Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de notre combat contre la leucémie.

lundi 12 février 2018

L'horreur du supermarché

Vous allez peut-être me prendre pour un fou, mais aller au supermarché est une épreuve pour moi.

Pas parce que je ne supporte pas le monde, ou les files d'attentes, ou la musique pourrie. Non, ce qui me fait mal au cœur, à chaque fois, c'est que quand je me balade dans les rayonnages je ne vois pas que des produits, je vois l'ensemble du cycle de vie de chaque produit, de sa conception à sa fin de vie dans une décharge. Et c'est vraiment pas beau.

Cela fait un moment que j'ai ce problème, et cela s'est encore intensifié depuis que j'ai découvert le chamanisme. Dans le cadre de cette pratique, j'ai eu à faire un exercice assez particulier. En gros l'idée, c'était de prendre quelques instants, plusieurs fois dans une journée, pour essayer de voir les liens entre les choses qui nous entourent. Je vais prendre un exemple, car comme cela ce n'est pas très clair.

Mettons que vous achetiez une baguette chez le boulanger. Vous pouvez d'abord visualiser le boulanger qui a cuit cette baguette à quatre heure du matin, pour que vous ayez votre pain chaud à midi, et explorer ce que doit être la vie de ce boulanger, sa vie de famille, etc. Puis vous pouvez explorer ce qui rentre dans la composition de cette baguette.

Elle est faite de farine, qui a été moulue, probablement dans un moulin industriel, par des employés payé le salaire minimum. Vous pouvez remonter la vie de ces employés, mais continuons de remonter la farine. Cette farine, c'était du blé, qui a été acheté sur un marché. On peut remonter les traders qui s'échangent des tonnes de blé sur les places de marché, mais on va continuer sur le blé, donc ce blé a été acheminé par une compagnie de transport (on peut explorer cette voie aussi, mais vous avez compris le principe, on va continuer à suivre le blé). Il a été récolté par un agriculteur. Avant cela, il a poussé dans un champ. Ce blé est composé de plusieurs choses, d'eau, qui vient de la pluie (suivre la pluie, c'est intéressant aussi), de lumière (la encore, amusant de remonter la source de la lumière), de CO2, de nutriments qui viennent du sol. Ces nutriments viennent de minéraux (on peut remonter cette filière), mais aussi de composés organiques, venant d'animaux morts ou de végétaux morts... Et vous avez deviné, on peut remonter ces branches-ci aussi.

Le but du jeu, c'est de voir à quel point nous sommes connectés à toutes choses. Le chamanisme fait partie de ces spiritualité non-duelles, où l'un des but est de revenir à Un, en très très gros de comprendre que nous sommes une partie de quelque chose de plus grand.

Une image que j'adore et celle de l'océan. En temps qu'humains, nous sommes tous des vagues de l'océan. Nous avons un début, nous naissons d'autres vagues. Nous nous déroulons vers la rive, puis nous nous écrasons dessus et nous retournons à l'océan. Chaque vague est unique, chaque vague est une individualité, pourtant chaque vague fait partie sans le savoir d'un grand tout et est reliée à toutes les mers de la terre. En gros.

Bref, maintenant, quand je me balade dans un supermarché, c'est l'horreur. Je passe devant les bidons de coca-cola, je vois le bidon qui va finir dans une décharge, je vois les problèmes de santé que cela cause chez les gens qui vont le boire, je vois le dentiste qui va soigner les caries causées par le soda, je pense au trou de la sécu, je vois la compagnie qui ne paie pas d'impôts en France, je vois le supermarché qui dépend de ses ventes, je vois les nappes de plastique qui polluent les océans de la planète, je vois le pétrole qui fait partie de sa composition, j'en viens même à me dire, punaise, il y a des millions d'années des arbres sont morts et se sont fossilisés pour qu'on finisse par en faire des bouteilles.

Quand je suis au supermarché, je vois des arbres vieux de millions d'années dans les bouteilles sur les étagères, je ne plaisante même pas. Vous imaginez bien que c'est un peu dur à gérer.

Quand j'étais petit, ma mère me disputait en permanence parce que j'oubliais d'éteindre la lumière, en me disant des trucs comme "tu sais combien ça coûte l'électricité". Et cela ne marchait pas du tout, parce que l'argent n'a jamais été une motivation chez moi. Par contre, quand j'ai commencé à comprendre, à vraiment comprendre, d'où venait l'électricité, là, j'ai commencé à éteindre derrière moi. Idem pour le chauffage. Avant, je montais le chauffage quand j'avais froid, maintenant, je met un pull.

Encore une fois, je veux vraiment souligner que le moteur de mon changement n'est pas l'argent, économiser quelques euros n'est pas une motivation suffisante pour que je change de comportement. Par contre penser à l'empreinte que je laisse derrière moi, ça oui. A la rigueur, peu importe la motivation du moment que cela marche... Aujourd'hui, c'est pareil. Je n'achète pas des œufs bios parce que je pense qu'ils sont meilleurs pour ma santé (encore que je suis à peu près certain que cela soit le cas) mais parce que je ne supporte pas l'idée de manger des œufs venant de batteries industrielles. Et c'est comme cela pour tout.

Quand je prend conscience d'à quel point un de mes comportements pollue, ou contribue à la survivance que quelque chose que je trouve ignoble, j'essaie de le remplacer, dans la mesure du possible, compte tenu de mes moyens et de mes limitations.

Où est-ce que je veux en venir avec ce post?

Et bien tout d'abord, voilà, je suis peut-être un peu limité intellectuellement, mais je n'avais pas encore bien compris que pour faire changer des humains de comportement, il faut trouver une motivation qui les touche. Ce n'est pas parce que quelque chose est "bien" que nous allons le faire. Il faut trouver le bon moteur. Argent, environnement, affection, pouvoir... Je sais, cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais je l'avais jamais vraiment conscientisé, ou plutôt, appliqué à moi-même pour faciliter ma propre évolution.

Deuxièmement, j'ai été très impressionné par la vidéo d'une nana ayant décidé de ne plus faire de déchets. En gros, ses ordures sur un an tiennent dans un bocal d'un litre. Cela prouve que c'est possible, et cela montre que nous pouvons vivre dans le confort moderne sans détruire la planète.

Plus j'avance dans la vie, plus je ressens le besoin de vivre en accord avec mes convictions, et donc en l'occurrence, plus j'avance, plus j'ai du mal à vivre en participant à la destruction de notre environnement. Pour le moment, je me justifie en me disant que dans mon état, je n'ai pas bien le luxe de prendre le temps, l'énergie et l'argent de faire comme cette nana et de ne plus faire de déchets. Pourtant, cela me ronge, vraiment. J'essaie de limiter mes déchets, de trouver des solutions. Et je me pose une question fondamentale: comment orienter ma vie pour vivre en accord avec ce que je ressens?

Vaste question, que nous explorerons peut-être plus tard.

lundi 29 janvier 2018

Meilleurs voeux pour 2018

Je sors de mon silence pour le traditionnel post de bonne année 2018. Mais avant, quelques explications.

L'année 2017 a été très violente pour moi. C'est probablement l'une des plus importantes depuis la greffe, car ça a été l'année de tous les sevrages, et cela n'a pas été une mince affaire. C'est d'ailleurs un sujet tellement vaste que je vais écrire un post complet à ce sujet, promis, juré, pas craché, ça transmet les microbes. Je vais donc résumer de façon très brève la situation.

J'ai démarré un sevrage des opioïdes à la méthadone en Janvier 2017. Un an plus tard, j'ai réussi à tenir sans retoucher à des opioïdes "normaux" et  j'ai réussi à baisser les doses de moitié, ce qui est considérable. C'est vraiment la chose la plus importante que j'ai faite en 2017, car les opioïdes étaient en train de mettre ma vie en l'air, pour plein de raisons qui demanderaient une série de posts pour être expliquées d'une façon qui ne soit pas simpliste.

J'ai aussi démarré un sevrage de l'hydrocortisone en Novembre (j'avais déjà essayé puis abandonné l'année dernière car j'étais trop fatigué, je ne pouvais pas faire les deux sevrages en même temps). Sans surprise, ce nouveau sevrage est difficile. Je suis crevé comme j'ai rarement été, mais je tiens le coup. J'en suis à 25% de baisse, et on va bientôt voir comment continuer.

Voilà pour le résumé de la situation. C'est aussi la raison pour laquelle je m'y prends aussi tard pour écrire ce post, j'ai passé un mois de Janvier un peu compliqué avec 2 changements de dosage au même moment, ça m'a un peu retourné la tronche. Je commence à récupérer.

Passons aux vœux.

Récemment, j'ai été contacté, comme il arrive parfois, par la femme d'un malade qui m'a demandé un retour d'expérience. Je vous encourage d'ailleurs à m'écrire, je réponds toujours (même si parfois un peu tardivement), et je crois que l'échange est toujours très intéressant pour la personne qui me contacte comme pour moi.

Cela m'a amené à me poser les questions suivantes.

Comment faire pour arriver à faire voir au malade que ce qui lui arrive peut être positif, à court terme comme à long terme? Que c'est avant tout une question d'état d'esprit? Que tout passe, même le pire? Comment arriver à faire passer le choc de la peur de mourir et de tous les changements à venir? Comment aider le patient et ses accompagnants à voir que s'ils prennent les choses de façon positive, peut-être que cela ne les sauvera pas mais qu'en tout cas ils pourront vivre au mieux leurs épreuves? Comment arriver à faire comprendre au patient que ce qui lui arrive est à la fois une des pires choses qui puisse arriver à quelqu'un dans notre monde moderne, et une chance incroyable d'évolution?

La vie étant bien faîte, je suis tombé la semaine dernière sur un livre (Man's search for Meaning) écrit par un survivant des camps de concentrations. Le gars était psychologue ; il a étudié en profondeur la psychologie des prisonniers, argumentant d'ailleurs que seul quelqu'un ayant vécu la chose pouvait vraiment apporter un éclairage sur ce qui peut se passer dans la tête d'un prisonnier, tout le reste n'étant que spéculation, un sentiment que je partage.

Ce livre m'a bouleversé. Je crois qu'il fait partie des quelques livres qu'il faut lire dans une vie, vraiment. Il y a peu de livres sur Terre qui peuvent prétendre vous donner une réponse crédible à ce qu'est le sens de la vie, et celui-ci en fait partie. Il est d'autant plus marquant que ce n'est pas de la spéculation: l'auteur a vécu l'enfer, en est revenu, et a tiré du sens de cet enfer. On ne peut pas l'accuser de masturbation intellectuelle. Quand un hippie vous dit qu'on peut trouver du sens au pire, vous pouvez lui coller une tarte. Quand je vous dis qu'on peut trouver du sens au pire, vous pouvez commencer à vous poser des questions. Quand un prisonnier de camp de concentration vous dit qu'on peut trouver du sens au pire, alors là, vous pouvez y croire sans l'ombre d'un doute.

Je vous assure que quoi qu'il arrive, quelle que soit l'épreuve, on peut choisir comment la vivre. Les épreuves de la vie nous permettent d'évoluer, de progresser en tant qu'être humain. Elles nous apprennent qui nous sommes, et nous apprennent la valeur de la vie.

Voyez ces gens qui ont tout, mais qui sont dépressifs, qui vivent une vie vide de sens. Voyez ces gens qui n'ont rien, mais qui ont le sourire aux lèvres. Les épreuves ont cela de sublime qu'elles nous forcent à trouver un sens à notre souffrance. Ce sens diffère pour chacun de nous, et il vous appartient de trouver le vôtre.

Au cour des années qui se sont écoulées depuis la greffe, j'ai vécu quantité de choses plus difficiles les unes que les autres. La maladie n'était que le prologue à une longue suite d'épreuves et de souffrances. A chaque fois que je me suis laissé aller au désespoir, à chaque fois que je me suis laissé emporter par la colère, que j'ai voulu me rebeller contre mon destin, les choses ont empiré. A chaque fois que j'ai fait passer ma souffrance avant celle des autres, elle m'a dévoré.

En revanche, à chaque fois que j'ai lâché prise, que j'ai fait taire mon ego, que j'ai laissé la colère me traverser, que je me suis replacé dans une attitude d'ouverture et d'amour (mon dieu, cela fait hippie sur le retour, pourtant c'est la bonne formulation), à chaque fois ma vie s'est éclairée.

Je pensais que j'allais mourir avant l'âge du Christ. Et bien j'ai survécu à Johnny. Mieux, je suis allé à un concert de Metallica, j'en rêvais depuis que j'avais 12 ans. Je pensais ne jamais avoir d'enfant, la vie m'a donné une fille de onze ans et un neveux adorable (avec son petit frère en chemin). J'ai vu des paysages magnifiques, rencontré des gens incroyables. J'ai plus appris sur moi en quelques années que durant tout le reste de ma vie. Je ne suis toujours pas bien sûr de savoir ce que je fous sur cette terre, je ne suis pas toujours sûr de savoir comment faire pour être heureux, complètement et parfaitement, mais j'ai avancé. Je suis plus souvent heureux que malheureux. Presque aussi important, je sais que j'apporte quelque chose aux gens qui m'accompagnent dans cette vie, que je les aide à apprendre à être plus heureux.

Et ça c'est déjà un bon début.

Bonne année à tous!

jeudi 5 octobre 2017

Un jour parfait... tous les jours?

Depuis la greffe, j'ai des problèmes de mémoire.

J'ai toujours eu une mémoire excellente, ce qui fait que j'ai toujours eu tendance à lui faire confiance, à ne rien noter, à tout garder en tête. Sauf que maintenant, ce n'est plus possible. D'une part, sur du très court terme, je n'arrive plus à maintenir autant de trucs en mémoire qu'avant. Comme si la RAM de mon ordi interne avait diminué. Je suis conscient que je vieillis, ce qui n'aide jamais, mais j'ai vraiment senti une baisse considérable de ma capacité à maintenir plein d'infos en mémoire depuis le traitement. C'est pénible, dans mon boulot, je me sens moins efficace. Je suis obligé de compenser cette baisse par plus de minutie, plus de méthode (ce qui qui n'est peut-être pas un mal).

J'ai aussi perdu en mémoire à court et moyen terme. J'oublie des trucs que j'ai à faire, des rendez-vous... C'est relativement facile à régler avec un agenda, même si j'ai eu un peu de mal à corriger une vie entière d'habitude.

Mais le plus bizarre, c'est la perte de mémoire à long terme. Très régulièrement, lorsque je parle avec Virginie, elle me parle de choses que nous avons faites ensemble, mais que j'ai oublié. Au mieux j'ai des souvenirs de l’événement mais j'ai oublié une grande partie des détails, au pire, je ne me souviens carrément pas du truc. Je vous assure, c'est très flippant. J'essaie de trouver des parades, photos, notes mais cela me rattrape régulièrement. Nous avons choisi d'en rire, et Virginie me raconte parfois notre vie, que je redécouvre alors par ses yeux. L'avantage, c'est que je ne m'ennuie jamais, un peu comme un enfant qui découvre tout :).

Cela m'a amené a réfléchir un peu à cette notion de mémoire, et en particulier aux souvenirs que l'on a de nos vies.

Même si je suis conscient que seul le présent existe et qu'il n'y a que lui qui est vraiment important, il me semble que la mémoire donne une "densité" à ce présent. Je vous avoue que j'essaie encore de bien cerner cette impression viscérale, mais en méditant là dessus, j'ai "réalisé" que la plupart des jours de notre quotidien finissent par se confondre dans un espèce de brouillard. A un instant donné, je suis capable de me souvenir que j'ai lu tel livre l'année dernière, ainsi que son contenu, et si je suis capable de me rappeler les circonstances dans lesquelles j'ai lu ce livre, ce qui s'est passé ce jour là, le détail de la journée, m'échappe.

Pourtant, il y a des jours de ma vie dont je me souviens dans leurs moindres détails. Ce sont souvent soit des jours exaltants ou des jours horribles, très clairement. Le paradoxe, c'est que les jours de routine, de bonheur tranquille, s'effacent de ma mémoire, ou plutôt se fondent dans une espèce d'impression globale d'une période, où il ne reste que des instants, des polaroids et non une mémoire complète et totale de chaque journée.

Pourquoi est-ce que cela me gène? Et bien vous savez, cette impression que le temps passe trop vite? Et bien j'ai l'impression que justement c'est du à ce phénomène d'amalgame, de "moyenne" des souvenirs des périodes un peu routinières, et que paradoxalement j'ai l'impression d'avoir une vie plus riche lors des périodes "de crise", sachant que je pour moi une crise peut-être positive comme négative, c'est juste une période sortant un peu de la normale. Pour être plus clair, j'ai l'impression que de longue périodes de vie routinières, plusieurs mois, sont plus courts que quelques jours particuliers dans une année où il s'est passé quelque chose d'exaltant (comme par exemple la semaine cet été ou des amis sont venu à Paris). Plus ces périodes de "routine" sont longues, plus j'ai l'impression que la vie est courte, même si paradoxalement, ces périodes de routine sont des périodes très heureuses (car je suis très heureux de vivre avec ma chérie, au quotidien, c'est un bonheur simple et tranquille qui me convient). 

Mon interrogation du moment, donc, est la suivante: comment faire pour que ces jours de bonheur tranquille soient vécus avec la même intensité que les moments de crise? Comment faire pour qu'ils s'impriment dans la mémoire à long terme avec la même clarté, malgré justement le manque d'intensité? Est-ce que se souvenir plus clairement de chaque journée donne l'impression d'une vie mieux remplie? Est-ce que la notion d'éveil, d'éveil spirituel j'entends, ne consiste pas justement à vivre complètement chaque instant, qu'il soit "routinier" ou "exceptionnel"?

J'ai compris l'année dernière que l'on perd beaucoup de temps dans la vie à attendre des moments de bonheur qui passent trop vite. On attend avec impatience des vacances, quand les vacances arrivent on a enfin l'impression de vivre vraiment, de profiter à plein, et pouf, d'un coup les vacances sont finies, le bonheur est passé, on retourne à la grisaille... C'est bête: il faut trouver le moyen de vivre ce bonheur au jour le jour, d'instant en instant. C'est bien sur plus dur lorsque l'on est dans le métro à l'heure de pointe que lorsque l'on est sur une terrasse d'un vieux village provençale, je vous l'accorde, mais cela vaut le coup de travailler là-dessus, étant donné le rapport entre le temps que l'on passe dans le métro et le temps que l'on passe sur la dite terrasse (quand on est parisien, tout du moins). J'ajouterais qu'il est aussi important de trouver un moyen de rapprocher sa vie de tous les jours de sa vie rêvée, mais ce n'est pas forcément toujours évident.

Cela me fait tricoter, tout ces concepts. Mais c'est vrai que le fait d'oublier des bouts de ma vie me donne parfois l'impression de perdre du temps, de me faire voler ma vie. Voilà, je vous laisse avec ça. Ca chauffe, là-haut!

vendredi 15 septembre 2017

Notre comportement sur Facebook

Comme probablement beaucoup d'entre vous, j'ai une relation d'amour/haine avec Facebook. D'un côté c'est un outil génial pour partager des photos avec ses amis, pour se tenir globalement au courant de comment vont les amis qui vivent loin, et bien sûr pour propager rapidement idées et informations.

D'un autre côté, je m'inquiète comme beaucoup de gens de l'utilisation de nos données, du droit à l'oubli, de l'image publique que je peux donner etc.

Du coup, depuis plusieurs années déjà, j'ai décidé une chose simple: je ne publie qu'en mode public. Ce qui me force à ne publier que des choses qui ne me posent pas de problème si un éventuel employeur tombait dessus, par exemple. J'estime que si je n'assume pas que ce que je partage puisse se retrouver dans une recherche publique, alors je n'ai pas à le partager. Vous allez me dire, oui, mais justement, Facebook permet de partager des choses privées avec des gens triés sur le volet... Oui, mais non. Facebook a mes données, je n'ai aucune garantie qu'un jour ils ne diffusent pas contre mon gré des informations que je souhaite garder privées, donc je ne leur en fourni pas, point à la ligne.

Parfois, exceptionnellement, je partage des photos de "famille" avec uniquement avec mes amis. Si je les partage, c'est que j'assume de les partager de manière publique, par contre pour respecter la vie privée des gens sur la photo, je vais parfois restreindre l'accès. C'est ma seule exception.

Honnêtement, je vous conseille d'essayer ce mode de fonctionnement. Je connais des gens qui passent en revue de façon totalement parano leurs paramètres de vie privée, pour être sur que jamais au grand jamais on ne puisse les trouver dans des recherches, ou qu'on puisse voir quelque information que ce soit... Et ensuite qui postent des trucs hypers privés à leurs 'amis' sans se rendre compte qu'ils donnent leur vie à une entreprise privée étrangère. Je trouve qu'il y a un certain manque de cohérence.

Cette nuit, j'ai percuté un truc concernant notre comportement sur Facebook. Cela ne casse pas trois pattes à un canard, vous allez voir, mais bon, parfois j'ai des illuminations façon lumière de frigo dans ma tête...

En gros, il y a deux types de personnes sur FB. Ceux qui ne postent que ce qui les énerve/dégoûte/etc, et les gens qui ne postent que les choses qu'ils trouvent intéressant/positif. Le "que" voulant ici dire, dans une proportion 80/20 dans un sens ou dans l'autre. Regardez bien, c'est assez flagrant. Il y a des gens qui sont dans le négatif en permanence, et d'autres plutôt dans le positif.

C'était le deuxième point dont je voulais vous parler. Autant je trouve que parfois, il y a des choses répugnantes qu'il faut dénoncer, sur lesquelles il faut attirer l'attention du public, autant je considère que les médias traditionnels font très bien leur boulot pour nous parler de tout ce qui ne va pas dans le monde.

Quand on communique, même sur Facebook, on fait naître des pensées chez notre interlocuteur. C'est un pouvoir extrêmement puissant: à chaque fois que vous partagez quelque chose, vous modifiez l'état intérieur de la personne qui le lit.

Maintenant, c'est une question de responsabilité personnelle presque. Si vous considérez déjà que le monde ne va pas bien, est-ce que vous allez passer votre temps à écrire des choses qui vont faire naître des émotions négatives chez les gens qui vous lisent? Ou l'inverse? Je suis d'accord que parfois, il faut s'indigner, se révolter etc... Mais juste après s'être indigné, il faut s'enthousiasmer pour des choses qui font bouger les choses dans le domaine où l'on s'est indigné. Or je vois des gens qui ne savent que s'indigner. Et cela m'indigne.... Ahah.

Il faut partager du beau, du positif, de l'enthousiasmant, aussi. Il faut donner envie aux gens de s'investir, de faire des choses. C'est important, je crois, si l'on veut un jour que l'humanité ai une chance de s'en sortir. Etre réaliste, oui. Mais garder l'espoir et infecter les gens de proche en proche par nos propres qualités, quelles qu'elles soient.

lundi 11 septembre 2017

Un peu de courage en barre: John Cena

Je suis tombé sur la vidéo suivante ce matin sur Facebook, et j'avoue que j'ai versé une larme.


Alors oui, ça envoie du pathos dans tous les sens, c'est le grand festival de la larmichette, mais bon, ça fait quand même résonner quelque chose en moi. Je vous explique pourquoi.

Souvent, quand vous êtes vraiment au fond du trou, ce sont les plus petites choses qui vous marquent et vous font remonter. Il suffit parfois d'un rien, juste la bonne parole au bon moment pour rebondir. Que cela soit pendant la chimio, la greffe de moelle, les années de convalescence qui ont suivi avec le rejet de greffe, puis l'insuffisance surrénalienne, puis la dépendance aux antalgiques, à chaque fois que j'étais prêt à jeter l'éponge et à me laisser couler, ce sont des petites choses arrivant à des moments clés qui m'ont fait remonter. Pas plus tard que la semaine dernière, j'avais envie d'arrêter d'écrire, de tout jeter, et un ami auquel j'ai envoyé mon bouquin il y a quelques mois me recontacte pour me dire que j'ai intérêt à me bouger les fesses pour être publié. Il y a quelques semaines je me lamentais que franchement j'avais vraiment pas tiré le gros lot dans la vie, et ma moitié rentre à la maison avec des billets pour le concert de Metallica, un truc dont je rêve depuis que j'ai 15 ans. Et boum, c'est reparti.

Du coup, l'histoire du gamin qui donne un bracelet 'never give up' à sa maman avant une opération, et toutes les autres histoires de cette vidéo, malgré le pathos, ben ça me parle. Il y a une seule règle dans le grand jeu de la vie. Ne jamais abandonner.

Un bon message, pour commencer la semaine, non?

vendredi 8 septembre 2017

Aurore Bergé, cyclisme à Paris et foutage de tronche.

Allez un petit post pour continuer sur le thème d'hier, qui est, pour ceux qui n'ont pas suivi, le réchauffement climatique et mon inquiétude que si l'on ne fait pas de l'environnement notre priorité numéro 1 l'humanité est condamnée à l'horizon 2100.

Tout d'abord, un lien vers l'article parlant de cette extinction future. C'est un peu long, c'est en anglais, et surtout, c'est hyper anxiogène, mais cela vaut le coup de le lire. "Quand le changement climatique rendra la Terre trop chaude pour les humain".

Un lien wikipedia sur Seveneves pour vous donner envie de le lire.

Et sinon, le truc qui m'a énervé ce matin, cette vidéo d'Aurore Bergé (député Républicains je crois, à vérifier). En gros, la nana filme une piste cyclable vide, en critiquant la politique d'Anne Hidalgo disant que voilà, c'est débile, on a pris de la place pour faire des pistes cyclables que personne n'utilise... Sauf que la piste en question vient d'être construite et qu'elle n'est pas ouverte au public. Faut vraiment être de mauvaise foi quoi.

Oui, changer nos habitudes, ça va être chiant. Mais d'une part, on va y gagner en qualité de vie (plus de sport, meilleure forme, meilleure santé, air plus pur, moins de bruit)... Mais surtout on a pas le choix. C'est ça, ou nos enfants vont tous crever. Faut vraiment s'en convaincre maintenant. Si on ne fait rien, si on ne change pas notre mode de vie, si on ne prend pas un peu sur nous, tous nos enfants vont y passer. Maintenant, c'est dans longtemps hein, on peut continuer aussi à pas se faire chier et espérer que dans 50 ans on aie plus de solutions, mais bon...





jeudi 7 septembre 2017

Extinction

Il y a quelques semaines, j'ai commencé le livre "Seveneves" de Neal Stephenson. Au même moment, j'ai lu un article sur le réchauffement climatique qui m'a fait froid dans le dos, et qui m'a fait furieusement penser à ce bouquin. Je vais vous résumer l'intrique en quelques lignes, vous allez comprendre où je veux en venir.

Le postulat de base de "Seveneves" est le suivant: un jour, dans un futur très proche, (non spécifié, mais en gros on est quelque part entre 2020 et 2030 suivant la vitesse à laquelle vous pensez que la technologie va évoluer), la lune explose en 7 énormes fragments, pour une raison inconnue, dont on se fout royalement pour le reste de l'histoire. Pour étrange que puisse être cet événement, c'est juste un Deux Ex Machina qui rend le reste de l'histoire possible, le mystère de cette explosion n'est pas le sujet.

Le sujet du livre, c'est : comment est-ce que l'humanité va faire pour survivre. Car les astronomes se rendent vite compte que ces fragments vont rentrer en collision, se fragmenter encore plus, perdre de l'énergie donc de la vitesse, pour finir par s'écraser sur la Terre, provoquant une extinction mille fois pire que celle qui a balayé les dinosaures de la face de la planète. La Terre est plus que condamnée: elle n'a plus que 2 ans à vivre avant une stérilisation totale, avant un bombardement de météorites tel qu'elle va redevenir une boule de magma primordiale.

L'humanité se sait donc condamnée à très court terme: 2 ans. Ce qui déclenche un effort collectif de toutes les nations pour permettre à la race humaine de survivre, avec une seule solution: l'espace. Le reste du bouquin raconte comment l'humanité va réussir à survivre en utilisant pour base de départ la station spatiale internationale.

Le livre est, si l'on excepte son postulat de départ, très crédible. La science colle, les idées proposées par Stephenson sont comme d'habitude à la pointe de la technologie, crédibles, voir visionnaires. Quelque part, c'est fascinant d'imaginer l'humanité  toute entière tendue vers un seul but. Sans spoiler la fin, en gros, l'humanité finit par survivre, même si c'est vraiment sur le fil. Oh et quand on parle de survie, c'est quelques personnes seulement qui survivent à la catastrophe hein, la majorité de l'humanité y passe, mais il reste juste assez de gens en vie pour redémarrer une civilisation dans l'espace. C'est un roman plutôt positif, malgré tout, croyez moi.

Bon et donc le lien avec le réchauffement climatique, me direz-vous?

Et bien parallèlement, je suis tombé sur un article d'un journal américain très sérieux, qui expliquait qu'en gros, un certain nombre de scientifiques commençaient à penser que si le réchauffement climatique continuait comme cela, d'ici 2100, certaines parties de la planète seraient inhabitables. Mais pas inhabitable au sens inconfortable parce qu'il fera un peu trop chaud, non, on parle d'inhabitable dans le sens où un être humain ne pourra pas survivre. Il fera tellement chaud dans certaines régions que combiné à l'humidité ambiante, le corps humain sera incapable d'évacuer la chaleur qu'il produit. En gros, nous cuirons de l'intérieur. Bref, les conditions seront tellement extrêmes que la vie, en tout cas la vie humaine, sera impossible. Comme si on était sur Mars sans équipement quoi.

La conclusion de l'article, sans vouloir vous flipper, c'est qu'en gros, il est très possible qu'à cause de notre mode de vie actuel, nous soyons en train de créer les conditions de notre propre extinction à l'horizon 2100. Et je ne parle pas juste de catastrophes naturelles provoquant des milliards de morts (ça, ça sera bien avant...). Je parle de l'extinction pure et simple de notre espèce. The End.

Là où cela m'a fait penser à Seveneves, c'est que malheureusement, nous sommes dans une configuration où les causes de notre extinction se jouent maintenant, mais que comme l'effet est trop distant (après tout, vu mon âge, je serait probablement cané depuis un moment), cela ne nous concerne pas directement. Cela ne concernera peut-être même pas nos enfants... Mais leurs enfants eux sont dans une sacré merde. Du coup, le gros coup de pied au fesse que se prend l'humanité dans "Seveneves", qui la force à se bouger comme un seul homme, et bien dans le monde réel, il n'arrive pas vraiment, en tout cas pas assez vite.

Car pour éviter ce scénario catastrophe, il faudrait que l'humanité dans son ensemble commence à se bouger les miches dès maintenant, et que, un peu comme dans "Seveneves", l'objectif numéro 1 de l'humanité dans son ensemble devienne de rectifier l'impact que l'homme à sur le climat. Il n'y a pas de problème plus important que celui-ci, car si l'on ne fait rien, tous nos autres problèmes se résoudront tout seuls, si vous voyez ce que je veux dire.

Pour moi il y a deux gros efforts à fournir:
 - Stopper les émissions de gaz à effet de serre
- Nettoyer l'atmosphère du carbone que l'on a rejeté

Les deux problèmes sont complexes. Stopper les émissions de gaz à effet de serre (sans polluer comme des sagouins au passage sinon cela ne sert à rien), cela veut dire:
- Changer la source d'énergie principale de nos moyens de transports
- Faire en sorte que toute notre électricité de chauffage (et de refroidissement, vu notre usage de clim) soit issue de sources renouvelables
- Diminuer de manière drastique notre consommation de viande (l'élevage étant une source incroyable de gaz à effet de serre)

D'un autre coté il faut nettoyer nos saletés. Il y a des solutions pour nettoyer l'atmosphère. Planter des arbres, déjà. Un arbre, c'est quelques tonnes de carbone piégées pour un paquet d'année. Il y a aussi des solutions technologiques qui commencent à poindre le bout de leur nez, mais bon, faut de déploiement massif, j'ai encore du mal à voir cela nous sauver la mise.

Bon, il y a des contre arguments à ce que je vous raconte là, bien sûr. Par exemple, on peut argumenter que de toute façon d'ici maximum 50 ans, on aura plus de pétrole à brûler donc le problème des émissions sera réglé d'office. Sauf que le souci, c'est que le mal sera déjà fait, car le problème c'est que les gaz à effet de serre ne sont que la mèche qui a allumé une dynamite d’événements s’enchaînant en cascade (par exemple, la fonte des calottes polaires fait que la Terre réfléchit moins l'énergie du soleil et que du coup elle se réchauffe de plus en plus vite). Ce n'est pas parce que vous arrêtez de pousser quelqu'un dans l'escalier qu'il ne va pas continuer à dégringoler. En gros non seulement on va vers une extinction globale, mais en plus on va bientôt tomber à court d'une ressource cruciale, ce qui va générer, si l'on ne fait rien, un chaos monstre qui nous empêchera de nous concentrer sur le sujet principal: nous sauver les miches. Oui, je suis un poil pessimiste.

Bref, vous l'aurez compris, j'ai un peu peur. Je crois vraiment qu'il faut qu'on se réveille et que le climat devienne notre préoccupation principale. Cela devrait être un enjeu politique de première importance. En plus, je suis persuadé que c'est une excellente source d'emploi.

Voilà, je voulais vous parler un peu de cela. Je n'ai pas vraiment de solution, ni de conclusion, je pense que la première étape, c'est déjà d'essayer de déclencher une prise de conscience planétaire du problème. J'essaie de faire ma part. Pensez aux canicules que nous venons de vivre. Voyez les tornades qui dévastent l'Amérique en ce moment (et les incendies qui ont fait pleuvoir de la centre sur Seattle il y a deux jour, un comble pour une ville censée être la capitale américaine de la pluie). Le climat est de plus en plus déréglé. Cela commence à nous affecter sérieusement, mais ce ne sont que les prémices de ce qui s'annonce. Chaque année cela va être pire. Il faut se bouger, maintenant.

vendredi 28 avril 2017

Pour changer, parlons de ce second tour des présidentielles 2017

J'hésite à écrire ce post, parce que je me disais tout à l'heure en jetant un œil sur Facebook (ce que je fais rarement désormais) que je crois que je préférais l'ère où chacun gardait ces opinions politiques pour soi. Car, comme l'adage dit, les opinions, c'est comme les trous de balles, on en a tous un, et il n'est pas toujours propre.

Bon, maintenant que j'ai accroché votre attention, commençons.

Je vais vous parler de ces élections pour vous donner le point de vue de l'ex-expat qui a suivi d'un œil effaré l'élection de Donald Trump et qui voit les mêmes causes produire les mêmes effets en France.

J'ai été très choqué par l'élection de Trump, vous vous en doutez probablement. Honnêtement, j'ai encore du mal à y croire, tellement cela me parait insensé que ce guignol soit à la maison blanche. Comme est-ce possible?

Pour résumer, Drumpf a gagné parce qu'il était le candidat anti-système, un mix entre Mélenchon et Le Pen (Le Pen pour la xénophobie, Mélenchon pour le rejet des deux partis historiques). Pour être précis, il faut d'ailleurs rappeler que si Trump a gagné les collèges électoraux, il n'a pas gagné le vote populaire (super la "démocratie" à l'américaine, non?), et qu'il y a en outre de forts soupçons d'intervention de la Russie, via, entre autre, des piratages de bureaux de vote électronique. C'est une présidence à la légitimité plus que discutable.

Cela m'a choqué, pourtant je suis moi-même dégoûté par les "démocraties" occidentales qui de démocraties n'en ont que le nom. Depuis des années, celui qui a le plus de pognon gagne les elections (en particulier aux US, sauf pour cette élection où Hillary a levé 2* de fonds que Trump). Depuis des années tous les postes de pouvoir clé sont inféodés aux grands groupes, aux banques en particulier.  Même les euro-députés sont achetés via des tactiques comme des promesses de postes de "consultant" grassement payés à la fin de leurs mandats. Depuis des années, les besoins du peuple passent systématiquement après les intérêts de ces groupes et gauche comme droite appliquent peu ou prou la même politique, à l'exception notable de certaines mesures sociales comme le mariage gay.

Il n'empêche que j'ai eu du mal à comprendre comment les américains pouvaient élire un mec ultra-riche, auto-proclamé self-made man (un prêt d'1 million de dollars de son père à 18 ans, ça aide..), un mec qui a fait faillite un nombre impressionnant de fois, un mec qui est connu pour arnaquer à répétition ses partenaires et sous-traitants, un mec ultra-xenophobe (par opportunisme), sexiste (de caractère), et plus généralement souffrant de perversion narcissique, en pensant que cela changerait quelque chose à la dictature de l'ultra-capitalisme libéral.

Le plus étonnant, c'est que ce sont les américains les plus pauvres qui élisent Trump pour qu'il nettoie Washington de la corruption des lobbies ultra-riches qui contrôlent le système, sans percuter que Trump est lui-même un ultra-riche corrompu jusqu'à la moelle et qui favorise juste des lobbies différents des précédents (en particuliers, ses propres partenaires commerciaux, présents ou futurs). C'est assez hallucinant (et toute similarité avec Marine Le Pen est évidement fortuite).

Et puis je me suis rendu compte qu'un blogger que je respecte, français et expatrié aux US, soutenait Trump. Pas de gaieté de cœur, mais quand même. Je suis tombé des nues. Puis je me suis demandé comment il pouvait être de cet avis, qui est pour moi tellement inconcevable.

La réponse est simple : pour ce blogger, impossible de voter Hillary. Cela aurait voulu dire voter pour le même système qui se gave sur le dos de l'américain moyen depuis des décennies. Pour lui, tout est préférable que de continuer à cautionner cela. Il argumente aussi qu'on sera peut-être surpris par Trump (j'en doute fort, personnellement), et qu'au pire, ça sera tellement le bordel que ça forcera un changement du système. Il n'a pas forcément tort, depuis 4 mois il y a des manifs constamment aux US, ce qui est très rare pour ce pays, et cela ne semble pas près de s'arrêter... Sans que cela change foncièrement quoi que ce soit d'ailleurs.

En France, on se retrouve dans la même situation que juste avant l'élection US. Les médias, et toute la classe politique poussent à voter Macron pour "faire barrage au Front National". Cela me gêne. Pourquoi?

Parce que le FN fait désormais partie du système : c'est l'indispensable épouvantail, agité par les médias (largement acquis au système en place) qui nous conduit à voter pour les autres "parce que c'est toujours mieux que le FN". Résultat, on se retrouve avec le candidat du système ou l'épouvantail, et donc à priori pas le choix. Merci la manipulation.

Digression: j'entendais dimanche un partisan dire de Macron qu'il est un candidat nouveau, porté par un mouvement populaire indépendant. Au même moment Hamon se désolait de la défaite historique du PS... Franchement j'ai cru vomir. Sérieusement, les gens gobent ça? Macron, c'est le moyen qu'à trouvé le PS pour renaître sous un nouveau nom, détaché des stigmates du passé (lisez, la présidence Hollande, et plus loin dans le passé, la débacle de 2002). C'est un changement de marque, ni plus, ni moins, faut arrêter de nous prendre pour des cons.

Bref, exit la démocratie: on a le "choix" entre un parti "modéré", en gros les mêmes qui vont continuer à entuber les classes moyennes comme jamais, et l'épouvantail de service, les fascistes. Le choix semble fait d'avance, il faut protéger la république, etc, etc. Jusqu'ici, la tactique marchait.

Sauf que le truc nouveau par rapport à 2002, c'est qu'il y a des gens très bien, pas xénophobes pour 2 sous, qui disent qu'il vont voter Le Pen, juste parce qu'ils refusent ce non choix. Le fascisme n'est il d'ailleurs pas défini par l'absence de choix de la part du peuple? Ces gens espèrent qu'ainsi (il me semble), le choc sera tellement violent que le système volera enfin en éclats. Et je les comprend. Et puis il y a ceux qui ne peuvent pas cautionner le programme Macron (je les comprends), qui vont donc voter Le Pen pour lui faire barrage (je comprends déjà moins, voir plus loin).

Ils argumentent d'ailleurs à juste titre que de toute façon Le Pen n'arrivera pas à gouverner en l'absence de majorité législative, et que donc la république n'est pas menacée. L'idée, c'est donc de voter Le Pen pour achever de démolir les partis en place et forcer la main au système pour créer un vrai changement, et surtout de ne pas cautionner le programme ultra-capitaliste de Macron.

Honnêtement, je comprends cette réaction. Je suis presque de cet avis. Franchement, ça me fait mal au fondement de le dire, parce que je vomis Le Pen par tous les pores de ma peau, mais je comprends, et j'en suis presque à me dire que c'est la bonne solution. Qu'il vaut mieux affronter le fascisme une bonne fois pour toute, plutôt que de le laisser s'introduire subrepticement, année après année, via des mesures de plus en plus liberticides, sous une forme inédite de "fascisme banquier".

Mais finalement, non. Je ne peux pas cautionner cela. Je ne peux pas me dire que voter Le Pen est une bonne idée, même pour faire exploser ce système pourri que je conchie presque autant que le FN.

Pourquoi? Parce qu'on voit ce que ça donne aux US. Les premières mesures de Trump occasionnent des souffrances incroyables. Des millions d'américains perdent leur couverture santé. Des actes de haine sont commis partout dans le pays par des extrémistes qui se sentent légitimés. La menace terroriste, loin de diminuer, augmente tellement l'image des US est dégradée. La situation géopolitique mondiale, déjà inquiétante, empire. Trump montre à répétition son incompétence et sa bêtise crasse, tant en politique intérieure qu'internationale, et nous entraîne tous dans son sillage de bêtise, de haine et d'autodestruction.

Non, je ne peux pas cautionner ce genre de présidence. Autant j'ai envie que le système politique actuel soit démantelé au profit d'une vraie démocratie, où ce n'est pas le pognon qui dicte les lois mais le peuple, autant je ne suis pas prêt à voir le pays sombrer dans cette violence, à la fois physique et morale. Je sais de plus qu'il y a beaucoup de gens dans la mouise (comme moi) qui ne peuvent pas se permettre que la situation empire avant de s'améliorer.

Et puis merde, vous détestez Macron et son programme? Mais que dire du programme de Marine Le Pen? Exemple: proposition 17, en finir avec le laxisme judiciaire... Et la nana, elle ne se présente pas à ses convocations... Ca ne vous colle pas l'estomac au bord des dents, ça? Je les ai lu, les 144 propositions de son programme. Il y a des bonnes choses. Et certaines tellement mauvaises que prises individuellement, elles m'interdisent de voter pour elle, tellement je pense que cela serait dommageable pour la France.

J'ai encore espoir qu'un changement puisse se faire dans la douceur, dans l'union des citoyens plutôt que dans leur clivage. On voit déjà ce qui se passe cette élection, qui ne ressemble à aucune autre. Le terreau est fertile pour que de nouveaux mouvements, qui ne soient pas des mouvements de haine, naissent. Je crois, j'espère en tout cas, que dans 5, 10 ans, les élections nous réserveront des agréables surprises, avec un vrai soulèvement populaire et la fin définitive des partis inféodés aux banques.

Qui sait, peut-être qu'on verra un jour l'apparition d'une république basée sur le tirage au sort. J'aimerai tellement voir 90% de votes blancs en 2022, votes qui forceraient une constitution d'états généraux (comme en 1789) pour définir les bases d'une vraie 6ème république... Bref, un changement qui se ferait dans la joie de construire le futur, et non pas dans le cynisme résigné, la violence et la haine.

Je crois qu'il vaut mieux subir le système encore 5 ans qu'une Le Pen au pouvoir, que de se tapper la honte au niveau international alors qu'on est le pays des droits de l'homme.

Si vous vous préparez à voter Macron, j'espère juste que vous le ferez en ayant conscience que vous ne votez pas pour le "Bien" contre le "Mal", mais juste pour éviter un mal pire qu'un autre.

Si vous vous préparez à voter Le Pen par rejet du système ou de Macron, je peux vous comprendre. Je ne suis pas d'accord, je pense que c'est une erreur, on n'évite pas un mal en en choisissant un pire, mais je ne peux pas vous en vouloir.

Si vous refusez de voter ou que vous votez blanc, je vous comprend aussi. Pour moi, le vote blanc, c'est le seul défendable moralement. Je pense qu'on devrait tous, à 100%, voter blanc, et forcer à ce que cela soit reconnu. Et demander une assemblée constituante dans la foulée. Ce n'est pourtant à mon avis pas le moment, pas avec une Le Pen dans la course.

En revanche, si vous votez Le Pen parce que vous en avez marre que les bougnoules se gavent sur le dos des honnêtes français grâce au RSA, que les feuj américano-sionistes nous rasent depuis leurs tours d'ivoire, que vous en avez marre de tous ces pédés qui se marient, ou tout autre délire du même genre, bon, déjà je vous plains. J'espère que vous êtes juste ignorants plutôt que foncièrement bêtes et méchants. Je ne crois pas que vous soyez foncièrement méchants, d'ailleurs, en tout cas pas l'immense majorité d'entre vous. Je vous crois juste particulièrement mal informés, et probablement très en colère, une colère qui est très mauvaise conseillère. Je n'ai qu'un seul truc à vous dire : allez vous éduquer un peu, allez lire quelques livres, regardez ce qui se passe à l'étranger, pétez un coup, et on en reparle.

Voilà!

vendredi 17 mars 2017

Vendredi en vrac #1


J'ai envie d'inaugurer un nouveau style de post (enfin nouveau pour moi!). Un format très court avec juste quelques liens vers des livres, jeux, films ou articles qui m'on marqués cette semaine. On va voir si j'arrive à m'y tenir mieux sur un format très court que sur mes pavés habituels.

Donc, c'est parti pour le vendredi en vrac 1.


  • The Witcher 3: Avec Virginie, en ce moment, plutôt que de regarder la TV le soir, on joue à ce jeu de rôle. Jeu absolument magnifique visuellement, histoire passionnante, contenu énorme... Un des tous meilleurs jeux auquel j'ai jamais joué, et punaise, j'en ai joué à des jeux! Regardez un peu ce que cela donne... Et c'est une infime portion de ce que l'on peut voir dans ce jeu. 





  • Creating a real wealth economy Un livre qui consiste en un certain nombre d'essais par des économistes qui expliquent l'origine du capitalisme moderne, le fonctionnement de l'économie (d'où vient l'argent?), comment la notion d'économie de marché a été confondue avec capitalisme moderne debridé et les problèmes que cela engendre, et surtout, surtout (car c'est rare), ce que l'on pourrait faire pour créer une vraie économie de marché créatrice de richesse pour tous et sans détruire la planète au passage. Je recommande ce bouquin ne serait-ce que pour les 3 premiers chapitres, qui m'ont enfin permit de comprendre comment fonctionnaient la création de monnaie et les "crédits". D'ailleurs, honnêtement, c'est tellement à vomir d'indignation quand on comprend vraiment comment le système marche que je me dit parfois que j'aurais préféré ne pas savoir. Attention, ce livre est en anglais. 

  • Souffle de vie, dernière campagne de l'asso Laurette Fugain pour les dons de sang et de moelle osseuse. Bon, je ne suis pas super fan, je comprend la métaphore du court métrage, c'est bien fait, c'est sympa, mais je trouve ça un peu... Je ne sais pas, un peu creux quoi. Par contre j'imagine que cela peut plaire et parler à des tranches d'âges différentes de la mienne, et ça, c'est bien. 




  • Pour les guitaristes, la chaine youtube de Troy Grady, et en particulier sa série "Cracking the Code". C'est à la fois une plongée historique dans l'évolution du jeu virtuose à la guitare électrique, et un cours de guitare contenant des trucs absolument essentiels que j'ai rarement vu ailleurs. Les petits secrets qui font toute la différence entre une phrase injouable et un solo d'enfer, secrets qui sont parfois d'une simplicité crasse... mais si vous ne les connaissez pas, jamais vous ne jouerez comme un pro. Très fun, rythmé, et intéressant. En anglais. Et en plus y'a une image de chat. 



mercredi 8 mars 2017

6 ans après la leucémie

8 mars 2011 - 8 mars 2017:  Cela fait 6 ans que ma vie a changé radicalement.

Il y a des années où j'ai complètement oublié cette date, et des années où cet anniversaire particulier m'a beaucoup marqué, voir affecté. 2017 fait partie de la deuxième catégorie.

Au moment où j'écris ces mots, je suis dans un état vraiment étrange. J'ai mal dormi, je suis extrêmement fatigué, je pourrais m'endormir sur mon clavier. Il me suffit de fermer les yeux et de laisser mon esprit dériver pour me sentir partir en pré-sommeil.

Je suis mélancolique. Je devrais être heureux, mais je suis mélancolique. C'est la fatigue, invariablement, cela me plombe le moral. Je le sais, c'est normal, je me connais, c'est passager. Mes pensées se tournent vers ces êtres humains que j'ai croisé ces dernières années et qui sont malheureusement partis. Le Warrior, Katy... Je n'ose pas prendre des nouvelles de certains d'entre vous, à cause de cela. J'ai peur d'apprendre d'autres terribles nouvelles. Je me demande parfois, pourquoi moi, et pas eux? Je mesure combien je suis passé près de la "catastrophe". J'essaie d'éviter de trop y penser, tellement cela fait froid dans le dos, pourtant cela me rattrape en ce moment et particulièrement un jour comme celui-ci.

Je voulais profiter de cet anniversaire pour vous faire part d'une révélation que j'ai eu récemment, qui concerne mes parents et le rôle qu'ils ont joué lors de la partie la plus "rock&roll" du traitement (la chimio, puis la greffe).

Il faut savoir que j'ai commencé, il y a maintenant plusieurs années, à réécrire des textes du blog pour en faire un livre sur la maladie (ce projet est d'ailleurs en pause par besoin d'arrêter de penser maladie du matin au soir). J'ai transmis à mon père, à sa demande, une copie de travail. Quelques jours plus tard, il m'a demandé de ne pas le faire lire à ma mère. La maladie l'a beaucoup affecté, elle a vraiment eu peur pour moi et il ne voulait pas lui faire revivre ce traumatisme au travers de mon texte, qui est très dur par endroit, beaucoup plus que ce que j'ai pu écrire ici. Sauf que ma mère n'est pas débile, elle a fini par percuter ce qu'il lisait en cachette et l'a lu à son tour, en cachette elle aussi. Pour ne pas inquiéter mon père, forcément. Je vous jure, les messes basses, parfois c'est fatiguant dans cette famille.

Un soir au téléphone, elle me confesse son "méfait". En me demandant de ne pas en parler à mon père, bien sûr (d'ailleurs, je reviens sur cette promesse dans ce post, je réalise à présent). Puis elle me fait la confession suivante:
"Ton texte est incroyablement dur par moments. Je crois qu'on a pas bien réalisé à quel point ce que vous avez vécu a pu être difficile... J'ai peur que l'on ne vous ai pas assez soutenu."

Je ne sais pas si vous vous rendez compte. C'est une pneumologue, qui traite des malades du cancer tous les jours, qui fait cette confession. Elle devrait comprendre mieux que n'importe qui, mais non. Et c'est normal. Il n'y a que les malades et les gens qui vivent avec eux qui peuvent vraiment comprendre. Côtoyer des malades dans la vie de tous les jours ne suffit pas.

Pour ne rien arranger, comme on communiquait essentiellement par Skype, j'essayais toujours de faire bonne figure, de ne pas trop inquiéter. La culture des messes basses de la famille, encore une fois, moi aussi j'en suis coupable; je m'en rends compte. Même lorsque j'avais l'air d'un cadavre j'essayais d'avoir le sourire; de donner le change. Et puis de toute façon, il y a des trucs que l'on ne peut comprendre que si on les vit, ou si on vous les explique sans édulcorer, comme la journée ou j'ai subi des transfusions de 8h du matin à 2h du matin le jour suivant, sans que mes plaquettes n'augmentent jamais, me laissant toute la journée à la merci de la moindre hémorragie. On ne peut pas comprendre l'horreur sous-jacente sans vivre la même chose, je pense. Et comme je faisais attention à bien minimiser l'horreur lorsque je racontais mes journées, ils ne pouvaient pas se rendre compte.

Résultat des courses, oui, j'en ai parfois voulu à mes parents. De ne pas me protéger de leur stress, par exemple. Etant médecins, ils connaissaient tous les risques et bien sûr me donnaient des cours de prudence sanitaire à longueur de coup de téléphone. Grâce à eux, j'ai développé un certain nombre de tocs et de phobies dont j'ai ensuite mis des années à me défaire. Ceci étant dit, remarquons bien que: je n'ai jamais fait d'infection pendant le traitement, contrairement à l'immense majorité des malades que je connais. Comme quoi, leurs conseils ont servi à quelque chose.

Je leur en ai voulu de leur manque de soutient, oui, c'est sur. A plusieurs reprises ils m'ont confronté au fait que la situation était très difficile pour eux, à leur stress, à leurs inquiétudes. J'ai parfois eu l'impression d'être le parent qui s'occupe de ses enfants et qui essaie de gérer les choses pour éviter de les traumatiser, un rôle dont je me serais bien passé à l'époque. J'ai aussi été confronté à leur manque de disponibilité, parfois. Et oui, vous, le malade, vous vous rendez bien compte que s'ils ne vous donnent pas de leur temps maintenant, il sera peut-être trop tard dans quelques jours/semaines... Mais pour les gens qui vivent cela de l'extérieur, c'est difficile à réaliser. Ils ont envie de continuer leur vie normalement, c'est normal. Comme le malade, d'ailleurs, sauf que le malade n'a pas le choix.

Pourtant, malgré cela, j'ai réalisé il y a quelques jours que mes parents m'ont fait un cadeau inestimable dont je ne leur ai jamais parlé, et pour lequel je ne les ai jamais remercié.

Je ne sais pas bien pourquoi, mais j'ai toujours cru que je m'en sortirai. J'ai réellement compris que je risquais de mourir, et cela dès le premier soir, mais j'ai pourtant toujours cru dur comme fer que je m'en sortirai vivant. Et c'est lié à eux, à mes parents, à leur existence et à la conception de la famille qu'ils ont crée et qu'ils m'ont transmis. J'ai du mal à articuler exactement pourquoi, mais je le ressens dans mes tripes.

En fait je crois que je l'ai compris grâce à Virginie.

Virginie est orpheline. Elle a perdu son père étant enfant, et sa mère il y a quelques années. A présent, elle élève sa fille seule. Elle n'a plus de grand-parents non plus (foutu cancer). Pas de famille proche. Orpheline quoi.

Je me rends bien compte du poids qui pèse sur elle, surtout vis-à-vis de sa propre fille. Si elle flanche, sa môme trinque. Elle a un devoir de survie jusqu'à ce que sa fille soit en état de se débrouiller seule, et elle joue sans filet, ce qui crée une pression, un stress permanent.

Par contraste, je sais que malgré tout ce que j'ai pu écrire, lorsque j'ai dit à ma mère, "Là c'est grave, faudrait vraiment que tu viennes." et bien elle était là le jour suivant. Je sais que si je suis vraiment dans la mouise, je pourrais toujours compter sur eux. Oh, ils râleront peut-être, mais ils seront là.

Vous savez, c'est comme lorsque vous avez la grippe. Même à quarante balai, lorsque vous avez la fièvre, explosé sur votre canapé, vous avez une seule envie, que votre maman vienne s'occuper de vous, vous fasse à manger et vous tienne la main en vous disant que cela va aller, comme lorsque vous étiez petit. Quand vous avez toujours vos parents, le seul fait qu'ils existent, même s'ils sont à des milliers de km de distance, c'est déjà un soutient. Au passage, je parle de parents, mais j'entends aussi famille au sens plus large. Frères, sœurs, oncles, cousins, ça marche aussi.

J'ai la chance de les avoir. D'avoir la croyance  -- fausse d'ailleurs, l'adulte qui est en moi s'en rend compte -- que tant qu'ils seront là, tout ira bien.

Quelque part, ils m'ont fait le cadeau inestimable de me permettre, de temps en temps, de me reposer de tout ce stress en retombant en enfance, en déchargeant mon fardeau sur leurs épaules. Pas nécessairement directement d'ailleurs. Il suffit parfois de se dire, "Oh, au pire, Papa connaîtra la réponse à cette question" pour se rassurer.

Sur un plan un peu plus pragmatique et terre à terre, mes parents m'ont aussi aidé de part leur profession: j'ai toujours eu le sentiment d'être un peu spécial dans le milieu hospitalier. Comme ils sont médecins, cela a toujours facilité la communication avec les équipes médicales, cela a aussi facilité mes propres prises de décisions car j'ai pu prendre des avis éclairés, me faire expliquer des choses... L'avis d'une personne en qui vous avez confiance, dans cette situation, c'est inestimable vous savez. D'ailleurs, quand je vois à quel point certaines décisions ont été compliquées alors que je suis fourni avec un cerveau en relativement bon état de marche, une éducation décente  et que j'ai des parents médecins en support, je me dis qu'il y a des gens qui n'ont pas l'un ou l'autre (ou plusieurs) de ces composants qui doivent sérieusement en baver.

C'est bizarre, parce que c'est de m'occuper de J, la fille de Virginie, de réaliser que nous trois formions une famille, et de décanter les implications que cela a qui m'a permis de comprendre ce que je viens de vous raconter.

Voilà, je vais abréger un peu.
En ce jour d'anniversaire, j'ai une pensée pour tous les parents qui se battent pour un de leurs enfants. J'ai aussi une pensée pour la famille de Celia qui m'a accueilli à bras ouverts et qui m'a énormément soutenu. Pour Celia, sans qui je ne serais pas là aujourd'hui. Nos chemins se sont séparés, c'est comme cela. Aujourd'hui nous sommes tous deux heureux, c'est le principal.
Une pensée pour mes parents, bien évidement, relisez le post si vous n'avez pas compris pourquoi.
Enfin, une pensée particulière pour Virginie (et Julie). Nous trois, nous sommes une famille, et vous faites aussi maintenant partie de la mienne, soyez en bien persuadées. On est un peu cons et taiseux de part chez nous, c'est le sang normand, mais nous sommes toujours là les uns pour les autres au final.

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