Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de notre combat contre la leucémie.

lundi 21 septembre 2015

La loi des plaines chapitre 12: La loi des plaines

Ceci est le chapitre 12 de "la loi des plaines". Vous retrouverez le chapitre précédent ici. L'histoire se termine, il reste 4 chapitres très intenses... J'espère que cela vous plaira! N'hésitez pas à me laisser vos impressions :).

Contrairement à ce que les habitants des citées assiégées de Yaghan pouvaient croire, les Nʉmʉ entraient rarement en contact avec les morlocks. Leur mobilité et l'immensité des plaines leur permettait généralement de se tenir loin des ennuis. Ils se trouvaient confrontés à ces monstres que lorsqu'ils appliquaient les tactiques de guérilla qui faisait la réputation de leurs ancêtres afin de détruire des petites meutes de morlocks; et ce avec des pertes minimales.

Mais quand les morlocks tombaient sur un campement pour une raison quelconque, généralement parce que les scouts avaient commis une erreur, la catastrophe était presque certaine. Les seuls guerriers qui pouvaient combattre les morlocks et vaincre même ceux-ci étaient en surnombre étaient les légendaires Ancillas de l'École de Guerre de Gond, des soldats formés depuis l'enfance au combat et à l'utilisation de Dons magiques qui éclipsaient ceux des hommes ordinaires. Les Nʉmʉ étaient probablement les meilleurs guerriers de Yaghan, ne cédant la première place qu'à ces combattants légendaires, mais même eux n'avaient aucune chance lorsqu'ils étaient submergés par une horde de morlocks supérieure en nombre. Dans cette situation critique, la chose la plus importante était de s'assurer que la tribu survive et puisse transmette son héritage à la génération suivante. Ce but primait sur tout le reste, même si cela signifiait souvent que beaucoup de personnes aient à se sacrifier pour permettre à quelques-uns de vivre. Une tribu avait besoin de ses meilleurs chasseurs pour survivre à l'hiver, alors quand la tragédie était presque certaine, ils avaient pour consigne de s'enfuir. Tourner le dos à leurs ennemis jurés rendait chaque Nʉmʉ malade de honte, de colère et par dessus tout de chagrin, mais leur devoir était plus important que quoi que ce soit d'autre.

Kanaretah le savait, elle savait qu'elle était importante et qu'elle devait trouver un moyen de sauver les atouts qu'étaient Tabbaquena, Yahneequena et sa personne même... Mais elle ne voyait pas comment s'en sortir, pas avec les monstres presque sur eux. Je dois faire de mon mieux pour sauver les miens, se rappela-t-elle encore et encore, comme pour s'en convaincre.
"Towasi!" cria-t-elle. "Towasi, partez, dis leur de fuir, que les chasseurs prennent les enfants avec eux et fuyez! Nous allons les ralentir!"

Towasi n'était pas une lâche. Malgré son jeune âge, elle avait combattu les morlocks de nombreuses fois. Mais cette créature malfaisante perchée sur un kʉtsʉtoya dressé était une chose plus horrible que tout ce qu'elle avait pu voir auparavant. Dans un moment de clarté, elle réalisa que même si elle s'enfuyait, ses chances d'en réchapper étaient très minces. Alors, elle ordonna à son cheval de faire volte-face et galopa vers la caravane. Elle pleurait en chevauchant car elle savait que ses amis étaient morts.

Kanaretah se sentit légèrement soulagée. La jeune fille s'en sortirait, peut-être. Une petite victoire, c'était mieux que rien lorsque vous faisiez face à l'extermination.
"Tabbaquena!" cria-t-elle. "Toi aussi!"
«Nous sommes condamnés et tu le sais!" dit le vieux chaman sèchement. "Je peux gagner du temps, ils auront besoin de toi s'ils survivent!"
Il avait raison. C'était la loi des plaines, elle devait rester en vie et s'assurer que la tribu lui survive. Mais elle ne pouvait pas s'y résoudre. Elle ne pouvait pas quitter Yahnee, sanglotant à ses côtés, ou son vieil ami le chaman.
"Tu perds du temps!" cria Tabbaquena.
Il gifla la croupe de Neraquassi et lui ordonna de fuir avec toute la force de son esprit. Le cheval était moins têtu que sa cavalière et bondit dans la direction du reste de la bande.
"Yahnee, lève-toi." dit fermement le  chaman, tournant son attention vers le garçon en sanglots.
Le jeune brave arrêta de se griffer le visage et le regarda, saisit par la présence implacable du vieil homme.
"Tu est un Nʉmʉ, un Seigneur des Plaines. Comporte toi comme tel et meurs comme il se doit! Arrête de te chier dessus et lève toi!" dit le chaman.
Etre traité de lâche était la pire des insultes pour un guerrier et le meilleur moyen de le faire sortir de ses gonds. Yahnee ne faisait pas exception. La colère grandit en lui et balaya sa peur de côté.
Il hurla de rage et de frustration, vomit, et, tremblant, enfourcha Wakaree d'un bond. La loi des plaines voulait qu'il s'enfuit, mais il n'en avait pas l'intention. Il était responsable de ce qui se passait, il devait expier sa faute.

«Je suis désolé mon ami, mon frère," dit-il doucement à son cheval. "Ce soir, nous serons réunis auprès du Grand Esprit."
Wakaree ne comprenait pas vraiment le concept; une seule chose était claire pour lui : il serait allé n'importe où avec son frère, même si cela signifiait galoper vers ces bêtes immondes sentant la mort et la corruption.
"Wakaree et frère Yahnee chassent. Ensemble. Heureux" dit le cheval.
"Oui, ensemble» murmura Yahnee avec un sourire triste.

La tête haute, ensemble, ils ont se dirigèrent vers la horde, vers une mort digne.

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