Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de notre combat contre la leucémie.

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

Je serais super bref: priorité à la famille, pas question d'en rater une miette en passant trois heures à pondre des voeux.

Joyeux Noël à tous, on se revoit en Janvier.

mercredi 15 décembre 2010

Vacances

Putain, un an!

Jour pour jour cela fait un an que nous n'avons pas passé plus de 5 jours d'affilée loin du boulot. Du coup j'ai un peu du mal à assimiler que dans quelques heures nous serons dans un vol direct pour Paris.

A vrai dire, j'appréhende un peu. On est heureux, forcément. Quasiment tous les jours, nous allons revoir des têtes que nous n'avons pas vu depuis depuis un an. Malheureusement, nous ne pourrons pas voir tout le monde. Et puis pour chaque retrouvailles il y aura aussi des au revoir, et ça, ça gonfle un peu.

Il faut juste en profiter un jour à la fois et ne pas trop penser qu'on reprend l'avion le 1er.

Trêve de jérémiades, il faut que je vous raconte un rêve de Celia.

Figurez-vous qu'elle a rêvé qu'elle était dans un magasin et qu'elle se trompait et se retrouvait derrière le comptoir par accident.

Dans son rêve, elle s'attendait à ce que la vendeuse s'excuse que cela soit mal indiqué, à l'américaine où le client a toujours raison.

Figurez-vous qu'à la place, elle s'est fait hurler dessus par la vendeuse. Dans son rêve, elle était déjà de retour en France.

Je trouve ça magnifique: le cerveau qui se prépare en avance. Un peu triste aussi: vous rendez vous compte que nous sommes français et que la seule chose dont nous rêvons avant de venir en France, c'est le manque d'amabilité de nos concitoyens?

Allez, aux armes citoyens, préparez vos cotillons, on arrive!

mardi 14 décembre 2010

Une histoire de fuite

Non, je ne vais pas vous parler de Wikileaks, même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Pour changer je vais encore vous entretenir de la pluie. On n'est pas à Seattle pour rien.

L'année dernière à la même période, nous vivions encore dans notre premier appartement, situé au premier étage d'un immeuble pour étudiants bon marché et, avouons-le, quelque peu vétuste.

En novembre, quand il a commencé à pleuvoir de façon continuelle, nous avons eu la surprise de trouver un jour des flaques sous la fenêtre de notre séjour. Après investigation de l'équipe de maintenance de l'immeuble, il s'est avéré que la pluie ruisselait contre les murs extérieurs et s'infiltrait dans divers défauts du revêtement pour finir dans notre salon.

Nous étions légèrement interlocutés; d'ailleurs cela aurait pu mal finir cette blague, la flaque s'étant formé au dessus d'une prise électrique. Nous pensions, naïvement, qu'au pays de la pluie ils auraient appris à faire des habitations étanches même dans des immeubles bas de gamme. Il se trouve que non.

Un an plus tard. Nous habitons désormais au dernier étage d'un immeuble "de standing" flambant neuf, aux dernières normes. Un vrai bâtiment avec du vrai béton dans les murs, à priori aussi étanche qu'un sous-marin.

Quand la pluie a commencé à pisser dru, pas de panique. Nous avons continué à dormir sur nos deux oreilles bercés par le bruit de la pluie frappant nos fenêtres, confiants (et naïfs) que nous étions. Jusqu'à Lundi dernier.

Je me suis réveillé au milieu de la nuit. J'ai le sommeil plutôt léger en règle générale, les trucs inhabituels en particulier me tirent facilement du sommeil. Je me suis réveillé donc, vaguement agacé par le bruit du voisin du dessus en train de prendre sa douche.

Come on. Prendre une putain de douche en plein milieu de la nuit? Faut quand même être chiant. Je me retourne, essaie de me rendormir. Punaise. Gonflé quand même ce voisin.

Sauf que. Il n'y a pas de voisin au dessus de nous, on est au dernier étage. Comme disent les anglais:

"Bollocks".

Sans jeu de mot, c'est la douche froide: je saute du lit, me précipite dans le salon, et découvre un filet d'eau qui coule allègrement du plafond. Je m'habille dare-dare, file sur le toit, et... Rien. Tout semble nickel, pas de fuite en vue. Je redescend et essaie de limiter les dégâts en plaçant stratégiquement saladiers et serviettes.

Le lendemain. Le service de maintenance est comme d'habitude efficace, à huit heures un technicien constate les dégâts et va faire son enquête. Je prend l'ascenseur pour aller bosser et en attendant j'entends distinctement un

"Ploc."

Comment ça, "Ploc."? Je lève les yeux et me rend à l'évidence: l'ascenseur fuit. Ben voyons. Je pars en quête du technicien et lui signale la nouvelle fuite. Celui-ci me remercie abondamment: il y a deux ans, une fuite similaire a fait griller l'ascenseur, ce qui l'a apparemment bien fait chier.

Le soir, en rentrant du boulot, je passe voir les gérants de l'immeuble, qui s'excusent profusément, en m'assurant que cela n'est arrivé qu'une fois auparavant. Comme si j'allais les croire...

Bref, j'en remet une couche après mes posts sur l'électricité de Seattle. Derrière le clinquant, le grandiose de l'Amérique, plus grand pays du monde, il y a le carton pâte, les constructions bon marché ou des économies sont faites à tous les niveaux pour dégager plus de marge au constructeur.

Le pire c'est que dans ce petit jeu, le promoteur est toujours gagnant, et le consommateur souvent perdant: les immeubles sont construits à peu de frais, et l'on fait payer aux locataires un service de maintenance. Certes, c'est un plus en terme de qualité de service, mais c'est avant tout une nécessité pour rafistoler ce qui pète inévitablement et probablement un moyen de se faire un peu de marge au passage.

Les américains commencent à se rendre compte du problème, mais on ne vit clairement pas dans la même échelle de temps: ils préfèrent des économies immédiates à un cout moindre sur le long terme. Quelque part, c'est aussi un peu normal: quand nous sommes arrivés à Seattle, je parlais à un ami de mon appartement à Paris, acheté en empruntant sur 30 ans. Cela lui semblais aberrant de penser que l'immeuble serait encore là dans plusieurs décennies: j'ai du lui expliquer que mon appartement existait déjà quand Seattle avait tout juste 30 ans... Forcément les données du problème ne sont pas les mêmes.

Em me relisant, Celia me dis que je suis partial et que je tire dans ces trois derniers paragraphes des conclusions de façon un peu hâtive en me basant sur deux exemples ponctuels. Son coté scientifique, surement, mais elle n'a pas forcément tort. Moi ce que je sais, c'est que si je trouve un bug à l'oeil nu, c'est surement qu'il y en a 25 planqués. Mon coté informaticien, surement.


jeudi 9 décembre 2010

Apocalypse Snow III

Et ben dis donc!

Avec ce qui tombe à Paris, je fais petit joueur avec ma tempête de neige!

Bon les français vous êtes surement au courant de ce qui se passe, mais pour les expats j'ai fait une petite compilation glanée sur la toile.

On commence par une petite séance de luge derrière un tram:


Commentaire d'un collègue: "Trop fort. Ici le gars se ferait arrêter pour terrorisme". Hum...

Séance de snowboard sur Montmartre:


Je vous conseille aussi d'aller voir la galerie photo de Pierre Morel qui s'est apparement fait un petit trip freeride aux Buttes Chaumont. Les photos sont magnifiques, et punaise je regrette de ne pas avoir été là. Skier à Paris. Dans la poudreuse. Avec la Tour Effeil comme arrière plan. Misère!

Enfin, j'ai lu une histoire excellente sur Vie de merde aujourd'hui, je me permet de citer sans vergogne:

Aujourd'hui, chauffeur de bus, je vois un adolescent qui me fait signe pour monter. Je m'arrête, j'ouvre les portes, il me lance une boule de neige et part en courant.

Moi j'imagine la scène et ça me fait hurler de rire, je trouve ça excellent. J'en parle à un collègue, qui me fait remarquer qu'ici, ce serait très risqué de faire cela.

En effet, tout acte de violence envers un conducteur de bus est une "Felony", ie un crime passible de plus d'un an de prison ferme. Et dans ce pays, il est plus que possible que cela ne fasse rire ni le conducteur, ni le juge, ni le jury... C'est triste quand même, non?

mercredi 8 décembre 2010

Busy Busy Busy

Je sens que je vais encore me faire rare sur ce blog d'ici la fin de l'année.

Nous venons passer les fêtes en France, du coup nous partons deux semaines et demies.

Cela génère pas mal de logistique: il faut s'assurer que les chats sont en de bonnes mains, faire les différentes manipulations bancaires qui s'imposent, préparer tous les détails et billets de train en avance afin de ne pas perdre de temps sur place, acheter tous les cadeaux...

La pression au boulot est aussi à son comble, j'ai une livraison à préparer pour le 15 décembre et je n'ai pas le droit de me rater, la période de Noël étant l'une des plus actives de mon industrie. Les vacances sont déjà un peu mal vues ici, il vaut mieux que j'évite les conneries, d'autant que je prend du sans-solde et donc serait parti plus longtemps que mes camarades.

Pour en rajouter une couche, nous achetons une voiture à des expats qui partent de Seattle pendant que nous seront en France. Il nous faut donc finir toutes les formalités avant de partir et même si c'est les U.S (avec l'efficacité administrative sous-jacente), c'est long et pénible, d'autant plus quand on ne connait pas bien le système.

Bref, on est un peu sous la vague, difficile pour moi de garder le rythme d'écriture habituel.

L'année prochaine, il est fort probable que nous ne venions pas en France pour les fêtes. Je n'ai que 2 semaines de vacances par an ce qui n'est pas beaucoup et est encore moins pour des expats... Nous avons envie de prendre un peu de temps pour voyager, ce qui est presque impossible si nous consommons systématiquement toutes mes vacances à Noël. Cette année notre visite en France sera donc un peu différente de l'année précédente. On se disperse moins, l'objectif est avant tout de passer du temps en famille.

Punaise. Je suis fatigué d'avance en imaginant le marathon qui nous attend. Nous arrivons à Paris le matin, nous déjeunons avec des amis, prenons l'apéro avec d'autres, allons diner avec un troisième petit groupe. Après 10h de vol et avec 9h de décalage dans la tronche.

Je sens qu'il va encore nous falloir des vacances après les vacances.

jeudi 2 décembre 2010

Electricité de Seattle II

J'ai déjà parlé de l'état plus qu'approximatif des câblages électrique de Seattle. Apparemment c'est pareil dans d'autres villes des US, puisque Dolce se faisait la même réflexion il y a quelques temps, qualifiant même les US de Tiers Monde de l'occident.

Vous trouvez qu'elle y va un peu fort?

Pas si sûr.

Lundi, un chien est mort électrocuté en passant à côté d'un réverbère. Le truc devait mal être mis à la terre, et s'est déchargé dans le pauvre corniaud. Notez que c'est arrivé en bas de Queen Anne, un quartier plutôt huppé, tout proche du centre ville, une rue très passante. En gros, coup de bol, c'est le chien qui a pris et pas sa maîtresse ou un quidam.

Je lisais un peu des articles à la suite de ça, et apparemment ça arrive assez régulièrement dans l'ensemble des US. Suite à la mort d'une petite fille à New-York, par exemple, toutes les installations sous tension sont maintenant vérifiées plusieurs fois par an.

Pendant la tempête, un des trucs qui me faisait le plus peur dès qu'on mettait le nez dehors c'est qu'un feu de signalisation nous tombe dessus. En général ces machins sont pendus à des câbles tendus au dessus des intersections. Avec le vent, ils dansaient une gigue pas possible, je ne trouve pas ça très rassurant. J'essayais de me rassurer en me disant que dans ce pays obsédé de façon maladive par la sécurité, tout doit quand même être aux normes et parfaitement sûr.

Mouais.

mercredi 1 décembre 2010

Mon Truck!

Bon je vais pas en rajouter des tonnes sur Thanksgiving, vu que tous les expats US y vont de leur post. Sachez juste que cette année, nous sommes parti passer 4 jours en Oregon avec des amis.

Comme nous allions à la campagne visiter des vignobles, pas question d'y aller en train: il nous a fallu louer une voiture, et nous avions donc réservé un petit modèle de la taille d'une Clio.

Mercredi soir, je me hâte avec lenteur (pas envie de me rétamer sur les trottoirs congelés) afin d'arriver avant la fermeture de l'agence. C'est limite: j'arrive 2 minutes avant que le gars ne mette les voiles. Il a une mauvaise nouvelle à m'annoncer: il n'y a plus de voiture disponible dans la catégorie que j'ai choisi, je vais donc être upgradé gratuitement.

Le monsieur s'éclipse pour aller chercher mon véhicule. Je croise les doigts, faire un bout de route en Lexus, cela ne me déplairait pas. Une voiture se gare devant l'agence, je me retourne, et je tombe face à ça.


Un Chevy Colorado 4x4. Rouge. (Le rouge, ça va plus vite).

Le véhicule parfait pour une fête typiquement américaine. Un putain de monstre qui suce 40 litres pour faire 350 bornes. Ma fierté.

Normalement, c'est le genre de voiture qui me fait gerber. D'autant qu'ici les gens semblent considérer cela comme une voiture, pas comme un utilitaire que l'on utilise exceptionnellement. Mais bon je n'ai pas le choix, et puis avoir un 4x4 par ce temps pourri, je dois dire que cela me rassure.

Ce genre de jouet, tu as beau trouver ça une aberration, quand tu es au volant, tu perds une portion significative de ton QI, et je ne fais pas exception. J'ai donc insisté tout le week-end pour faire le taxi pour tout le monde, rageant en croisant des trucks plus imposants que le mien et me moquant des péquenots dans leurs petites voitures ridicules.

Le plus perturbant de toute cette aventure, c'est l'expression étrange que nous lisons dans les yeux des gens en nous arrêtant sur le parking d'une grande surface en plein territoire Redneck. C'est palpable, évident. On nous regarde avec respect. On a un gros truck rouge.



lundi 29 novembre 2010

Apocalypse Snow II

La neige aura finalement duré un peu plus de trois jours.

Trois jours de bonheur pour moi: je suis resté travailler à la maison Lundi, Mardi et Mercredi. Comme Jeudi nous partions pour l'Oregon pour fêter Thanksgiving, cela m'a permis de passer une semaine loin du bureau, ce qui fait du bien.

J'avais de vagues remords de ne pas avoir tenté de prendre le bus, et puis des récits quelques peu effrayants me sont parvenu: une de nos amies est allée chercher sa mère à l'aéroport et a passé 9h30 dans sa voiture. Elle a finalement du dormir sur place. Un collègue est resté coincé 6 heures au lieu des 15 minutes que lui prend son trajet habituellement.

Le coup de grâce c'est la vidéo suivante, prise à Capitol Hill lundi soir. Je vous conseille de regarder le clip en entier pour voir le magnifique dérapage d'un bus bourré à craquer (c'est vers le milieu de la vidéo je crois), ou une voiture faire un 360 parfait et repartir comme si de rien n'était.


Mardi, nous avons fait une pause en milieu de journée pour aller se promener dans et autour l'Université et dans les beaux quartiers de U-District. L'ambiance est un peu irréelle: les rues résidentielles ne sont pas déneigées, il n'y a presque pas de voitures, tous les sons sont étouffés, la neige crisse sous nos pas. On pourrait aussi bien être en pleine montagne à 2000 mètres d'altitude.

Il faut faire attention où l'on marche: le trottoir est souvent gelé ce qui nous pousse à nous promener en plein milieu de la rue. C'est à peine moins dangereux: des étudiants font de la luge, profitant des dénivelés importants du quartier. D'autres nous dépassent en ski de fond. En haut d'une colline, des jeunes ont improvisé une piste de ski alpin. Bref, les gens en profitent et s'éclatent.


Je vous laisse aller regarder les photos sur Facebook, ça vaut le détour.

lundi 22 novembre 2010

Apocalypse Snow

Bon ok ça fait deux posts dans la même journée sur le même thème mais honnêtement je n'ai jamais vu ça.

En lisant ce qui va suivre, rappelez vous que Seattle est une ville au niveau de la mer, où il neige environ une fois tous les dix ans (et qu'on est seulement le 22 novembre).

Il a neigé ce matin de notre réveil vers 7h (donc cela a surement commencé avant) jusqu'à environ 10h, puis il a neigé par intermittence le reste de la journée.

Depuis 18h il neige à nouveau, et pas qu'un peu: c'est une véritable tempête. Honnêtement je n'ai jamais vu çà, à part à 2000m d'altitude. Les flocons sont énormes, et il y a un vent surpuissant.


De notre appartement, on entend en permanence un espèce de vrombissement sourd causé par les rafales de vent contre la balustrade de la terrasse du toit. Regardez l'amoncellement contre la porte.


Les rares voitures qui roulent sont au pas, les routes sont presque intégralement blanches.

L'université a officiellement fermé ses portes, et une ligne spéciale a été mise en place dans ma boite, avec pour seul but de nous avertir si les bureaux sont fermés demain où pas.

Ça peut sembler hallucinant, mais il neige tellement rarement que rien n'est prévu pour gérer... Moi je reste à la maison en télétravail, quoi qu'il advienne. Même si les bus fonctionnent demain, ce dont je doute, pas envie de me retrouver coincé dans un accident à la con.

Il neige

Et ben, c'était pas de la blague ce que je vous racontais sur "la Nina".

le toit de notre immeuble est couvert de neige
Ça fait au moins deux heures que cela tombe à gros flocons, sans faiblir. On est le 22 novembre dans une ville ou il ne neige normalement jamais. Cela promet...

Bon quelque part, moi ça m'arrange, cela me donne une raison pour travailler à la maison. J'espère juste que cela ne va pas trop perturber les plans de Thanksgiving...

jeudi 18 novembre 2010

Produits du terroir

Surprise chez Trader Joe's ce soir:

le beaujolais nouveau est arrivé

Le beaujolais nouveau est arrivé! On remarquera la petite pancarte constellée de fautes (on dirait un de mes posts), pas être capable de recopier un mot, il faut quand même le faire...

Come on, c'est comme le port salut, c'est écrit dessus!

On est aussi tombé sur du camembert le Rustique! Pas trop cher en plus. Un trésor pour un normand!

Miam!


mercredi 17 novembre 2010

Le jour où je me suis fait draguer

Le jour où je me suis fait draguer, j'étais en polaire. Et cela m'a un peu traumatisé.

J'essaie de toute mes forces de résister à la mode locale et de continuer à m'habiller comme à Paris, même si j'ai été obligé de réduire un peu la voilure afin de ne pas trop trancher avec mon environnement. J'évite par exemple de porter des bottines en cuir ou une chemise trop cintrée.

Inversement, je ne succomberai jamais à la mode locale comme porter un t-shirt en coton blanc en dessous de sa chemise en toutes circonstances, faut arrêter de déconner cinq minutes, merci bien.

Pour mon manteau d'hiver, je vous avoue tout net, j'ai galéré. On est dans la patrie de Patagonia et The North Face, des vêtements hyper fonctionnels pour le ski et la rando, mais qui se ressemblent tous et qui ne ressemblent pas forcément à grand chose, il faut bien l'avouer.

J'ai fini par jeter mon dévolu sur un manteau "686" mieux coupé et et plus original que la moyenne dont je suis assez satisfait. Seul problème, ce n'est pas un vêtement chaud: je lui ai donc adjoint une doublure en polaire noire Patagonia, que je porte uniquement en dessous de mon blouson, comme un secret honteux.

Sauf il y a deux semaines.

J'étais chez le médecin, pas forcément super dans mon assiette. Du coup, je suis resté en polaire. J'avais froid, même à l'intérieur du dispensaire. Je sais, ça explique, mais ça n'excuse pas...

Arrive une infirmière, qui doit me faire une prise de sang. Elle commence à me faire la conversation, vous savez le traditionnel décompte "A trois! Un, deux... Aie!". Sauf que plutôt que de me refaire ce coup vieux comme le monde, elle commence à glousser en relevant ma manche.

"C'est tellement doux... Vous savez, c'est tellement doux, c'est comme une peluche... On voudrais vous faire des câlins... On vous fait des câlins? Oh! Mais vous êtes marié! Vous devez en avoir, des câlins... Et votre accent, c'est d'où?".

L'estocade: "Je suis français".

Je vous explique pas dans quel état ça l'a mis... "Oh my gosh, this is so cooool!", avec passage à l'octave et petits rires en prime. Une peluche française, ça a du lui faire sa semaine. A sa décharge, même toute émoustillée, elle m'a piqué vite et bien, je n'ai rien senti.

Je suis sorti du dispensaire complètement scié. Je me suis fais chier pendant un temps certain à dégoter LE vêtement d'hiver qui soit un tant soit peu élégant et qui me distingue de la masse, afin de passer l'hiver sans avoir l'air d'un bibendum Michelin.

Et c'est quand je me balade en polaire que je me fais draguer.

Parfois, faut pas chercher à comprendre.

lundi 15 novembre 2010

Couleurs d'automne

Depuis quelques temps, je suis relativement maussade. Pris par la routine et le rythme soutenu du boulot, fatigué par un été stressant et quelques ennuis de santé, j'ai un peu perdu cette magie d'être dans un pays étranger à dix mille kilomètres de là où je suis né.

Je suis à 8h45 au boulot, tous les matins. Je bosse mes 8h d'affilées en prenant à peine le temps de manger et en cherchant à toujours montrer plus, que je m'améliore, que je j'apprends, que je suis le meilleur. Je décolle à 17h comme tout le monde, et comme tout le monde je ne pourrais de toute façon pas aller plus loin parce que je suis cuit. J'attends mon bus dans le froid, sous la pluie. Il est une fois de plus bondé et je me retrouve coincé contre une porte à me faire engueuler pour la n-ième foi par le conducteur parce que je suis devant la ligne jaune. Dans mon deuxième bus, je m'endors comme d'habitude, malgré mes tentatives pour lire un peu.

Mon quotidien n'est plus une expérience amusante et exotique. Parfois, fatigue aidant, il me fait même chier, comme le quotidien de n'importe quelle personne dans n'importe quelle ville de n'importe quel pays ayant gravement besoin de vacances.

Mercredi, petit changement de routine: un rendez-vous chez le dentiste m'a donné un prétexte pour travailler à la maison. J'aime bien ces journées: je travaille autant, sinon plus, mais je ne perds pas de temps dans les transports et je n'ai pas à me composer un masque professionnel toute la journée, c'est reposant.

Je sors de mon immeuble vers onze heures. J'en ai pour une petite demi-heure de marche pour aller chez le dentiste en coupant au travers des plus belles parties d'U-District. Agréable surprise, il fait un temps magnifique. Froid, mais un ciel bleu immaculé.

Quelques centaines de mètres plus loin, j'arrive au point le plus haut du quartier. Je m'apprête à descendre de l'autre coté de la colline, quand Seattle me colle une énorme baffe.

J'ai une vue hallucinante sur le lac Washington, avec la chaine des Cascades en fond. Je me tourne vers le sud: la vue sur le mont Rainier est à couper le souffle. Derrière moi, on voit les Olympics, couronnées de nuages.


Tout ça, c'est l'écrin. Mais le diamant, l'émeraude devrait-on dire, c'est la ville et ses rues. Quelle que soit la période de l'année, mais particulièrement à l'automne, les rues de Seattle sont un festival de couleurs d'une diversité éblouissante.

L'année dernière, à cette même période, je faisais déjà une comparaison avec le monde de Tolkien et je vais recommencer, tellement la beauté brute de la nature évoque la Terre du Milieu.


Ce quartier c'est Hobbiton dans la Comté, et ces maisons cossues, parfois complètement dissimulées derrière un rideau végétal, ce sont les trous de Hobbits. Ce sont de grosses maisons ventrues qui transpirent le feu de bois, la veillée au coin de la cheminée, la pipe et les ronds de fumée, les enfants qui font une cabane et qui rentrent boire du chocolat chaud.

Tout le long de ma descente de la colline, je suis un peu hors du temps. Cette ville est tellement magnifique que j'en ai du mal à comprendre comment les américains peuvent être un peuple si pressé, si belliqueux, si constamment stressés. Ils ont tellement de beauté juste sous leur nez que c'en est incompréhensible, presque pénible.

J'arrive au cabinet. Je suis en avance, sans m'en rendre compte je suis passé par une série de raccourcis, des escaliers qui permettent de couper à flanc de colline. C'est marrant, je suis un local maintenant, je connais les chemins cachés. Et j'adore ma ville.

mercredi 10 novembre 2010

Grossièretés

J'ai déjà parlé dans un autre post (que je n'arrive pas à retrouver d'ailleurs, honte sur moi) de mon amour pour l'argot, quel que soit la langue.

Le problème aux U.S c'est que les grossièretés sont très très mal vues: la T.V est censurée drastiquement, tous les mots sont blippés et dans l’environnement professionnel il est super mal vu de jurer. Un simple "merde" est déjà déplacé.

Tout ceci est d'ailleurs d'une hypocrisie qui me hérisse le poil. Quand une bordée de juron est blippé à la TV, tout le monde sait très bien quels sont les mots censurés, et quand on veut dire que quelque chose est "Fucked up" au boulot, on dit "it's effed up", transcription phonétique de "It's F...d up".

A mon grand regret donc, nous évoluons en général dans un environnement aseptisé linguistiquement parlant.

Et puis Vendredi nous sommes allé manger chez des amis que je connaissais assez peu n'ayant pas leur langue dans leur poche et usant libéralement du F word quand le moutard est couché.

A ma grande surprise, j'ai constaté que j'étais choqué. Doublement choqué en fait.

Choqué par leur langage, d'entrendre un simple "Fuck", et la surprise passée, choqué d'être choqué.

Ce pays déteint sur moi. Putain de bordel de merde, ce pays déteint sur moi. Je rentre dans cette saloperie de moule bien pensant politiquement correct de mes couilles.

Ou pas.

mardi 9 novembre 2010

La réforme des retraites II

Avant de continuer à parler de la réforme française, il faut que l'on s'intéresse au système américain.

Petit disclaimer: j'ai fait pas mal de recherches pour ne pas dire n'importe quoi, il y a cependant surement des erreurs dans mon laïus et j'en suis conscient. N'hésitez pas à m'en faire part.

Contrairement à une idée fréquemment répandue, les US possèdent un système de retraite fédérale qui ressemble au système français: les gens cotisent via leurs impôts et reçoivent une pension au moment de leur retraite, à 65 ans (ou peut-être 67, je crois que cela a changé récemment). S'ils décident de partir en retraite plus tôt, leur pension diminue d'un certain pourcentage par année d'anticipation jusqu'à l'âge minimum de 60 ans. Relativement classique.

Pourtant, si vous demandez à un américain comment fonctionne la retraite, il est probable qu'il ne vous parlera pas de cette pension et qu'il vous entretienne à la place de son plan 401k. Très rapidement, c'est un plan d'investissement, sur lequel vous pouvez mettre un certain pourcentage de votre salaire (avant impôts); je vous laisse lire l'explication du Piou qui a écrit un post sur ce sujet récemment.

Les américains avec qui j'en ai parlé pensent que leur retraite ne sera financé que par leur fameux 401k. J'ai du mal à évaluer dans quel mesure c'est le cas; ce qui est sur c'est qu'il a fallu que je creuse pas mal pour avoir des infos à ce sujet: les gens en général ne pensent même pas à leur pension versée par l'état. Pour quelle raison?

La plus évidente c'est que le montant (maximum) de la pension est de 40% du salaire (contre 50% en France), ce qui est peu, surtout dans ce pays où les soins médicaux sont hors de prix. Pour les salaires moyens, cela doit être suffisant pour vivre mais il est clair que c'est nettement trop peu pour les frais de santé qui augmentent inévitablement avec l'âge.

Je pense aussi que les gens ne pensent pas à la pension de retraite versée par le gouvernement par fierté: tout le monde est bien content de pouvoir toucher le chômage ou d'avoir une petite retraite, mais ce serait très mal vu de l'avouer, trop "socialiste". Et cette pension est vue comme le minimum vital mais tous les américains caressent le rêve de vivre comme des pachas en Floride sur les intérêts d'un 401k bien gras.

Il y a d'ailleurs une partie de la population qui se démerde comme elle peut pour sa retraite: les professions libérales. Nous avons un ami qui est musicien et prof de piano et qui se demande comment il va faire: il n'a pas d'employeur qui verse un bonus sur son 401k et il doit verser l'intégralité de sa cotisation retraite lui-même (cette cotisation est payée en partie par l'employé et en partie par l'employeur) ce qui n'est pas donné et qui passe un peu à la trappe quand les finances sont tendues... Il est intégralement responsable de sa retraite, ce qui est un peu effrayant.

Notez d'ailleurs une différence très importante entre les U.S et la France: ici, on a le droit de travailler quand on est à la retraite, du moment que les revenus ne dépassent pas un certain seuil, ce qui explique que l'on voit pas mal de personnes âgées qui font des petits boulots ou ont un petit business à coté pour mettre du beurre dans les épinards. Cela ne peut évidement pas durer éternellement...

Globalement, les américains ont une attitude très pragmatique qui consiste à se dire qu'étant donné les finances actuelles de l'état fédéral ainsi que la démographie et l'allongement de la durée de la vie (quoique, aux US, actuellement la durée de la vie baisse...),  il ne faut pas trop compter sur une quelconque retraite versée par l'état. Durant mes recherches sur ce sujet, j'ai trouvé un document stipulant qu'actuellement, l'état américain peut assurer les retraites jusqu'en 2040. Ce document datait de 2003 et il semblerait que depuis les prévisions sont revues à l'horizon 2030, bref il est clair que notre génération à du mouron à se faire.

Les américains ont donc tous déjà plus ou moins dans l'idée qu'ils devront financer leur retraite eux-même, ce qui fait un peu froid dans le dos quand on connait les habitudes de consommation des ménages moyen... Apparemment un nombre non négligeable de personnes partent maintenant en retraite avec de la dette sur leur carte de crédit, sans être propriétaire de leur bicoque et avec un plan 401k vidé soit par la crise financière, soit pour payer les études des moutards (et une santé plus que douteuse...). Scary.

(à suivre).


dimanche 7 novembre 2010

Jour de chance

Aujourd'hui à Whole Foods, mon fromage préféré (le gruyère) est en promo: 10$ la livre (453 grammes) au lieu de 15$. Pour comparaison en ce moment le gruyère Président c'est 15 dollars le kilo, soit environ deux fois moins cher. Autant vous dire que j'ai fait du stock.



Ce soir, on fait bombance! 

Par contre ne vous y trompez pas le gruyère que j'achète ici à beau être hors de prix, il est nettement meilleur que du Président tout bête... Le seul problème c'est que c'est tout ou rien: il y a aussi du gruyère industriel moins cher, à un prix plus raisonnable  (10$ la livre) mais il est infect, même pas bon à mettre dans des pâtes.

mardi 2 novembre 2010

Halloween 2010

Avant de commencer ce post sur Halloween qui nous détendra des sujets sérieux d'hier, il faut que je vous explique pourquoi je suis systématiquement en retard sur les évènements. J'aimerais vous dire que c'est que je prend le temps de réfléchir aux sujets sérieux, pour écrire le post d'hier sur les retraites par exemple.

La réalité est tout autre: j'ai un chat.

Qui considère que si l'on peut passer du temps à taper sur un clavier, c'est que l'on peut la caresser. Et qui vient donc systématiquement s'installer entre moi et mon portable, limitant du même coup ma productivité de façon assez drastique...


Revenons à nos moutons. Halloween, donc.

Comme l'année dernière, nous sommes allé récolter nos citrouilles à la ferme. Cette année, ils ont mis les petit plats dans les grands: le petit train confectionné à partir de bidons et tiré par un tracteur a profité d'un sérieux lifting, il y a maintenant deux labyrinthes dans les champs de maïs dont un hanté les vendredi soir. Plus important les deux canons à citrouille sont toujours là et plus actifs que jamais: on s'est encore défoulé en tirant une dizaine de citrouilles dans les airs.


Après avoir choisi amoureusement nos citrouilles, nous sommes rentré les tailler entre amis; ce qui est d'ailleurs probablement ce que je préfère dans Halloween, une soirée à patauger dans la chair de citrouille en se faisant un super apéro entre amis, il n'y a que ça de vrai.


Cette année, c'était aussi mon premier Halloween au boulot et je n'ai pas été déçu du voyage. Il y a une proportion non négligeable de mes collègues qui est venu travailler en costume. C'est un peu surréaliste de faire une  réunion avec un mec en pyjama, un autre déguisé en Captain Awesome et une nana avec un accoutrement de pirate.

Tout le monde se prend au jeu: le midi nous sommes allé manger dans les locaux du siège de Starbucks et l'on a vu défiler un certain nombre de spécimens, super héros en tout genre, bouteilles de bières, Oompa-Loompas, en rentrant dans notre immeuble l'équipe de gestionnaire est aussi déguisée, bref c'était une journée assez hallucinante.

Vers 15h30, nous sommes descendu dans notre auditorium pour faire la fête, avec bonbons, pizzas, films d'horreur des années 50 et élection des meilleurs costumes.  Le contraste avec le sérieux habituel est assez frappant, mais l'illusion reste de courte durée: à 17 heures, tout le monde met les voiles comme d'habitude...

Malheureusement, pas de photos: le boulot, c'est sacré! (Et je n'avais que mon téléphone pourri donc elle sont vraiment laides de toute façon).


lundi 1 novembre 2010

La réforme des retraites I

Je m'étais juré de ne pas parler de la réforme des retraites.

En effet, quelqu'un de très sage m'a dit un jour: "Les opinions politiques, c'est comme les trous du cul, tout le monde en a un et souvent il n'est pas très propre". Ou quelque chose d'approchant. Du coup, mes opinions sur la politique (française) j'essaie de les garder pour moi.

Et puis depuis que l'on est aux US, je suis un peu largué: difficile de suivre à la fois l'actualité US et française dans le détail, alors le contenu exact de la réforme des retraites, quand les grèves ont commencé, je n'étais pas super au point.

Alors pourquoi faire une exception et en parler si j'estime que le terrain est miné?

Tout simplement parce que depuis le début des grèves, je me fais chambrer par mes collègues à ce sujet, que j'en ai un peu marre, et que je trouve que faire le parallèle entre la vision US et la vision française est assez intéressant.

La première grosse vanne que j'entend quasiment tous les jours c'est en résumé: "Come on Loic, don't be so angry, it's only two years, sixty-two is no big deal!". Traduction: "Du calme Loïc, arrête de t’énerver, c'est seulement deux ans."

C'est un petit peu plus compliqué que cela mais je ne les blâme pas: j'étais aussi un peu dans le flou avant que l'on m'explique tous les détails (merci!). Je me permets de vous faire remarquer que c'est assez révélateur du niveau du débat en France: si je ne sais pas complètement comment fonctionne la retraite, étant pourtant un individu relativement intéressé (la retraite, c'est une problématique forte pour les expats), informé et livré avec le mode d'emploi de son cerveau, j'imagine qu'une portion significative des français est aussi à la ramasse que moi. D'ici à en conclure que nos opinions ne sont rien de plus que des croyances, il n'y a qu'un pas.

Bref, j'essaie de les détromper mollement, mais même en parlant d'une retraite à 67 ans, ils ont un peu du mal à comprendre de quoi on se plaint: dans l'ensemble, pour eux on continue à être des fainéants et juste perdre deux ans, on a pas trop de quoi se plaindre. Difficile en tout cas d'expliquer que l'age de la retraite est maintenant plus élevé en France qu'aux US, on ne me crois pas. L'idée préconçue que nous sommes des glandeurs privilégiés (rapport à nos vacances, rtts, 35 heures...) a la vie dure. Et de toute façon, les américains s'arrêtent rarement à 65 ans comme on le verra dans le post suivant.

Je pense aussi discerner un peu d'envie dans ces vannes, même s'ils se priveraient de donuts plutôt que de l'avouer. On sent une certaine amertume quand ils comparent leur mode de vie avec le modèle européen et même avec la réforme, on reste bien mieux loti qu'eux.

Le deuxième sujet de raillerie, ce sont les grèves en elle-mêmes et le merdier typiquement français qui en résulte.

Disons le tout net, les américains avec qui j'en ai parlé ont l'impression que la France est à feu et à sang. Plus exactement ils avaient ce sentiment le lundi, quand les grèves n'avaient pas encore trop dégénéré. Depuis j'ai évité soigneusement le sujet, un peu épuisé par les poncifs que l'on me sert à tour de bras, mais j'imagine que les évènements de Lyon leur font croire que le pays est en guerre.

Il faut dire que les américains en général ne comprennent pas bien le concept de la grève. Faire la grève, c'est empêcher des entreprises de fonctionner et des gens de travailler, et vu l'importance qu'a le travail ici (c'est le gagne pain, la retraite, l'assurance santé, la reconnaissance sociale, dans le désordre), c'est quelque chose de très grave. Pour un américain, c'est le paradoxe Français: des gens qui ne bossent pas (beaucoup) empêchent les autres de travailler, et c'est inacceptable.

Soulignons aussi que chez l'Oncle Sam, on ne déconne pas avec l'autorité. Je pense que les scènes de casse lyonnaises se passeraient très mal ici. La police tirerais probablement dans le tas. Merde, je pense que les simples citoyens, voyant leur voiture se faire incendier, sortiraient leur flingue et tirerais quelques bastos pour défendre leurs biens (n'oublions pas que dans l'état de Washington, l'on a droit de porter une arme -dissimulée- avec un permis). Vu par des yeux américains, ces photos sont très choquantes (je précise: vu par les miens aussi).

Il faut quand même remarquer que l'on lit pas mal de commentaires d'américains qui nous admirent et qui critiquent très durement l'attitude américaine où les petites gens se font tondre par les puissants sans broncher en continuant de rêver l'American Dream, comme par exemple ce commentaire issu du Big Picture sur les grèves:
I'm an American. These pictures make me weep. In the U.S. we don't strike. We work harder and hope to win the lottery. We thank the rich for creating jobs. We believe we are all equal and that those who don't have high-paying jobs deserve the "sh*t jobs" they do have. This is a lesson. God bless the French. May we aspire one day to follow their example and say "no" to the neoliberalist a-holes who want to run the world. [...] All human rights come from fights. Nothing is given
J'aime beaucoup ce commentaire, qui souligne très bien l'attitude américaine vis à vis du travail. C'est un excellent rappel, que l'on soit pour où contre cette grève en particulier que les écarts entre "riches" et "pauvres" n'ont jamais été aussi grand, et qu'il est très important de ne jamais perdre notre capacité à nous révolter. Si la condition des travailleurs est aussi pourrie aux U.S c'est qu'ils sont culturellement résignés. (D'ailleurs, pour ceux que cela intéresse, Alain Damasio a écrit un livre magnifique, "La zone du dehors" qui traite de cette thématique, que je citerai bien si mon exemplaire n'était pas en France).

(à suivre)

mardi 26 octobre 2010

Glide Church, le Castro et Fisherman's Wharf

Dimanche matin, 3ème jour à San Francisco.

Plusieurs personnes nous ont recommandé l'office de Glide Church et cela fait un moment que j'ai envie de voir une messe américaine, plus spécialement une messe Gospel. L'église étant à quelques minutes à pied du Good Hotel, ce dimanche sera donc le jour du Seigneur pour la première fois depuis quelques dizaines d'années :).

J'avais lu pas mal de choses sur la messe de Glide Church, en particulier une ferveur, une dévotion, une communion intense spirituellement parlant, mais ce n'est pas ce qui m'a marqué. J'ai eu à plusieurs reprises la chair de poule, mais ce sont des émotions que j'ai lors de tout concert... Définitivement, je n'ai pas la foi. En revanche, je suis sensible à l'énergie qui s'échange lors de ce genre d’évènement et c'était un moment "chargé", d'émotion, d'énergie.

le choeur de Glide Church
Quelle que soit votre pratique religieuse (où votre absence de pratique), le déroulement de la messe était extrêmement intéressant, culturellement parlant. Glide Church, c'est l'église des clodos, des toxicos, des homos, des exclus de tout poil, une église très politique, très engagée (mais ne le sont elles pas toutes dans ce pays?), critiquant par exemple ouvertement pendant la messe la politique du régime Bush, et plus surprenant, condamnant le capitalisme sauvage.

Je ne peux que vous encourager à aller assister à leur messe. Pour moi cela a été l'occasion de constater qu'il y a encore des églises avec des fidèles vraiment ouverts, qui suent sang et eau pour aider leur prochain, qui prêchent un vrai message d'amour sans exclure les gens en fonction de leur religion ou leur orientation sexuelle. J'ai beau ne pas souscrire à leur pratique spirituelle, je ne peux qu'admirer, respecter et souligner l'importance du travail qui est accompli quotidiennement par cette église et ses fidèles.

Après la messe, nous décidons d'aller visiter le Castro, le quartier homosexuel de San Francisco. C'est probablement le plus grand quartier de ce genre aux US et l'un des quartiers les plus vivants et festif de la ville. Nous en faisons rapidement le tour, mais pour des parisiens qui ont vécu dans le marais, c'est tout sauf exceptionnel, assez peu intéressant niveau tourisme au final. C'est surement un quartier que où j'adorerais passer la soirée si j'habitais à San Francisco, mais à visiter, bon je connais déjà quoi. Un peu déçus donc, on s'attendait à plus, plus grandiose, plus outrancier, plus américain quoi. Que cela ne vous empêche pas d'y aller!

la rue principale du Castro
Nous adaptons donc nos plans et sautons dans un bus qui nous emmène à Fisherman's Wharf, bien que l'on nous l'ai déconseillé comme étant trop touristique.

Il est clair que le Pier 39 est un parc d'attraction pour touristes. Mais bizarrement, ce soir là, c'est exactement ce qu'il nous faut: nous avons eu notre dose d'authenticité pour la journée et toutes ces lumières, tous ces vacanciers, cela nous donne justement l'impression que nous sommes en vacances dans un pays étranger, pas en week-end à trois heures de chez nous.

l'île artificielle
Et puis il y a quand même des trucs marrants sur ce Pier: les fameux Lions de Mer qui squattent le port par exemple, où encore une boutique spécialisée dans les articles pour gaucher (ciseaux, stylos etc..) qui m'a fait beaucoup rire, étant gaucher moi-même. Il y a aussi un restaurant sur une île artificielle privée (et motorisée) et une pâte géante, bref un endroit un peu loufoque sympathique pour se vider un peu la tête.

Plus de photos sur Facebook!


mercredi 20 octobre 2010

Intégration continue

Vous connaissez Dexter Morgan, héros de la série TV éponyme?

Je suppose que oui, mais comme mon papa me lit (coucou!) je vais quand même résumer, au cas où.

Notre ami Dexter est policier (spécialisé dans les projections de sang) le jour, et psychopathe sanguinaire la nuit. Un psychopathe un peu particulier, puisque son rituel c'est de découper d'autres criminels dangereux en morceaux. Un espèce de Batman en somme, version sanguinaire.

Dexter est relativement inoffensif pour les gens normaux (sauf quand il se trompe de proie) mais il ne faut pas se méprendre: c'est avant tout un bon gros malade mental assoiffé de sang qui ne ressent pas les émotions humaines et qui a bien du mal à les comprendre et les simuler. L'un de ses problèmes récurrent (à part trouver un endroit où cacher les bouts de bidoche) c'est de sembler normal, de s'intégrer sans trahir sa psychopathie.

Pour se faire bien voir au boulot et se fondre dans le décor, il a donc trouvé une tactique: toutes les semaines, il apporte les donuts au commissariat. Du coup, il est catalogué: c'est le gars sympa qui amène les donuts le lundi.

Ce matin, sur le chemin pour aller au boulot, Celia s'est dit qu'elle allait faire comme Dexter et s'est arrêtée pour acheter des donuts pour son labo. Apparemment, c'est une expérience qui l'a enchantée, de faire comme dans les films et de débarquer au boulot avec sa boite de 24 donuts sous le bras (24 donuts pour 15$, qui dit mieux?).

Comme Dexter, nous adoptons les us et coutumes de notre environnement. Comme lui, nous copions des comportements qui semblent satisfaire nos congénères, mais que nous ne comprenons absolument pas. Comme lui, nous nous fondons dans la masse, mais nous ne serons jamais comme eux.

Des donuts? Pas de croissants et des pains au chocolat? Seriously?

mardi 19 octobre 2010

L'hiver vient

Côte Ouest des Etats-Unis, il y a un phénomène météorologique équivalent à "El Nino" mais avec des conséquences grosso-modo opposées: "La Niña". Je vous laisse suivre le lien pour les détails.

Cet hiver, le phénomène est supposé être le pire depuis 55 ans. En gros, on va se les geler comme c'est pas permis et on va prendre de la neige plein la tronche.

Le truc chiant c'est que les Seattleites et la ville en générale ne sont pas préparés du TOUT à l'éventualité de la neige... Et Seattle étant extrêmement vallonné, cela a parfois des conséquences importantes en terme de circulation routière. Il y a deux ans un bus a carrément fait de la luge, dévalant une pente et s'encastrant dans l'autoroute en contrebas... Apparemment, pendant deux semaines c'était un joyeux foutoir, toutes les écoles fermées et tout le toutim.

C'est d'autant plus surprenant que dès que l'on va un peu à l'Est, on arrive dans les montagnes et la neige là-bas ils connaissent.... Il faut croire que Seattle est essentiellement composée d'ancien Californiens ;).

Mon Team Lead est né dans les montagnes, à Wenatchee. Lui, le froid, il connait. Quel que soit le temps, il est en short. Ce matin, il est arrivé au  boulot en short et en tongues. Moi, lundi, j'ai sorti le manteau qui me sert à aller au ski et le damart.

L'année dernière, il venait en vélo (une heure de trajet) jusqu'en décembre. Son record, c'est -20°C en vélo et en short. Je ne vous raconte pas le spectacle, quand il est arrivé au bureau. Il avait les jambes complètement rouge, comme brulées par le froid. "Quand même, ça pince aujourd'hui" qu'il nous dit. Seule et unique fois ou je l'ai entendu se plaindre de la température.

Sont fous les gens ici. Soit ils ont jamais vu de neige de leur vie, soit ce sont des descendant du Sasquatch qui se roulent nus dans la neige.

jeudi 14 octobre 2010

Période électorale et beautiful people

On est en pleine période électorale aux U.S et d'ailleurs il faut que je vous raconte quelques trucs marrants sur les élections... Mais je suis un peu trop fatigué pour essayer d'être intelligent ce soir alors je vais plutôt me la jouer presse people.

Figurez-vous donc que Lundi prochain, Bill Clinton est de passage à Everett (la ville tout en haut de l'agglomération de Seattle), pour soutenir Patty Murray, la candidate démocrate (sortante) au sénat pour l'état de Washington. Au passage, notez que Patty Murray est l'une des 23 sénateurs à avoir voté contre la guerre en Irak, bref ce n'est pas n'importe qui.

Jeudi prochain, beaucoup plus fort, le président Barack Obama nous fait l'honneur de sa visite. Il est invité à un meeting politique qui aura lieu à l'Université de Washington (où travaille Celia), à une vingtaine de minutes à pied de chez nous. Autant vous dire que nous allons essayer d'y assister, ce n'est pas tout les jours que l'on a l'occasion de voir le président des états-unis en chair et en os.

Enfin, le lendemain, Jimmy Carter, 39ème président des états-unis et prix Nobel de la Paix sera à l'University Bookstore (là ou je vais acheter mes BDs) pour une séance de dédicaces. Autant vous dire que nous y serons aussi.

C'est que l'on ne côtoie pas n'importe qui nous! :)



mardi 12 octobre 2010

Leurs amis les animaux

Tous les expats vous le dirons, les américains sont complètement dingues de leurs animaux de compagnie au point de les traiter comme des membres de la famille (ce que je peux comprendre) voir comme des enfants (ce qui me hérisse le poil).

Autant voir des chiens mal dressés m'agace, autant il faut bien dire que parfois cela atteint un ridicule qui en devient marrant.

Par exemple, ceci.


Ce sont des cartes postales comestibles pour chien. Comme cela vous pouvez donner une carte souhaitant son anniversaire à votre chien, et le toutou en profite aussi! Il fallait quand même y penser. On appréciera au passage l'humour des cartes en question, pour 3$ l'unité vous pourrez au moins faire rire (jaune?) vos amis.

Allez, à Rome je vais faire comme les romains et vous laisser avec une photo de mes bestioles à moi: elles n'ont pas de cartes pour leur anniversaire mais ça ne les empêche pas d'être heureuses.




lundi 11 octobre 2010

Service public aux USA II

Le début de notre triste histoire se trouve ici.

Le plus intéressant dans toute cette affaire, ce sont les commentaires des gens sur le site où j'ai lu cette histoire (Slashdot, pour ceux qui connaissent).

Je m'attendais d'abord à un chorus indigné des libéraux (démocrates) clouant au pilori les pompiers. Chorus indigné il y a bien, mais c'est Cranick (la "victime") qui se fait conspuer.

Pourtant, les libéraux sont pour plus de service public en général et le font clairement savoir: il est bien clair dans leur esprit que tout ceci pourrait être évité avec des pompiers payés par l'état et leurs impôts et que les états-unis devraient prendre exemple sur l'Europe "socialiste" dans ce domaine. Cela vous semble peut-être évident, mais dans ce pays ce n'est pas rien, le "socialisme" étant vraiment un espèce de croque-mitaine.

Pourtant, aucune empathie envers l'homme qui a perdu sa maison: le raisonnement étant que selon toute probabilité celui-ci est un bouseux typique du Tennessee, qui crie au loup dès que l'état essaie d'augmenter les impôts pour financer un semblant de service public. Le comportement du monsieur laisse d'ailleurs penser que cette hypothèse est correcte.  Bref, bien fait pour sa tronche, il réfléchira deux fois avant de refuser la prochaine augmentation d'impôts.

Une deuxième catégorie de personnes voit cela de façon totalement typique pour des américains:  en noir et blanc sans nuance de gris. Le mec n'a pas payé son écot, il a joué, il a perdu, dommage. J'ai tendance à être d'accord avec eux: quand on vit dans ce pays suffisamment longtemps, on sait que tout est appliqué au pied de la lettre et qu'il faut faire très attention... Ne pas payer pour être protégé par les pompiers, c'est demander à subir ce genre de tragédie.

Il y a des variantes: certains expliquent pourquoi les pompiers ne peuvent accepter d'argent au moment de l'incendie (si cette pratique se généralise, plus personne ne paye pour être protégé, du coup la caserne met la clé sous la porte, du coup plus personne n'est protégé). Le raisonnement est correct, même si sous le coup de l'émotion, j'avais du mal à voir ce coté de la chose.

Malheureusement, le commandant des pompiers doit composer avec le système en place, et l'on peut comprendre sa décision. Il n'est pas responsable du système en place, il doit faire avec, point barre.

Cette catégorie de gens ne se pose pas trop de question sur la qualité du système en lui même, ce qui fait un peu peur. Toutes leurs réflexions autour du problème sont complètement contenues dans la boite qu'est le système en place, et toute tentative de porter la discussion sur un autre plan est vouée à l'échec.

La dernière catégories de personnes ce sont évidement les républicains pur jus, qui estiment que c'est la  responsabilité de l'individu, pas de l'état, de se protéger. Il n'y a donc rien d'anormal dans toute l'histoire, le monsieur à joué, a perdu, bien fait pour lui et il n'y a pas de quoi fouetter un chat. On peut facilement les confondre avec la catégorie précédente, mais il y a une différence de taille: ils ne font pas qu'analyser froidement le problème, ils défendent complètement le système en place, qui selon eux est valide idéologiquement parlant. Capitalisme, individualisme, toujours justifiés par l'idéal de démocratie et de liberté individuelle républicain. Le fait que la liberté devienne de l'égoïsme et de la bêtise ne semble pas les effleurer.

Il faut noter qu'il y a une extrême minorité de gens apolitiques affirmant qu'argent ou pas, on ne laisse pas bruler une bicoque quand on est pompier, point barre. Ce qui m'attriste fortement, évidement.

Mais alors dans cette histoire, qui est responsable?

En tant que Français, on a tendance à tout de suite penser que l'état n'a pas fait son boulot...

Sauf que dans ce cas, c'est l'inverse. Cela fait apparemment plusieurs fois que le Tennessee veut passer une taxe sur le revenu afin de financer plus de service publics mais que le peuple (majoritairement républicain hardcore) l'en empêche. Dans les années 90 il y a apparemment même eu des émeutes...

On comprend donc mieux l'opinion des démocrates ainsi que le manque d'empathie générale pour la famille qui a perdu sa maison.  Selon toute probabilité et quelque que soit notre point de vue et notre idéologie, ils l'ont bien cherché.

vendredi 8 octobre 2010

Le monde à l'envers

En rentrant à la maison par le chemin des écoliers, je suis tombé sur un magasin de cartes: Mekster's Maps, à l'angle de Pine St et 1st Avenue.

Ça vous paraîtra peut-être bizarre, mais j'adore les cartes. Cela me fascine complètement, je pense que si j'adore autant la Fantasy, c'est en grande partie parce que l'on trouve toujours des cartes de terres inconnues au début.

Bref je m'égare.

Donc, je suis tombé sur cette carte du monde à l'envers. Je ne suis pas sur que l'on voit grand chose, n'ayant que mon téléphone pour faire une photo, mais l'effet est étonnant. Au début, on ne reconnait pas la Terre et cela fini par faire sens. Cela donne un mélange de connu et de paysage fantastique qui fait bizarre à mes petits neurones.

le monde à l'envers

En bonus, j'ai aussi trouvé cette carte magnifique, constituée uniquement de notes sur une portée.

music map



jeudi 7 octobre 2010

Service public I

J'ai lu aujourd'hui un "fait divers" complètement hallucinant qui va nous donner l'occasion d'explorer quelques facettes du mode de pensée américain, les réactions à l'article en question étant quasiment aussi intéressantes que les faits eux-mêmes.

Laissez-moi d'abord vous raconter l'histoire en question.

En Août dernier, un habitant du Tennessee, Gene Cranick, a reçu un appel des pompiers de Fulton, la ville avoisinante. Comme il n'habite pas sur le périmètre de la commune, il lui faut en effet s’acquitter d'une somme de 75$ par an pour que les pompiers protègent sa maison. Le monsieur décline, on le prévient donc qu'en cas d'incendie, les pompiers ne se déplaceront pas.

Ce qui devait arriver arriva, la propriété prend feu, notre protagoniste appelle les pompiers; ceux-ci vérifient leur listing et s'apercevant que leur dîme n'est pas payée, refusent de se déplacer.

Le feu se propage et menace une maison voisine: son propriétaire étant dans les registres des pompiers, ceux-ci se déplacent, éteignent le feu sur la propriété en question, mais ne lèvent pas le petit doigt pour la première maison et la regardent brûler intégralement malgré l'offre de Cranick de payer l'intervention de sa poche (quelques milliers de dollars).

A la fin de l'incendie, le bilan est lourd: la maison est complètement détruite. Je vous rappelle qu'aux U.S les maisons sont construites en bois; intégralement, cela veut dire qu'il ne reste absolument rien. Rajoutant à l'horreur pour les gens comme moi qui aiment les bestioles, trois chiens et un chat étaient piégés dans la bicoque et y sont passés aussi.

Pour tout français (voir tout européen), cette histoire est hallucinante, horrible, navrante... Et surtout elle est inimaginable: cela ne peut pas arriver. Imaginer un pompier qui regarde sans broncher une maison brûler jusqu'au fondations, cela nous dépasse complètement.

En cliquant sur le lien pour voir les commentaires liés à l'article, je m'attendais donc à ce que les gens soient -comme moi- outragés et "réclament la tête" du commandant de la caserne.

Bien au contraire et à ma grande surprise, l'écrasante majorité des commentaires ne manifeste que peu, voire aucune compassion à l'encontre de Gene Cranick. En revanche, la diversité des opinions exprimées reflète de façon assez fidèle les grandes tendances politiques qui séparent le pays et offrent un aperçu assez intéressant des rouages de la pensée américaine.

(A suivre).


mardi 5 octobre 2010

Mondizen: service de livraison pour expatriés

Je viens de découvrir un peu par hasard Mondizen, un service de livraison de produits Français aux expatriés.

Apparemment, ils expédient des produits au kilo à des tarifs défiant toute concurrence un peu partout dans le monde. Je réfléchi à voix haute, mais cela veut dire pouvoir se faire expédier des rillettes, des chocapics, du gruyère et du saucisson...

C'est pas con du tout. Maintenant aux U.S, je ne vois pas forcément l'intérêt, on trouve quasiment tout en cherchant bien. Enfin, réflexion faite, dans ma liste, on ne trouve pas les chocapics, ni les rillettes, ni le saucisson, mais bon, à part les rillettes, tout cela se remplace facilement par autre chose. Il faut savoir que nous ne mangeons quasiment aucun produit 'industriel' donc je suis peut-être mal placé pour juger.

En revanche, j'imagine facilement que lorsque l'on est expatrié en Chine ou au Japon cela doit faire du bien de temps en temps de manger comme à la maison, surtout pour les français qui ont quand même un rapport très particulier avec la nourriture.

Si vous avez testé leur service, n'hésitez pas à vous manifester, je suis curieux de savoir ce que cela donne. En plus c'est une nouvelle entreprise, créé par une ancienne expatriée au Japon, je trouve que ça vaut le coup de lui faire de la pub.

Je me demande s'ils peuvent faire l'inverse aussi: moi je cherche un service qui, quand nous déciderons de rentrer en France, nous permettra d'expédier à moindre frais notre bibliothèque qui grandit chaque jour.

(UPDATE JUILLET 2014: Plusieurs commentaires anonymes dénoncent Mondizen comme étant une arnaque. Je n'en sais rien, n'ayant jamais testé le service moi-même (comme je le dis d'ailleurs au dessus). Prudence donc.)


lundi 4 octobre 2010

Le spam

Si vous pensez que vous recevez des tonnes de spam en France, je vous prie de croire que ce n'est rien en comparaison du volume ahurissant de pub que nous recevons.

Ce soir, comme tout les lundi soirs, j'ai jeté un courrier de "CapitalOne", à priori une banque qui vend des cartes de crédit. Contrairement à mon habitude, je l'ai ouvert car il était bardé de mentions rouge du genre "Urgent action required" ou je ne sais quoi du même genre... Ce qui m'a rappelé le boulot (en ce moment j'ai une tonne de paperasse à remplir selon un calendrier précis), ce sur quoi compte l'expéditeur, évidement.

Le pire, c'est la pub des commerces environnants. Des dizaines de prospectus par semaine, chaque jour la boîte en est remplie, et je les jette tous systématiquement dans la benne à recyclage qui se trouve juste à coté. Le volume est tellement important que récemment, le gérant de l'immeuble en a rajouté une.

Rajoutant à l'agacement, il faut savoir que les courriers nous sont directement adressés, avec numéro de l'appartement etc... J'imagine que l'on apparaît dans l'annuaire mais bon, le timing de certains courriers laisserait à penser que des compagnies indélicates revendent notre adresse.

Au delà de l'irritation de devoir en permanence vider sa boite au lettres comme on vide ses poubelles, il y a évidement les considérations écologiques: ce courrier ce sont des tonnes et des tonnes de papier, d'encre et de transport routier complètement inutile, c'est un gâchi navrant.

Et de façon tout à fait pratique, le plus énervant dans tout ça c'est la crainte permanente et bien réelle de jeter un courrier important qui serait caché dans le fatras de spam.

Je ne sais pas comment faire en sorte de ne plus rien recevoir, si les autres expats ont des méthodes, je suis preneur.


jeudi 30 septembre 2010

Nine to Five

Le "nine to five" américain n'es pas un mythe, pourtant, même en le vivant depuis quasiment un an, j'avais encore du mal à le croire.

Le mot d'ordre de ma boite c'est: tu arrives quand tu veux, tu fais tes 8h de boulot, et après tu t'en va. Certains arrivent à 7h et partent à 15h, la majorité fais 9h-17h, et moi je pars en général à 16h55 pour arriver à attraper un bus. En revanche j'arrive à 8h45, pour les mêmes raisons.

Le truc, c'est que vu mon horaire, je pars toujours quand le bureau est plein et les vieilles habitudes françaises ayant la vie dure (ie, pour être bien vu, il faut rester tard, même si cela veut dire glandouiller sur le net pour meubler), j'avais donc toujours un petit sentiment de culpabilité en me taillant "si tôt" en espérant secrètement ne pas être le seul benêt à appliquer l'horaire au pied de la lettre. Les français ayant une réputation de tire au flanc (on y reviendra, parce que c'est compliqué), je me demandais si je ne représentais pas mal mon pays.

Ce soir, je dois rester jusqu'à 18h et cela m'a donc donné l'occasion de vérifier l'horaire de l'ensemble de la boite.

17h00: Il y a encore du monde dis donc....
17h01: Punaise, ils ne vont pas se tailler?
17h02: Mon collègue en diagonale gauche se lève... Et se rassied.
17h03: Le piou se déconnecte de gmail.
17h03 et quelques secondes: l'ensemble de mes contacts pro se déconnectent simultanément de leur messagerie instantanée respective.
17h04: J'ai l'impression d'assister à un envol de pigeons à Trafalgar Square: embouteillage dans les cubicles, tout le monde se taille et le plus vite possible s'il vous plaît!
17h05: Le bureau est désert.

Conclusion: ce n'est pas un mythe du tout. Allez, on en reparle une autre fois parce qu'il y a de la matière sur le sujet. Moi, j'me taille.



mardi 28 septembre 2010

Balade dans Berkeley et petit tour de la baie de San Francisco

Pour notre deuxième jour à San Francisco, nous décidons de suivre les conseils du Piou et d'aller visiter le campus de Berkeley, puis de faire le tour de la baie et de revenir par le Golden Gate Bridge.

Nous réservons donc un Zipcar et c'est parti!

Finalement, nous (je) sommes assez déçu par le campus de Berkeley en lui-même: le campus de l'Université de Washington est bien plus impressionnant à mon sens et le quartier étudiant est similaire à U-District où nous vivons actuellement. Bref assez peu d’intérêt pour nous qui évoluons en permanence dans ce genre de milieu mais il fait un temps magnifique et cela fait du bien de sortir de la ville. On sent la différence de climat, plus méditerranéen, on a un peu l'impression d'être dans la garrigue, cela nous change. Il est aussi possible que j'ai raté ce qu'il y a d'intéressant à voir, évidement.

Et puis nous arrivons pile au moment où un match se termine, ce qui nous donne l'occasion de regarder passer une fanfare. On a enfin l'impression d'être en vacances.

Une fanfare sur le campus de Berkeley
Une fanfare traverse le campus de Berkeley après un match

J'ai ensuite décidé que nous devions absolument trouver les studios Pixar, qui se trouvent entre Berkeley et Oakland. On ne peut pas les visiter, mais j'ai envie de faire une bonne photo de touriste devant les studios.

Problème, j'ai négligé de noter l'adresse et nous n'avons pas de carte. Trouver le studio devient tout de suite une aventure, mais après quelques tâtonnement et grâce à mon sens de l'orientation légendaire, nous finissons par tomber pile poil dessus.

les portes du studio Pixar
Les portes du studio Pixar

Il faut bien avouer que l'on se sent un peu idiots avec notre appareil photo à la main devant la porte du studio, à prendre des photos d'une clôture... On a un peu l'impression d'être des touristes japonais, mais tant pis! On a trouvé Pixar  en naviguant à vue; on est fier comme Artaban. Et puis une voiture s'arrête à coté de nous, un couple en descend et prend la pose... On est pas les seuls cinglés du coin finalement!

Il commence à se faire tard: nous reprenons la route pour  compléter notre petit tour de baie... La célébrité locale est hors du nid mais nous prenons une photo des panneaux qui mènent chez lui (on est vraiment des groupies) et après quelques dizaines de minutes de route, nous arrivons à notre objectif, le Golden Gate Bridge.



Le spectacle est dantesque. Nous approchons par la montagne, en plein brouillard avec le soleil qui commence à tomber. Cela nous donne l'impression d'être dans un canyon, au milieu des nuages. Tout à coup le pont transperce les nuages. C'est fantomatique, on à l'impression de voir apparaître un navire hanté qui fend la brume... La vue est irréelle.

le Golden Gate émerge de la brume
Le Golden Gate apparait dans la brume
Au passage, je trouve qu'ironiquement, sur cette photo, le pont rapelle l'idéogramme chinois "Men" , la porte, non?

Comme d'habitude, plus de photos sur Facebook. 


lundi 20 septembre 2010

Isolation linguistique

'Seum'.

Apparemment, c'est la nouvelle expression en vogue chez les ados facebook. J'ai beau me triturer les méninges, j'ai du mal à deviner l'origine de ce nouveau vocable. J'imagine que c'est une évolution de 'misère', raccourcie et verlanisée, mais en fait je n'en sais absolument rien.

De fil en aiguille, cette énigme linguistique m'a amené à me demander si notre français était en train de dériver de la norme métropolitaine, un peu comme les québécois, quoi.

Le fait est que nous parlons français quasiment exclusivement entre nous (un peu de skype avec nos parents chaque semaine, c'est tout). Nous lisons aussi extrêmement peu de français: quelques blogs, le Monde, et voilà.

Nous tournons donc essentiellement en vase clos, avec un sous-ensemble de vocabulaire relativement réduit et qui se réduit d'ailleurs de jour en jour. Pour certains produit de la vie courante, nous employons maintenant les mots anglais. Cela a commencé avec les produits que nous n'avons pas en France (certains légumes) et maintenant cela contamine une portion significative de notre vocabulaire: tout ce qui tourne autour des chats ('wet food', 'dry food', 'litter box'), un certain nombre d'interjections (Celia vient juste de crier 'Really!' en regardant un truc sur l'ordi), la plupart des légumes... De façon générale d'ailleurs, toutes les activités que nous faisons ici que nous ne faisions pas en France.

Il nous arrive aussi de plus en plus fréquemment d'utiliser des expressions anglaises voir des phrases complètes quand elles sont plus compactes ou plus adaptées que les équivalents français... Evidemment, quand je décide d'en parler, les exemples m'échappent (et j'ai envie d'écrire : les exemples m'éludent). Je fais extrêmement attention à m'exprimer dans un français sans aucun anglicisme quand j'écris ici, mais en réalité lorsque j'écris, un certain nombre de phrases où de mots ont envie de sortir en anglais et je les réprime parfois à grand peine.

Rassurez-vous, nous ne sommes pas en train de perdre notre identité et notre langue; je prend d'ailleurs énormément de plaisir à utiliser des mots comme 'méninge', 'tarabiscoté','alambiqué', 'saucisson', 'rouste'... Il y a même parfois quelque chose de 'patriotique' dans l'argot que j'utilise pour parler avec mes chats, utilisant les expressions les plus franchouilardes que je puisse trouver ("Viens là, sale greffier, sac à puce, matou"). Je suis d'ailleurs parfois un peu en manque de français: il va falloir que je me trouve des bouquins d'auteurs qui savaient manier notre langue (Hugo, Montherland, Rostand) pour me faire une petite cure...

Et puis je ne vois pas ça comme une perte, plutôt comme une addition, une liberté supplémentaire. Je crois fermement que les langues modifient notre façon de penser et je pense que d'être capable de penser en deux langues de façon interchangeable est un outil et un enrichissement formidable (d'ailleurs, je me suis remis à l'espagnol et au chinois depuis que nous sommes ici).

N'empêche, cela ne me dit pas ce que 'Seum' veut dire. (et vous noterez l'épanadiplose.)


jeudi 16 septembre 2010

Premier jour à San Francisco: sushis, cable car et sous-marin

Je m'excuse d'avance auprès des lecteurs San-Franciscains: je vais parler de votre ville avec une vision de touriste "éclairé", et je vais surement radoter des trucs que vous connaissez ou dire des grosses conneries. En même temps, ça ne sera pas la première fois, ni la dernière...

Première étape après avoir posé les valises à l'hôtel: trouver à manger. Pour cela je décide d'aller à Japantown, persuadé par une photo sur un prospectus que cela sera grandiose. Résultat, beaucoup de marche pour une pagode en béton beaucoup plus moche en réalité que sur papier glacé.

Qu'à cela ne tienne, nous entrons dans le mall et jetons notre dévolu sur le premier bar à sushi qui nous tombe sous la main. La déco est sympa, nous sommes assis en cercle autour d'un ilôt central où officient les chefs. Une rivière artificielle fais le tour de l'îlot et charie des petits bateaux dans lesquels sont posés des sushis de démonstration: on voit ce que l'on va pouvoir commander.

une rivière de sushis
Les bateaux à sushis

J'attend avec impatience que l'on nous amène une carte, quand Celia attrape un bateau et mord dans un premier sushi. Je la regarde, effaré, persuadé qu'elle va succomber à un empoisonnement alimentaire dans la minute, mais elle ne veux rien entendre, et se saisit d'un deuxième bateau.

Il faudra que j'attende de voir d'autre clients faire la même chose pour finalement être convaincu que les sushis sur la rivière sont bien ceux que l'on est supposé manger. Il faut dire qu'en terme de nourriture en ce moment je suis complètement paranoïaque, ce qui affecte complètement mon jugement.

Nous sautons ensuite un peu au hasard dans un bus qui nous emmène à Union Square, l'un des terminus des légendaires Cable Cars de San Francisco. Comme de juste il y a une queue d'enfer mais honnêtement cela vaut son pensant d'or: on se retrouve debout à l'avant de l'un de ces vieux wagons grinçant à dévaler les pentes de la ville. Nous sommes frigorifiés par le vent mais nous ne cèderions notre place pour rien au monde. Le conducteur crie les stations en manipulant d'espèces d'énormes manivelles qui permettent de freiner ou de s'accrocher au câble, les opérateurs descendent en courant du wagon pour activer à la main les aiguillages, ça grince, ça tremble, le conducteur tire sur des manivelles pour faire sonner la cloche d'avertissement et nous hurle dessus quand on s'amuse à trop se pencher à l'extérieur... A faire impérativement au moins une fois, si possible par beau temps... Et attention, ça caille un maximum.

les fameux Cable Cars de San Francisco
Un cable car arrive au terminus!

Un petit truc au passage pour éviter la queue: nous nous sommes rendu compte que les trams partent rarement complètement pleins du terminus, et ce même s'il y a une queue considérable. En nous mettant à l’arrêt juste après le terminus, nous sommes montés en court-circuitant la file. Résultat non garanti, mais cela a bien fonctionné pour nous.

Nous nous moquions un peu de la destination et nous nous retrouvons donc dans Fisherman's Wharf, que l'on nous a déconseillé comme étant un sale repaire à touristes. Peut-être, mais il y a le musée de la mécanique avec un vieux Pong des années 70 à l'intérieur (entre autres antiquités), c'est donc une étape obligé de notre parcours. Bien nous en prend, car l'on découvre derrière le musée que l'on peut visiter l'USS Pamponito.

Un vieux pong des années 70
Un vieu pong des années 70

Vous nous trouverez peut-être bizarres, mais l'USS Pamponito, cela reste notre meilleur souvenir à San Francisco. C'est un sous-marin de la deuxième guerre mondiale à quai, que l'on peut visiter. On peut même passer la nuit à bord :). C'est une expérience complètement hallucinante: un sous-marin déjà à la base, c'est pas banal mais là on parle d'un sous marin qui a 70 ans... On vit à l'ère du numérique, et bien dites-vous que ce sous-marin ce n'est même pas de l'analogique... C'est du mécanique pur et dur: valves, pistons, cadrans et jauges de pression, manivelles dans tous les sens, c'est du pur délire. Au delà de l'aspect humain où l'on se demande comment 70 personnes ont pu vivre 5 mois dans un espace pareil, on se demande comment on a pu concevoir une telle machine à l'époque...

A l'intérieur de l'USS Pamponito
à l'intérieur de l'USS Pamponito

Une seule photo ne rend pas justice à ce bâtiment, je vous invite à venir sur notre page Facebook si vous voulez voir plus de photos (n'hésitez pas à devenir "fan" aussi, ça fait toujours plaisir!).

Une photo de l'intérieur de l'USS Pamponito
A la poursuite d'Octobre Rouge...



mardi 14 septembre 2010

Ignite Seattle

Ce soir, blog en direct: nous sommes au 11ème Ignite Seattle, un peu en avance de façon à avoir des places assises. Je profite du wifi de la salle pour vous écrire ce post, puisqu'en ce moment je n'ai pas le droit de boire d'alcool (en temps normal, je serais au bar, bande de petits malins).

Ignite, c'est quoi?

Si vous connaissez le principe des conférences TED, c'est un peu similaire: il s'agit d'une soirée où des gens viennent faire des présentations devant une audience, avec un format spécifique. Les sujets sont divers et variés, avec une prédominance de sujets liés à la culture geek/internet/startups puisque historiquement ces soirées émanent de cet écosystème, mais pas seulement. Ce soir par exemple, quelqu'un va venir nous expliquer comment il a vendu tout ce qu'il possédait pour parcourir le monde pendant un an.


Le mot d'ordre d'Ignite est "Enlighten Us, but make us quick". Le format est simple: 5 minutes, 20 slides, 15 secondes par slide. Ca va vite, très vite, et c'est donc très souvent hilarant... Et quand c'est chiant, au pire, c'est chiant pour seulement 5 minutes.

Je vous entend penser: c'est encore un format d'américains pressés, culture fast-food de consommation de masse, etc... Et pour une fois je ne serais pas d'accord avec vous.

Ce format a un réel intérêt, c'est une sorte d'épuration à l’extrême de l'art de la présentation, un exercice de style... Et d'ailleurs certaines prestations sont fabuleuses d'inventivité. C'est un peu comme une série comme "Kaamelott": c'est un genre à part entière avec ses codes, et ses manières de les dépasser ou de les transgresser. Certains épisodes se distinguent par la qualité de l'histoire, certains par leur capacité à dépasser les limites du genre. Les présentations Ignite, c'est pareil: certaines se distinguent par leur contenu hyper intéressant, certaines par la prestation scénique du ou des orateurs (nous avons eu une fois un espèce de happening avec 3 personnes sur scènes en même temps qui s’engueulent, se contredisent, se tapent dessus, en rythme avec les slides qui continuent à défiler inexorablement)...

Bref c'est une expérience à part entière qui a lieu environ tous les trimestres. Jusqu'à présent, nous en avons raté un seul, par accident.

Il y a maintenant des Ignite un peu partout dans le monde, notamment à Paris. Je ne peux que vous inviter à rechercher sur google pour voir s'il y a un Ignite près de chez vous, et d'aller faire un tour...


samedi 11 septembre 2010

Résistance politique

Je ne sais pas si l'on en a parlé en France: récemment un pasteur Américain a décidé de brûler 200 Corans pour le 11 septembre. Face au tollé mondial et à un coup de fil du secrétaire d'Etat lui demandant d'arrêter ses conneries, le monsieur à finalement fait marche arrière.

Précisons que bien évidement, malgré le fait qu'il aie plusieur centaines de Corans sous la main, ce charmant monsieur (un gentil euphémisme pour dire "bon gros connard qui ne devrait pas avoir le droit de se reproduire") n'en a lu aucun. De toute façon, je suspecte forcément que la dernière Bible qu'il ai lu était une version en bandes dessinées...

Au delà du fait que je suis toujours effaré par le potentiel de nuisance que peuvent avoir les imbéciles profond, cela m'a rappelé que je voulais vous parler de ma méthode de résistance politique.

Il se trouve que je suis tombé récemment à ma bibliothèque préférée sur un bouquin de de propagande ultra républicain (à tendance lobotomie, comme le pasteur). Toujours curieux, je l'ai emprunté et pour vous donner une idée de la puanteur du contenu je vous cite la quatrième de couverture:

"We stand at the crossroads of ideals and policies: freedom vs socialism, sovereignty versus international subversience, economic liberty vs debt slavery, quality medical care vs governement-sponsored euthanasia..."

Bref de la bonne merde en barre.

Il se trouve que je suis contre le fait de brûler des livres, comme toute personne livrée avec un cerveau à la naissance. En revanche, je peux tout à fait réemprunter ce livre à répétition afin que personne ne puisse le lire avant les élections de Novembre.

Aussitôt dit, aussitôt fait: je fais de la résistance en enrayant la propagation d'idées de merde.


mercredi 8 septembre 2010

Le "Good Hotel", San Francisco

Pour commencer la série de posts sur notre voyage à San Francisco, je vais vous parler de l'hôtel où nous avons résidé. Drôle d'idée peut-être, mais nous avons été séduits par un certain nombre de choses.

Le prix tout d'abord. Je ne peux pas vous dire exactement combien nous avons payé car nous avions un pack avion+hôtel, mais c'est dans une fourchette de 100 à 140 dollars... Relativement peu donc, moins que le prix de chaînes sans charme comme "Best Western". En revanche, le petit dèj au restaurant de l'hôtel est hors de prix, nous avons trouvé mieux pour moitié moins cher à quelques blocs de l'hôtel.

L'hôtel est bien situé, à la jonction de la 7ème et Mission St, à une dizaine de minutes à pied de Union Square et juste à coté de lignes de bus et de train qui vous emmènerons à peu près partout dans et autour de San Francisco. De plus l'hôtel est à moins de 20 minutes de l'aéroport, ce qui ne gâche rien.

Le quartier est en revanche assez... Particulier. A un bloc de là, le croisement de la 6ème et Mission est apparemment le point de chute de tous les clochards/marginaux de la ville: en journée c'est plutôt calme, le soir c'est... vivant. Nous n'avons eu absolument aucun problème, par contre nous avons assisté à quelques scènes pour le moins étranges. Bref, il ne faut pas que cela vous retienne d'aller au Good Hotel, mais il faut quand même mieux le savoir.

Bon: prix mini, emplacement idéal, c'est à peine suffisant pour faire un post. Qu'est ce qui rend cet hôtel particulier?

C'est simple: son concept. Le Good Hotel, je cite, veut être "le premier hôtel avec une conscience".

L'ensemble de la déco, moderne et colorée, est réalisée avec des matériaux recyclés; comme par exemple ces lits que j'adore.

un lit en matériaux recyclés au Good Hotel e San Francisco

L'ensemble de la politique de l'hôtel est de chasser le gaspillage: toutes les lampes sont évidement à économie d'énergie, les serviettes et les draps ne sont changés que si l'on le souhaite (en les mettant dans la douche), au lieu de petits savons la douche et le lavabo sont équipés de dispenseurs qui évitent de gâcher du savon. Même les toilettes sont pensés écolo avec un système plutôt malin permettant de se laver les mains sans gâcher d'eau.

Un toilette écolo au Good Hotel de San Francisco

L’hôtel dispose aussi de plusieurs vélos que l'on peut emprunter et participe à plusieurs projets philanthropiques comme le projet OLPC (un modèle est d'ailleurs disponible).

Un OLPC au Good Hotel de San Francisco

Bref, nous sommes séduits par l'hôtel et sa démarche.

Vous pouvez retrouver plus de photos sur le site du Good Hotel et sur notre page Facebook.




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