Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de notre combat contre la leucémie.

mercredi 17 décembre 2014

Retour en France II

Je commence à avoir assez de recul pour vous parler de mes sensations suite à ce retour en France.

Cela va peut-être vous étonner mais le sentiment qui prédomine, c'est le soulagement. Quoi? Moi qui parle toujours de Seattle avec un amour profond, je suis soulagé d'être rentré en France?

Et bien oui, je respire enfin. Je crois que l'expatriation était quelque chose de très très dur et pour pas mal de raisons je me mentais sur mon propre état de bonheur au cours de cette expérience. C'était une expérience géniale, attention, et il n'est pas exclu que je reparte un jour autre part (moins loin, probablement). Et j'adore Seattle! Mais l'expatriation, surtout aussi loin et aux US, n'est pas, n'est plus une vie qui me convient. C'est paradoxal et il faut bien que vous compreniez que deux sentiments coexistent en moi et que toute la subtilité consiste à arriver à comprendre lequel est le plus fort.

Vous savez, quand Celia et moi sommes arrivés à Seattle, nous avons eu des réactions très différente. Elle a détesté d'emblée: le rapport entre les gens trop superficiel, la nourriture immonde, l'hypocrisie latente sur des sujets comme l'alcool, l'absence de convivialité... En revanche, elle supportait bien le fait d'être loin, aimant l'aventure.

Moi c'était l'inverse: ayant déjà vécu aux US, je retrouvais un vieil ami en quelque sorte, et je me suis tout de suite plu. Toutes les expériences me fascinaient et la vie française ne me manquait absolument pas. J'avais par contre beaucoup de mal à me faire à l'idée que je ne verrais pas grandir les enfants de mes amis, qu'il y avait un risque que mes grand-parents meurent en notre absence etc. Ce qui est arrivé, pour chacun d'entre nous, malheureusement.

Précisons que nos impressions ont changé considérablement au cours de ces 5 ans et que Celia ne déteste plus Seattle, bien évidement, sinon nous ne serions pas resté si longtemps, cela illustre juste le choc culturel dont je vais parler plus loin.

Il y a quelques mois, j'étais terrorisé de retourner en France. Peur de retrouver les défauts supposés de la France, peur de retourner dans le béton de Paris... Mais aussi une peur bien plus  insidieuse : la peur de la fin de l'expatriation, de la fin de l'aventure, de la fin du rêve. Car c'est un peu un rêve, une aventure, une vie moins ordinaire que d'être expat, et on s'accroche et on devient fier de ce sentiment de vivre quelque chose d'exceptionnel au quotidien, de vivre à l'étranger, de voyager. Sans se rendre compte qu'en fait, on bosse toute la journée, on rentre épuisé, on n'a presque pas de vacances alors on les passe en France voir la famille, du coup on ne voyage en fait pas du tout...

Si j'étais resté en France pendant ces 5 ans, je serais allé au minimum une fois par an dans un pays étranger, avec en tête de liste Norvège, Turquie, Australie, Nouvelle Zélande (je sais, j'ai la chance de pouvoir faire cela). Au final, en 5 ans, nous sommes allé 3 fois à Portland, une fois à San Francisco et 3 fois à Vancouver, à chaque fois juste quelque jours. Tous les autres voyages, nous sommes rentré en France. Conclusion, en fait de vie de voyage et de vie moins ordinaire, c'était surtout une vie stressante, épuisante et avec des contraintes incroyables.

C'est difficile de s'en rendre compte, de se rendre compte que la vie dans un pays ou une ville ne nous convient pas. Comme on est constamment déstabilisé par la nouveauté, par l'exotisme, on ignore souvent des signaux importants. Par exemple, j'ai toujours dit que Seattle était une ville magnifique et que la nature était absolument incroyable et que je ne pourrais plus vivre ailleurs... Sauf que lorsque nous sommes allé en 2010 à San Francisco, une ville avec un vrai centre urbain un peu similaire à Paris en terme de densité de choses à faire, j'ai eu l'impression de revivre. Mais vraiment quoi, j'ai eu l'impression de revivre, de me retrouver, de me ressourcer. Oui, la nature me coupe le souffle, mais en fait au jour le jour, j'aime la ville, j'aime descendre au bar en bas de chez moi prendre un (vrai) café et discuter avec mes voisins, j'aime me balader sans fin dans une grande ville... Et cela m'avait manqué, la vie dans une ville très décentralisée comme Seattle étant très différente (et encore, ce n'est pas L.A).

Car il y a un autre facteur important: l'adaptation culturelle. Et là encore, j'ai eu beaucoup de mal. Je me rappelle très clairement, il y a quelques années, nous avions reçu une jeune française qui bossait à Vancouver mais qui passait à Seattle. Lors du dîner, je me suis senti plus proche d'elle que de mes meilleurs amis américains, et j'en ai fait la remarque à Celia alors que nous rentrions chez nous: j'avais l'impression de la connaître depuis des années alors que je galérais vraiment pour arriver à tisser des liens avec mes collègues. Il faut remarquer aussi que c'est un problème spécifique à Seattle qui est bien connu (le "Seattle Freeze"). Des américains venant à Seattle ont le même problème et galèrent à se faire des amis, il y a vraiment un truc spécifique à cette ville. Les gens sont sympas, vous discutez en soirée, et on ne vous rappelle jamais. J'en reparlerais.

J'en parlais hier soir avec une amie anglaise expatriée à Paris, qui comprend assez bien de quoi je parle: il y a vraiment une culture européenne, un mode de pensée qui se ressemble, même pour les anglais qui sont anglo-saxons. Mon amie est allée aux US et décrivait un peu ce que j'essaye de vous expliquer: elle avait beau parler la langue, fondamentalement elle n'arrivait pas à "connecter" avec les américains, il y avait trop de différence dans la manière de penser (rien que dans le "Have a good day!" qui conclu une conversation et qui aux US devient "Have a fantastic/awesome/incredible/best day of your life!" on sent une différence profonde sur la manière de voir la vie, modération contre excès pour simplifier).

Au bout d'un moment, il devient très difficile de vivre dans un pays dont on ne partage pas les valeurs de base. Il m'est arrivé, en parlant avec un de mes meilleurs amis, pourtant démocrate et vraiment éduqué, de tomber des nues lorsque de nulle part, on s'embrouillait sur un truc donné (du type pour ou contre la peine de mort, si vous voulez), et que je me rendais compte que nous avions des valeurs complètement différentes et que nous n'arriverions jamais à nous comprendre. Parfois, ce n'est pas grave, la différence est enrichissante... Et parfois, c'est très dur, quand cela touche à des concepts comme la solidarité entre les gens par exemple. Parfois, c'est inacceptable, cela entre trop en conflit avec nos valeurs. Ce n'est pas grave, hein, chacun ses opinions et sa vie... Mais dans ce cas, il faut accepter que l'on n'est juste pas fait pour vivre ensemble et que cela n'est pas grave.

 J'ai d'ailleurs assez peu d'ami proches à Seattle, et comme par hasard, mes meilleurs amis étaient soient des expats (turcs, français), soit un ami très cher qui a passé plusieurs années en France, soit une autre qui a voyagé pendant des mois au Tibet... Je crois que je n'ai que deux couples d'américains relativement standards que je considère vraiment comme des amis proches, et en y réfléchissant bien, l'une d'entre elle a passé son enfance à Chypre... Comme quoi, il n'y a pas de hasard.

Il y a donc une combinaison de trois choses qui font que je ne pense pas être fait pour vivre là-bas: ce conflit de valeurs de bases entre ma culture et la culture américaine (un autre exemple dont il faudrait reparler, l'éducation des enfants), les contraintes épuisantes que cela crée sur les voyages et sur la vie de famille au sens large, et la vie de tous les jour, le lien entre les gens, notre identité profonde, ce qui fait que l'on est français. Tiens, anecdote, j'ai complètement halluciné au petit supermarché de quartier, au rayon pâtisserie... Même les produits surgelés, c'est "petite tarte aux pommes avec son glaçage de mousse de citron". Si vous saviez à quel point ce qui passe pour de la pâtisserie de qualité aux US est immonde à coté... C'est aussi cela, la culture, la vie de tous les jours... Et je me rends compte qu'en temps que français, oui, cela m'importe, oui, j'aime manger à un point qui ne se trouve dans aucun autre pays. C'est notre truc, et ça m'a manqué.

En fait, pour être heureux à Seattle, il faudrait que je puisse prendre l'avion à volonté pour les occasions spéciales (naissances/mariage/décès), que je puisse prendre des vacances "ailleurs", et que je puisse passer 6 mois par an à Paris pour satisfaire mon "besoin de ville et de France". Bien sûr c'est impossible.

Au final, je vous écris de mon canapé, avec mon chat sur les genoux, comme d'habitude. J'aime mon appartement, ses beaux parquets en chêne, il est agréable, cosy, il a bien plus de charme et de caractère que les constructions en contreplaqué modernes de Seattle Je connais tous mes voisins qui me filent des coups de mains régulièrement (je n'ai jamais parlé à un voisin à Seattle), et inversement. J'ai un rade en bas de chez moi où je peux aller traîner quand j'ai un coup de flemme. En 15 minutes, je suis à Notre-Dame et je peux me gorger des vieilles pierres que j'aime tant. J'ai eu quasiment deux ou trois fois par semaine du monde à dîner chez moi (aux US, c'est super dur de bouger les gens). J'ai pu aller voir ma grand-mère qui a Alzheimer et apporter un peu de soutient à mon grand-père en personne plutôt que juste l'appeler au tel. Bref, mon âme n'est plus déchirée par cette plaie béante qu'est la contrainte de la distance, l'impression de vivre une autre vie dans un autre monde, les chaines très réelles imposées par les statuts d'immigration aussi (je me suis parfois retrouvé coincé aux US, n'ayant pas le droit de sortir sous peine de ne pouvoir re-rentrer, je vous assure, c'est pénible).

C'était une expérience à faire, c'est sûr, et si je n'avais pas été malade, cela aurait probablement été plus facile, j'aurais eu assez d'argent pour prendre des congés sans solde et nous permettre de souffler un peu. Si c'était à refaire, je le referais, mais probablement moins longtemps. Paradoxalement, je crois que je projetais tellement de choses sur le retour en France (et franchement avec un vécu merdique comme le mien, je vous met au défi de faire le contraire) que je ne me rendais pas compte qu'en fait, c'était ce dont j'avais besoin, de rentrer. Je crois que de toute façon on ne peut vraiment s'en rendre compte que lorsque l'on est vraiment rentré.

Attention, durant tout ce post, j'ai passé mon temps à parler de tout ce qui m'a rendu cette expérience difficile, mais rappelez vous bien aussi qu'en moi coexistent deux sentiments et que j'ai vraiment adoré cette ville. On peut aimer passionnément, et j'emploie ce mot à dessein, quelque chose qui nous cause aussi beaucoup de souffrance, nous ne sommes pas des créatures binaires. Paradoxalement, je vais aussi maintenant souffrir d'être loin de Seattle, mais toute la subtilité est là: qu'est ce qui me fait le moins souffrir, qu'est ce qui me rend le plus heureux?

J'ai passé la dernière semaine à un séminaire de méditation de mon école, qui se déroule dans une vieille ferme transformée en maison d'hôtes. J'ai passé des heures à regarder les vieilles poutres de ma chambre avec les larmes aux yeux. Des poutres plus vieilles que Seattle, j'en suis à peu près persuadé. Je me suis goinfré le matin de baguette chaude à la table communale. J'ai mangé goulûment du pain d'épice fait maison par notre cuisinière Marie-Pierre que je connais depuis presque 10 ans et j'ai eu presque une expérience mystique en goûtant ses poires au vin et à la cannelle (c'est tellement simple! pourquoi cela n'existe pas ailleurs?). J'ai discuté pendant des heures adossé à un vieux mur de pierre plusieurs fois centenaire avec des amis qui, s'ils ne sont pas toujours de mon avis, partagent mes valeurs fondamentales et me comprennent sans que j'ai besoin de parler. J'ai médité à la chaleur du poêle et j'ai rentré du bois avec un de mes meilleurs amis. J'ai râlé de ne pas m'être fait contrôlé dans le train et donc d'avoir "payé pour rien". J'ai acheté un chausson au pomme à mon ami en me goinfrant d'une torsade au chocolat.

Je suis chez moi, enfin.

dimanche 30 novembre 2014

De rouille et d'os

Et merde.

Je voulais vous parler du film "De rouille et d'os" pour vous conseiller très vivement de le voir, et j'ai oublié. Je viens de m'en souvenir en zappant sur les dernières minutes du film.

En quelque mots, ce film raconte l'histoire d'une jeune femme dresseuse d'orques dans un delphinarium qui perds une jambe suite à un accident (elle se fait bouffer, en gros et en simplifiant). Ce film m'a littéralement transpercé. Tout le film est bon, mais il y a une scène particulièrement dure où Marion Cotillard se réveille amputée. Elle découvre son amputation au réveil, n'ayant pas repris conscience depuis l'attaque.

Bon vous vous doutez que l'annonce de diagnostique pas jobard, je connais. Mais là, se réveiller avec un bout de soi en moins sans avoir eu le temps de digérer, de réfléchir, de se préparer... C'est insoutenable. C'est d'autant plus insoutenable que je sais ce que ça fait et que c'est PIRE. A la limite, quelqu'un qui n'a jamais eu de diagnostic épouvantable dans sa vie, bon ben il imagine, mais ce n'est que cela, de l'imagination matérialisée par la performance d'acteur (excellente). Mais quand on a vécu un truc du genre, je vous assure que:

  • c'est bien joué et pas fake (contrairement à une expérience littéraire ratée que je ne mentionnerais même pas)
  • Les conséquences sur le psychisme sont bien explorées, 
  • c'est insoutenable pour moi parce que ce n'est pas de l'imagination. Je sais exactement ce qu'elle ressent à ce moment, ayant vécu un truc similaire avec l'insertion du Hickman dans la poitrine (je vous assure que d'avoir un tube de plastoc qui dépasse du pectoral et qui est inséré de manière permanente en vous, c'est pas trivial comme expérience). Je laisse au lecteur l'exercice de retrouver la photo de mon Hickman sur ce blog. 
  • Les conséquences de la douleur physique sont assez bien explorées (quelque part, je me demande si des gens autant amochés que nous peuvent vivre avec des personnes qui ne sont pas autant amochées justement, parce que qui d'autre peut partager le quotidien de quelqu'un comme nous que quelqu'un qui souffre aussi constamment et qui comprend ce que c'est? Parce qu'attention, c'est incompréhensible quand on ne le vit pas directement, faut bien en être conscient... enfin bref). 
Bref, regardez ce film quoi. Trouvez le en VOD, démerdez-vous (justement il se trouve que j'ai mal un peu partout ce soir alors j'abrège, désolé)


Cela me fait penser, il faut que j'ajoute deux trois choses.

Je ne sais pas bien ce qui m'a amené à cela, mais je me suis fait la réflexion hier matin que si l'on m'accordait un vœu, en dehors des évidences que sont "la santé" et des trucs plus personnels, je demanderais que l'on m'accorde un jour, un jour comme il y a six ans maintenant. Un jour de liberté avec mon corps d'avant, à dévaler les pentes de Montmartre vers Place Clichy et Saint Lazare à roller, à traverser Paris à roller à toute vitesse, infatigable, la musique à fond dans les oreilles, sans soucis, sans pensée, sans fatigue, sans douleur autre que celle des muscles qui réagissent d'eux-même aux changements de la route.

Putain ce que je donnerais pas!

Bon bref j'avais un autre truc en tête, mais je ne me rapelle plus alors tant pis.

Ah si... Ce film qui m'a tant marqué, forcément, c'est une histoire d'orque...

dimanche 23 novembre 2014

Retour à Paris: impressions

Voilà deux mois que je suis rentré à Paris et je commence à avoir le recul pour vous en parler.

On ne vas pas se mentir, ces deux derniers mois ont été assez violents. Changement d'appartement, de pays, de système de santé, de système social, de médecins... Chacun des ces événements pris individuellement peut-être assez traumatisant alors tous ensembles, c'est un peu le cocktail explosif. Pourtant, cela va relativement bien, je m'adapte sans trop de problèmes. Il n'y a qu'un seul truc qui soit vraiment dur, c'est d'être seul le soir, pour le reste, je vis ça plutôt bien. Il faut dire que je crois que la leucémie m'a surentraîné à accepter le changement et à complètement m'abandonner et lâcher prise face aux événements quels qu'ils soient.

Je pensais que le retour en France provoquerais un gros choc culturel, mais en fait non. Comme je suis rentré un mois en Juillet avant de rentrer définitivement, j'ai eu le temps de reprendre mes marques. J'habite dans l'appartement dont je suis propriétaire à Vanves, que je louais pendant ces cinq ans (par chance, les locataires sont partis en Juin). Cela m'a fait très bizarre, de revenir dans cet appartement. Je l'ai quitté à un des moments les plus heureux de ma vie, juste après notre mariage, et je le réintègre cinq ans plus tard, fatigué, en souffrance, sans femme, sans boulot. De ces cinq ans, j'ai gagné deux chats, beaucoup, beaucoup de cicatrices et pas mal de plomb dans la tête. Il y a cinq ans, je regardais par la fenêtre en rêvant d'ailleurs, aujourd'hui, je regarde par la même fenêtre en pensant aux amis que j'ai laissé là-bas, aux paysages magnifiques de l'état de Washington avec, je dois l'avouer, un peu d'amertume. J'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose, mais est-ce vrai? Comment aurais-je pu vivre ces années de façon plus intense qu'en ayant cette foutue leucémie? C'est un peu extrême comme point de vue, et j'en ai conscience, douloureusement conscience.

Je regrette un peu de ne pas avoir eu plus l'opportunité de travailler, j'ai bossé pendant un an et demi où j'ai eu le sentiment d'apprendre plus qu'en cinq ans à Paris et j'aurais aimé aller plus loin... Mais d'un autre côté, ce regret, c'est un regret du Loïc d'avant. Le Loïc d'aujourd'hui s'en moque comme d'une guigne. C'est bizarre d'ailleurs cette schizophrénie: j'ai changé beaucoup plus vite que l'on ne change normalement (d'ailleurs certains vous dirons qu'on ne change pas, hors circonstances extrêmes). J'ai encore des souvenirs, des à priori sur mon caractère et sur ce que je désire (ou pas) qui sont ceux du Loïc d'avant et je m'aperçois petit à petit qu'il faut que je réactualise ma "cartographie" intérieure.

L'une des choses qui a été les plus dures d'ailleurs depuis que je suis rentré, c'est de faire face à l'incompréhension de mes proches, qui s'adressent à quelqu'un qui n'existe plus. Je pense que tous les expatriés rentrant au pays sont changés de façon assez profonde ce qui peut compliquer les relations avec les gens, Dans mon cas, c'est encore plus compliqué que cela: en plus de mes valeurs et de ma culture, ce sont mes comportements les plus profonds qui ont changés. L'avantage c'est que comme j'ai appris à lâcher prise, je m'adapte à cette incompréhension, après un moment assez bref de colère.

Donc, le choc de rentrer en France... Oui, c'est vrai, tout est différent: les routes sont étroites, il y a des pharmacies partout, les bâtiments sont tous en dur et pas en bois, les parcs et l'éclairage municipal sont bien entretenus, les trottoirs sont crottés, les pains au chocolat sont bons et ne coûtent rien... Quelque part, je m'adapte bien parce que c'est une expatriation à l'envers: je viens d'arriver dans un pays étranger qui est la France, et j'apprends les coutumes locales avec une part certaine d'émerveillement, comme lorsque je découvre que je peux acheter pour 3 euros du foie gras à mon Intermarché (désolé Eric ;p). Oui, je vous assure qu'au bout de 5 ans dans un pays étranger, on oublie ce genre de choses.

Cela fait du bien de retrouver ses amis français, je dois dire. Aux US, j'ai eu du mal à me faire beaucoup d'amis et d'ailleurs c'est quelque chose de spécifique à Seattle: des américains qui viennent habiter à Seattle alors qu'ils sont adultes ressentent la même chose. C'est un peu triste à dire, mais le courant passe plus facilement entre moi et ma coiffeuse ici qu'entre moi et certains de mes amis américains: nous avons un référentiel commun, je marche beaucoup moins sur des oeufs et je n'ai pas peur de faire un impair à chaque détour de phrase. Il y a plein de choses dont on ne peut pas vraiment parler aux US, qui sont très sensibles et que l'on réserve vraiment à ses meilleurs amis, et encore. Ici, les conversations sont beaucoup plus faciles et fluides et c'est assez relaxant.

Le paysage absolument magnifique de Seattle me manque, c'est sur. De ma fenêtre, je voyais les Olympics, je voyais le Puget Sound et la Space Needle, j'avais vue sur un parc et quand je sortais faire les courses le matin (hum, l'après-midi  ^^), cela sentait la mer... Ici à Vanves, ma fenêtre donne ouest aussi, c'est lumineux.. Mais j'ai vue sur une cour et c'est l'odeur de pot d'échappement qui m’accueille. Pourtant, je ne suis pas sur d'y perdre au change. Je ne vais que rarement dans Paris, tous les jours je me promène dans Vanves qui est une petite ville très agréable, avec une ambiance de village vraiment particulière. Vanves, c'est un peu le secret bien gardé de la banlieue Parisienne: personne ne connait, et les vanvéens en sont très content car eux seuls savent qu'il est possible de vivre dans une ambiance calme et détendue si près de Paris.

Un autre truc qui permet d'adoucir le retour, c'est Paris justement. Il y a des gens qui m'ont dit "Ah, mais moi je pourrais pas vivre à Paris, pour ceci ou pour cela..." Bon ben c'est très bien pour vous, (d'ailleurs, parlez moi plutôt de ce que vous aimez, cela me changera...) mais en attendant, moi j'adore Paris. J'adore les monuments, j'adore toutes ces/ses vieilles rues et ses vieux quartiers, j'adore le fait qu'après 8 ans à Paris j'ai encore des tonnes de choses à découvrir. Il y a toujours un monument, un musée, une expo, que l'on n'a pas faite. C'est un truc qui me manquait sévèrement à Seattle, on avait vraiment l'impression d'avoir tout fait de multiples fois et on ne savait plus vraiment quoi inventer pour s'occuper le week-end. C'est une ville tournée vers la nature, le week-end tout le monde part camper... Ce qui est très bien sauf que 9 mois de l'année durant, il fait un temps pourri et camper dans ces conditions, moi ça me fais suer (je ne suis pas contre camper l'été attention!). C'est amusant d'ailleurs, car à Seattle je me disais que jamais je ne pourrais vivre à nouveau à Paris, que c'est une ville trop étouffante, sans vert, sans océan... Mais je me rends compte que je m'y fais très bien et cela m'avait manqué ces vieilles pierres. Justement le fait d'habiter à Vanves me permet d'avoir un cadre un peu plus calme, avec des supers parcs pas loin de chez moi, tout en étant vraiment près de tout ce que Paris a à offrir. C'est sur que je ne pourrais plus vivre dans le 18ème comme je l'ai fait de 2002 à 2008.

Voilà, j'ai encore pas mal de choses à raconter sur l'impatriation mais je le ferais plus tard.

lundi 3 novembre 2014

"The Law of the Plains", prologue et premier chapitre: dispo :)

Et voilà j'ai mis en ligne le premier chapitre de ma nouvelle de SF.

The Law of the Plains, Chapitre I.

Encore une fois, c'est en anglais, je suis désolé. Vous pouvez faire comme mes amis américains ont fait pour ce blog, utiliser le widget Google Translate qui se trouve dans la barre de droite... Il y aura de la perte, mais cela vous donnera une idée de l'histoire. J'espère que ça vous plaira en tout cas, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires ici où là-bas! ;).



Mon nouveau projet: "Les citées assiégées"

Salut à tous, et oui je vais encore m'excuser de ne pas avoir posté depuis longtemps, mais d'une part j'ai été très occupé (les démarches RSA, CAF, CMU..., c'est long!). et d'autre part comme je vous dit de temps en temps, ben en fait j'écris beaucoup, mais ailleurs, sur un bouquin de science-fiction et sur un bouquin basé sur ce blog. 
J'en ai parlé à un ami qui a pas mal de succès en publiant un jeu vidéo indépendant (gratuit, il fonctionne sur un système de donations), je lui ai fais lire la nouvelle que j'ai fini il y a quelques semaines, et il a vraiment bien aimé. Pour le coup, ça m'a vraiment fait plaisir parce qu'il a un sale caractère (désolé, N. :p) et qu'il adore la Science-Fiction et la Fantasy. Mais  surtout il est très critique et il n'hésite pas à dire ce qu'il pense donc s'il ne pose pas le truc après une page, c'est que je tiens un truc. 
Bon et donc il m'a convaincu que maintenant que j'avais cette nouvelle terminée, il ne fallait pas juste la laisser prendre la poussière sur une étagère virtuelle et qu'il fallait que je la publie sur un blog, juste pour faire découvrir mon monde. 
Alors je me suis exécuté, j'ai configuré un blog, j'ai écrit quelques textes explicatifs, j''ai tout mis en place pour pouvoir publier la nouvelle petit à petit lors des prochaines semaines. Je suis sur le point de vous donner le lien, et honnêtement je suis terrifié. Jusqu'à maintenant, j'étais tout fier de montrer mon travail à ms amis, mais cela ne m'engageait à rien. Là, de tout publier sur un blog, ça rend tout le truc bien plus réel, je me sens plus ou moins obligé de finir ce que j'ai commencé, mais si au final mon bouquin était vraiment pourri? Et problème subsidiaire, c'est très différent de faire lire un texte à un ami qu'à des étrangers, et pour une raison que j'ignore, je suis beaucoup plus "impressionné" à l'idée de présenter de la fiction, mon monde intérieur si l'on veut, que des posts basés sur la réalité.
Bref. Je me lance. Tout se passe ici:
Pour l'instant il n'y a pas grand chose, juste quelques posts donnant une image succincte du projet et introduisant la nouvelle que je vais publier dans les jours qui viennent. Je mettrais le premier texte en ligne demain. J'espère que cela vous plaira, malheureusement c'est en anglais donc je vais perdre certains d'entre vous en  route et j'en suis désolé.
J'espère que cela vous plaira.


dimanche 26 octobre 2014

Coincidences

Il vient de m'arriver un truc vraiment bizarre.

Hier, je n'ai rien fait de la journée, j'étais démonté par ma journée de vendredi où j'ai été faire des trucs dans Paris. Je me suis juste sorti pour aller à la pharmacie, chercher ma prednisone. 

Un jeune médecin me sert, on discute un peu de je sais plus bien quoi, et à un moment je lui sors: "En fait la prednisone c'est pour le rejet de greffe, j'ai eu une leucémie". 

Il "bug" pendant une ou deux secondes, me regarde et me dit, "Vous allez jamais le croire, j'ai eu une leucémie quand j'avais 6 ans. Vous avez eu quel type? Parce que le type que j'ai eu, vous devinerez jamais, c'est trop rare". 

Je lui sors: "Ça serait pas une leucémie aiguë lymphoblastique par hasard". Il bug à nouveau... "Vous aussi?". Ben ouais. 

Alors seule différence entre nous il n'avais pas le chromosome de Philadelphie donc il n'a pas eu besoin de greffe. J'ai pu lui poser une question qui me taraude depuis des années: "Comment des enfants qui n'ont pas une psychologie construite et solide peuvent ils appréhender ce genre de chose sans complètement devenir cinglés, quels sont les conséquences psychologiques?".

Il m'a expliqué qu'en fait il ne se souvenais pratiquement pas, que ses seuls souvenirs étaient de dormir avec sa mère à l'hosto. Il n'avait pratiquement pas de souvenirs des trucs les plus pénibles comme les aspirations de moelle. Apparemment il y a des études qui montrent qu'il y a plus de dépressifs chez les gamins ayant subit des cancers, ce qui ne me surprend pas trop (je pense qu'en fait il doit y avoir plus de population aux deux extrême, dépression et gens qui profitent vraiment de la vie, sans compter les gens qui comme moi oscillent entre les deux suivant l'humeur, la fatigue etc). Bref, en tout cas il était super sympa et agréable et il avait l'air vraiment heureux.

Aujourd'hui j'ai pris un taxi (long story). Bon faut savoir que maintenant, je cause à tout le monde. Rappelez-vous mon post précédant, où je disais qu'il y a des gros changement dans ma personnalité? Avant j'étais plutôt mutique dans un taxi ou chez le coiffeur "SVP me causez pas je suis en train de rêver...". Maintenant, je raconte ma vie, ou  plus intéressant je fais en sorte que les gens me racontent la leur. 

Là on causait du boulot de taxi, du fait qu'ils font des grosses heures mais qu'ils ont une flexibilité totale. Il me demande alors ce que moi je fais, ça vient d'un peu nulle part, on était en train de parler de l'organisation de taxis G7. Et là, alors que j'essaie vraiment de pas en parler parce que j'en ai marre qu'on voit que l'ex-malade en moi, je lui balance à nouveau, comme le jour d'avant, que j'étais aux US, mais que j'en ai pas profité à fond, parce que leucémie et tout le toutim, vous connaissez l'histoire. 

Le taxi me regarde dans le retro et me dit: "Je comprend, ma fille de 4 ans à une leucémie depuis Janvier, elle vient de finir la chimio, elle est tirée d'affaire." 
J'ai cru que j'aillais me mettre à chialer, sans déconner. Pourquoi ce taxi? Pourquoi à t-on parlé de cela? 

Pourquoi tombe-je sur deux malades coup sur coup, dès que je sors de chez moi, à un moment où je suis fatigué et passablement déprimé? 

Ce qui est vraiment cool en plus c'est qu'à la fois cela me fait du bien, car je vois des gens qui s'en sortent et qui sont forts et qui prennent les coups de la vie sans fléchir, et parce que je leur envoie le même message en leur disant, voilà, moi aussi je suis tiré d'affaire, pas de raison d'avoir peur pour votre petite, cela marche!

Bon je vais terminer ce post avec un nouveau truc, une espèce de tradition que je voudrais instaurer sur ce blog: je vous recommande un truc par post. 
Ici, je vais vous recommander d'aller voir les vidéos "Kids react" sur Youtube.

Je vous met un épisode tout à fait au hasard (yeah, right).
Dernière chose, ce post est un premier jet non relu, pas le courage de faire plus. Désolé si des erreurs traînent.


vendredi 24 octobre 2014

Réalisation profonde

Je viens de réaliser deux choses très importantes.

L'une d'entre elle m'est venue ex-nihilo, c'est une compréhension profonde sur mon fonctionnement interne et l'autre quelque chose que plusieurs personnes s'évertuent à m'expliquer depuis des lustres sans que j'arrive à vraiment le percuter réellement.

La première chose est assez personnelle, j'hésite même à en parler car cela ne regarde personne d'autre que moi, mais je pense que cela peut servir à des gens en souffrance, alors je me lance.

Tous les gens qui me connaissent vraiment bien (donc maintenant, vous) savent que j'ai un certain problème avec les substances psychotropes. Je vais toujours dans l'excès et j'ai de 2002 à 2004 vécu deux années effroyables à fumer joint sur joint (de hashish) dès que j'étais sorti du boulot, le boulot étant le seul endroit ou j'étais "sobre". Un instinct de préservation primaire, je me rendais bien compte que l'essentiel c'était quand même de gagner de quoi croûter. Malgré cela, je pense que mes abus m'ont quand même amené sérieusement près de me faire virer, parce que bon, même si vous n'êtes pas éclaté au boulot, à un moment, la fatigue d'un mode de vie vraiment pas sain s'accumule et se ressent sur le travail que vous produisez.

Bref, à l'époque mes proches voyaient cela comme l'expression d'un mal être, une fuite en avant, une manière d'éviter la réalité. Soyons clair, il y avait un peu de cela: je n'étais pas préparé à me confronter au monde du travail, fondamentalement je ne suis pas vraiment branché pour être heureux dans un travail de bureau (même si j'assure aux employeurs potentiels qui me lisent que quand je m’attelle à un boulot je bosse dur et je suis en général bon dans ce que je fais, de toute façon c'est simple je ne fais que ce qui me plait, donc si je travaille pour vous c'est que je suis motivé, sinon je n'arrive pas à me forcer, et c'est un mécanisme inconscient, je suis branché comme ça, c'est tout... mais je digresse).

J'ai réalisé ce matin en méditant qu'en fait, depuis longtemps, je cherche à voir au delà de la réalité. J'ai compris depuis longtemps que la réalité que nous expérimentons est subjective et sujette au filtre de notre mental. Si vous ne comprenez pas le concept, buvez 3 bières, vous verrez que le monde change, CQFD. Et donc depuis longtemps, j'essaie d'explorer ce qu'il y a au delà, je me rappelle d'ailleurs d'expériences vraiment géniales de trip en ayant fumé des pets où j'étais juste étendu dans mon lit a écouter de la musique et à l'expérimenter d'une manière complètement différente que quand j'étais sobre, avec en particulier des expériences de synesthésies (voir des sons par exemple). Attention, je ne fais pas l'apologie de la fumette, je suis assez bien placé pour vous dire que cela devient assez vite un piège et une véritable prison, un enfer personnel (et un enfer pour vos proches). Mais il y a des expériences à faire, cela aussi est vrai. D'ailleurs, petite note, je me suis tiré de cela tout seul comme un grand en me remettant aux arts martiaux, qui sont un peu incompatibles avec ce style de vie. J'ai eu un choix à faire, et j'ai choisi les arts martiaux. Au passage, je remercie mes tontons (E. et T.) qui m'on vraiment aidé à faire le point à un moment critique.

Bref, tout cela pour dire que je ne cherchais pas tant à fuir la réalité qu'à voir plus loin. Je ne savais pas à l'époque qu'il y avait pleins de techniques comme la méditation permettant d'avoir ce genre d'expériences, de façon saine et surtout autonome. En fait, pour moi le travail de méditation que je fais maintenant est la suite des expériences de fumette, et je suis désolé si c'est dur à comprendre ou à admettre, mais c'est vrai. D'où aussi les confrontations parfois dures avec mon entourage qui faisaient un peu fausse route en me disant que j'allais mal: oui, certes j'allais mal, mais surtout parce que je cherchais quelque chose de la mauvaise manière et que je n'aboutissais nulle part (au passage, un jeune qui se drogue, c'est rarement simplement pour le fun de la substance, il y a quasiment toujours une raison sous-jacente à trouver si vous voulez l'aider et puis au bout d'un moment il y a le problème de la dépendance, qui vous paralyse même si vous détestez votre addiction).

Voilà pour la première prise de conscience, honnêtement je ne m'attend pas à ce que vous compreniez, et je ne vous prend pas pour des débiles, c'est juste que c'est très particulier comme vécu et que c'est un sujet où les émotions obscurcissent assez fortement... la réalité.

La deuxième réalisation que j'ai eu ce matin est très différente. J'oscille en permanence entre une timidité maladive et le besoin maladif de m'exprimer (cf ce blog) et de transmettre ce que je découvre. Remarquez que je n'ai mis sur ce blog des photos de moi à visage découvert que très récemment, par exemple.

Ce qui est assez bizarre, d'ailleurs, c'est que je me "pense" comme étant timide, que j'ai l'impression d'avoir peur de parler en public et d'être terrorisé par cela, mais j'ai eu quelques expériences récentes où pris par surprise, je parle sans problème devant une large assistance sans aucune peur. Je suspecte assez fortement que j'ai changé depuis trois ans et que certaines données que j'ai sur mon caractère ne sont plus d'actualité. Je dis par exemple parfois que si j'étais face à Obama, je pourrais lui dire d'aller se faire cuire un oeuf sans être impressionné le moins du monde, et je suspecte fortement que c'est vrai. Après tout il fait caca comme tout le monde (désolé maman). En touchant le fond, j'ai réalisé qu'on était tous égaux, si l'on veut, même si c'est un peu plus compliqué que cela.

Donc j'ai percuté ce soir que si je voulais me "réaliser", il fallait que je passe par le fait de parler en public.  Mon prof me le répète depuis des années, Celia m'exhorte depuis des années à parler aux "ignite", ma prof de tambour chamanique me l'a dit il y a quelques mois ("Trouve ta voix, tout le reste suivra", et en anglais pas de méprise possible sur Voie/Voix). Mais c'est en lisant quelqu'un qui a un parcours similaire au mien qui était d'une timidité maladive et qui a du combattre cette peur et parler en public pour devenir ce qu'il devait être que j'ai finalement vraiment compris que je ne pouvais pas éviter cela beaucoup plus longtemps. Si je ne suis pas la voie que les esprits ont décidés pour moi, je vais vers une vie de malheur... C'est un peu con. Autant se bouger un peu les fesses.

Bon, je comprend vite, mais il faut m'expliquer longtemps.

Voilà donc si certains d'entre vous cherchent quelqu'un pour parler de la maladie, de la douleur, du rapport à la mort ou de trucs connexes, vous savez ou me joindre, faut que je me botte le cul un peu et que je me lance quelque part (ce qui n'empêche que je vais chercher de mon coté).

Et vous, qu'est ce que vous devez faire dans la vie que vous ne faites pas, par peur?

mardi 14 octobre 2014

Faut arrêter de penser qu'au pognon, merde!

Depuis un moment je suis les activités d'un sacré débile nommé David Laffargue.

Alors en fait, ce mec, c'est tout sauf un débile comme il le prétend, parce que s'il était vraiment débile il serait déjà mort, étant donné que son passe-temps favori c'est le BASE jump.

Parmi ses conneries les plus marrantes, citons un saut depuis le viaduc de Millau, un autre depuis la Défense... Difficile de les citer toutes, le gars est inventif, essayant par exemple de bouffer une banane en sautant du haut d'une tour à Kuala-Lumpur (conseil d'expert, apparemment il faut peler la banane avant car sinon avec le vent relatif on se retrouve à bouffer la peau et c'est pas bon).

Mais dans toutes ces/ses conneries, il y a une gemme que j'aime particulièrement, où il parle de comment il finance sa vie de barge.

Et je trouve sa réflexion particulièrement pertinente, eu égard à l'obsession maladive que notre société a envers l'argent. Si tout le monde pensait comme lui, on aurait surement moins de problèmes...

Bon je vous laisse vous marrer en regardant les 3 premières vidéos, mais regardez surtout la dernière!

Et salut à David et à Pierre!









dimanche 28 septembre 2014

Le jeu des 10 livres sur Facebook, deuxième partie

Bien.

Juste pour donner quelques news, l'arrivée à Paris s'est faite sans trop de mal grâce notamment à l'aide de mes parents et de mes frères d'armes, qui ont assuré comme des bêtes. En parlant de bêtes, les minettes s'adaptent. Lhassa est souvent assise face à la porte, comme si elle attendait Celia. Luna a vraiment souffert du stress et se remet doucement. Quelque part, cela nous a rapproché, elle ne me quitte pas d'une semelle et dors avec sa tête dans ma main, c'est assez cool. La reprise de contact avec la France, bon, ben c'est compliqué, je vous raconterais plus tard.

Les 10 livres qui m'ont marqué donc.

En quatrième position, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand

Que dire, que dire, que dire, face à un tel monument? J'ai d'ailleurs l'impression que c'est un monument qui n'est pas aussi connu et apprécié qu'il le mérite, mais bon. Pour moi, et c'est un avis purement subjectif, c'est juste le meilleur texte que je connaisse à tous les niveaux, que cela soit sur le plan de l'intrigue, de ses personnages, ou tout simplement et principalement de la qualité de l'écriture.

Je ne sais pas pour vous, mais en lisant Cyrano, j'ai ce sentiment que c'est le texte le mieux écrit de la littérature, point à la ligne. J'avoue ne pas connaître Shakespeare très bien, surtout je ne l'ai jamais lu dans le texte (une erreur que je vais réparer un jour ou l'autre puisque j'ai l'intégrale de son œuvre), mais c'est à peu près le seul écrivain que je voie qui puisse arriver à la cheville d'Edmond Rostand. J'avoue aussi ne rien connaître d'autre de Rostand que Cyrano (il a écrit d'autres pièces pourtant) alors que Shakespeare est connu pour de multiples œuvres, mais bon ce n'est pas une compétition, nous parlons de Cyrano là et c'est un texte exceptionnel.

Je crois que ce qui me troue (désolé pour la crudité, mais c'est vraiment comme cela que je le ressens, je ne suis pas juste impressionné, je suis juste  complètement abasourdi), ce qui me troue donc à chaque fois que je lis Cyrano, c'est à quel point ce texte est "effortless", mes excuses pour l’anglicisme. C'est à dire que l'auteur arrive à ce tour de force d'écrire une pièce de la taille d'un roman entièrement en vers. Mais non seulement on a l'impression qu'il arrive à ce tour de force absolument sans effort, mais en plus cela se fait sans effort de la part du lecteur, et ça, c'est vraiment fort.

Parfois, lire du théâtre en vers, c'est difficile, on voit les ficelles, cela ne coule pas de manière fluide... En lisant Cyrano, en revanche, on oublie parfois que l'on lit des vers, et cela n'est pas fait au prix de la qualité du texte, bien au contraire. Pour moi c'est fascinant. C'est comme ces rares comédies musicales où l'on ne se dit jamais que le chant est bizarre, même quand le personnage parle de sa liste de courses.

Mais ce qui fait ressortir Cyrano par rapport à tous les autres livres, c'est quand Edmond Rostand parle d'amour. Les poèmes de Cyrano à Roxane sont juste magnifiques, je me rappelle en temps qu'ado essayant comme tous les ados écorchés d'écrire des déclarations d'amour et de me sentir tellement nul à coté de Cyrano... Comment trouver des métaphores plus belles que celles de ce livre? C'est juste impossible et quand on passe après, on a vraiment ce sentiment d'être d'une nullité crasse tellement la barre est placée haut.

Ah, mince, voilà ce que j'ai craignais est arrivé, j'ai écrit un post entier sur Cyrano.. Bon tant pis, ce post sera plus long que la moyenne, d'autant que je dois ajouter que même si Depardieu me déplaît profondément, il fait un Cyrano absolument magnifique, et le film de Rapppeneau est vraiment proche de l'original (d'ailleurs la proximité de son nom avec Ragueneau, pâtissier des poètes, m'a toujours beaucoup fait rire). Aussi, j'ai eu l'occasion de faire regarder ce film en anglais à un ami turc (Hi, Emre), et il ne perd rien de sa force même si la qualité du texte est perdue.

Bon, ben voilà, faut que je me bouge alors je vais m'arrêter là, mais bon, c'est vraiment mon livre préféré entre tous, je pouvais pas vraiment faire autrement. Si vous n'avez jamais lu de théâtre, ou de théâtre en vers, je vous encourage vraiment à essayer, vous ne serez pas déçus.
A
A


jeudi 18 septembre 2014

Un nouveau départ

Je vous avait promis une grande nouvelle, la voici et je pense que vous n'allez pas être déçu.

Je vous écris une fois de plus depuis un avion qui a le wifi à bord.

Je suis dans un avion qui vole actuellement vers Paris. Je pars définitivement de Seattle pour retourner vivre dans mon ancien appartement. Celia ne m'accompagne pas, du moins pour l'instant.

La situation est difficile à expliquer sur un blog sans trop rentrer dans des détails faisant partie de notre vie privée. En gros, le postdoc de Celia devait durer 5 ans, elle a pris un peu de retard à cause de moi et de mon traitement, donc elle continue un peu plus longtemps, mais sous une autre forme de visa, un H1B. Ensuite elle devra chercher du boulot, que cela soit en France ou aux USA.

Cette situation est délicate pour plusieurs raisons: tout d'abord, il est tres difficile de trouver le type de travail qu'elle recherche â Seattle. Pour vous donner une idée, Amgen, qui était la plus grosse boite de Biotech  à Seattle, vient de fermer ses portes, 850 personnes sur le carreau, dont une bonne partie ayant le profil de Celia. Bref nous serions parti probablement vers le début de l'année prochaine. Il faut ajouter à cela le fait que sous le nouveau visa je n'ai pas le droit de bosser et que si tout se
passe bien et que le sevrage de la prednisone se fait sans incidents majeurs je pense pouvoir commencer à reprendre doucement d'ici janvier... Et un certain nombre d'autres choses, comme le fait que je suis très fragile psychologiquement et que je ressens vraiment le besoin de me rapprocher de la famille et de mes meilleurs amis.

J'ai souvent dit que l'expatriation étai une expérience très violente psychologiquement, qui oblige à beaucoup de lâcher prise et de détachement (qui sont des qualités importantes et intéressantes à travailler, mais c'est parfois épuisant). Avec le contrecoup de la maladie et les multiples deuils qui nous ont frappés récemment, je ressens le besoin de me rapprocher des gens qui comptent vraiment... Non pas qu'il n'y en ai pas à Seattle bien au contraire, mais il y en a moins, forcément.

Bref, je rentre en avance et Celia me rejoindra bientôt, des qu'elle aura fini son postdoc.

Bien sûr, vous imaginez bien qu'il y a beaucoup à dire lorsque l'on quitte une ville que l'on aime profondément. Mais pour l'instant l'émotion qui prévaut, c'est la fatigue. Imaginez, déjà un déménagement dans une autre vile cela peut-être fatiguant, alors sur un autre continent, et lorsque l'on est toujours convalescent... Je suis complètement à ramasser à la petite cuillère. D'ailleurs je suis en train de tomber sur ma tablette... Alors à très bientôt! :-)

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