures d'ailleurs depuis que je suis rentré, c'est de faire face à l'incompréhension de mes proches, qui s'adressent à quelqu'un qui n'existe plus. Je pense que tous les expatriés rentrant au pays sont changés de façon assez profonde ce qui peut compliquer les relations avec les gens, Dans mon cas, c'est encore plus compliqué que cela: en plus de mes valeurs et de ma culture, ce sont mes comportements les plus profonds qui ont changés. L'avantage c'est que comme j'ai appris à lâcher prise, je m'adapte à cette incompréhension, après un moment assez bref de colère.

Donc, le choc de rentrer en France... Oui, c'est vrai, tout est différent: les routes sont étroites, il y a des pharmacies partout, les bâtiments sont tous en dur et pas en bois, les parcs et l'éclairage municipal sont bien entretenus, les trottoirs sont crottés, les pains au chocolat sont bons et ne coûtent rien... Quelque part, je m'adapte bien parce que c'est une expatriation à l'envers: je viens d'arriver dans un pays étranger qui est la France, et j'apprends les coutumes locales avec une part certaine d'émerveillement, comme lorsque je découvre que je peux acheter pour 3 euros du foie gras à mon Intermarché (désolé Eric ;p). Oui, je vous assure qu'au bout de 5 ans dans un pays étranger, on oublie ce genre de choses.

Cela fait du bien de retrouver ses amis français, je dois dire. Aux US, j'ai eu du mal à me faire beaucoup d'amis et d'ailleurs c'est quelque chose de spécifique à Seattle: des américains qui viennent habiter à Seattle alors qu'ils sont adultes ressentent la même chose. C'est un peu triste à dire, mais le courant passe plus facilement entre moi et ma coiffeuse ici qu'entre moi et certains de mes amis américains: nous avons un référentiel commun, je marche beaucoup moins sur des oeufs et je n'ai pas peur de faire un impair à chaque détour de phrase. Il y a plein de choses dont on ne peut pas vraiment parler aux US, qui sont très sensibles et que l'on réserve vraiment à ses meilleurs amis, et encore. Ici, les conversations sont beaucoup plus faciles et fluides et c'est assez relaxant.

Le paysage absolument magnifique de Seattle me manque, c'est sur. De ma fenêtre, je voyais les Olympics, je voyais le Puget Sound et la Space Needle, j'avais vue sur un parc et quand je sortais faire les courses le matin (hum, l'après-midi  ^^), cela sentait la mer... Ici à Vanves, ma fenêtre donne ouest aussi, c'est lumineux.. Mais j'ai vue sur une cour et c'est l'odeur de pot d'échappement qui m’accueille. Pourtant, je ne suis pas sur d'y perdre au change. Je ne vais que rarement dans Paris, tous les jours je me promène dans Vanves qui est une petite ville très agréable, avec une ambiance de village vraiment particulière. Vanves, c'est un peu le secret bien gardé de la banlieue Parisienne: personne ne connait, et les vanvéens en sont très content car eux seuls savent qu'il est possible de vivre dans une ambiance calme et détendue si près de Paris.

Un autre truc qui permet d'adoucir le retour, c'est Paris justement. Il y a des gens qui m'ont dit "Ah, mais moi je pourrais pas vivre à Paris, pour ceci ou pour cela..." Bon ben c'est très bien pour vous, (d'ailleurs, parlez moi plutôt de ce que vous aimez, cela me changera...) mais en attendant, moi j'adore Paris. J'adore les monuments, j'adore toutes ces/ses vieilles rues et ses vieux quartiers, j'adore le fait qu'après 8 ans à Paris j'ai encore des tonnes de choses à découvrir. Il y a toujours un monument, un musée, une expo, que l'on n'a pas faite. C'est un truc qui me manquait sévèrement à Seattle, on avait vraiment l'impression d'avoir tout fait de multiples fois et on ne savait plus vraiment quoi inventer pour s'occuper le week-end. C'est une ville tournée vers la nature, le week-end tout le monde part camper... Ce qui est très bien sauf que 9 mois de l'année durant, il fait un temps pourri et camper dans ces conditions, moi ça me fais suer (je ne suis pas contre camper l'été attention!). C'est amusant d'ailleurs, car à Seattle je me disais que jamais je ne pourrais vivre à nouveau à Paris, que c'est une ville trop étouffante, sans vert, sans océan... Mais je me rends compte que je m'y fais très bien et cela m'avait manqué ces vieilles pierres. Justement le fait d'habiter à Vanves me permet d'avoir un cadre un peu plus calme, avec des supers parcs pas loin de chez moi, tout en étant vraiment près de tout ce que Paris a à offrir. C'est sur que je ne pourrais plus vivre dans le 18ème comme je l'ai fait de 2002 à 2008.

Voilà, j'ai encore pas mal de choses à raconter sur l'impatriation mais je le ferais plus tard.

lundi 3 novembre 2014

"The Law of the Plains", prologue et premier chapitre: dispo :)

Et voilà j'ai mis en ligne le premier chapitre de ma nouvelle de SF.

The Law of the Plains, Chapitre I.

Encore une fois, c'est en anglais, je suis désolé. Vous pouvez faire comme mes amis américains ont fait pour ce blog, utiliser le widget Google Translate qui se trouve dans la barre de droite... Il y aura de la perte, mais cela vous donnera une idée de l'histoire. J'espère que ça vous plaira en tout cas, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires ici où là-bas! ;).



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